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Le dieu principal du nome Héliopolitain est Ra, et il a pour parèdres: Tum, au, Tafîiut, Nut, Seb, etc. Parmi les dix-sept divinités qui l'accompagnent se trouve encore, (au treizième rang), la déesse de Saïs, dont le nom est
ici figuré par Thiéroglyphe du nome: ^^ ^ "£^ ^ ©. On voit au Todtenbuch (CXIV, 1) une Neit qui est appelée Neit de T^^r ^ j\ zz= fef "R" ® ^)
Enfin , dans un lieu nommé san;f-ta-ui H •¥- "3" ^ il existait un culte de Ra-ta-Neit *).
On voit que, dans toutes les villes où se laisse apercevoir la trace de son culte, lorsqu'elle est assimilée à une
1) Brugsch, Mon** de TEgypte, pi. 63.
2) Id., Géogr. I, 202. Mariette, Dendera.
3) T*ar serait d'après Brugsch, G. I, 269, le j^hu dépendant de la ville de Samhud.
4) Lepsitcs , Denkmaeler , IV, 61 , d. Ne s*agît-il pas du quartier bien connu de Memphis appelé anx-to?
autre divinité locale, c'est toujours à quelqu'une des grandes déesses ou même à quelqu'un des plus grands Dieux: Hathor, Isis, ou Ra, ainsi dans le dernier exemple, où elle est considérée comme une sorte de Soleil femelle ^). De même à Thèbes, dans le quartier des Apt-u q ^
jln d, il y avait une Neit-Amnt, c'est-à-dire Neit forme
féminine d'Amon. Le musée de Turin possède un sarcophage du temps de Nectanebo T, celui de Horpta, qui fournit au sujet des divers sacerdoces et des divers cultes, à l'époque des dernières dynasties nationales, des renseignements précieux. Ce Horpta fut un personnage considérable, qui réunit en sa main la direction générale d'une grande partie des temples thébains. Il était noble de race
D *=^ et prophète de toute une série de divinités:
d'Horus le grand, maître d'ApoUinopolis parva ( ^ Q ^), de Bast-Isis-Nephthys-Tenen-Ant, résidant dans Hermonthis, d'Anhur, de Se;^et résidant dans 1 J @ (Eileithyiapolis)
etc. et 1 xzK h "^^ % ^ ^ M ®' ^^' Amon est à Thèbes le dieu suprême; il y règne en maître, comme Ra à Héliopolis ou Ptah à Memphis. Le fait de joindre ensemble ces deux noms divins, en féminisant le second, indique, ici encore, chez les fondateurs du sanctuaire, l'intention formelle de donner de Neit l'idée la plus haute possible; cela revient à dire qu'ils regardent la conception de Neit comme semblable à celle d'Amon, ou autrement qu'ils en font dans leur pensée une divinité primordiale à peu près au même titre et dans le même sens qu'Amon.
1) A Philœ, elle est appelée ^ es ^ r\
Enfin, le chef-lieu du nome Latopolite, '^ ^, ^^,
Sni, (Esné, CNH AarônoXig) professait une telle vénération pour Neit que le nom sacré de la ville elle-même est
^ xr>^, L^^J, comme celui de Saïs. Une inscription la
désigne en ces termes: ^ ^ © ""^ ^^ V^^] ^
W y ©• Esné, qui est la demeure de Neit dans la haute- Egypte *). Ce culte spécial y avait été sans doute importé de Saïs ; seulement il avait subi là une transformation considérable, qui en changeait la nature. Le dieu Chnum y était adoré sous la forme d'un bélier, dont on avait fait répoux de Nebuu-t, qui ne serait qu'une forme de Neit. Cela répugne absolument à la conception Saïte, qui considère Neit comme une divinité primordiale, isolée dans sa grandeur solitaire. C'est que Chnum était, à Esné ^ le dieu primitif et que, en adoptant le culte de Neit, les Latopolitains se refusèrent à lui subordonner leur dieu indigète.
Comme on lui avait imposé un mari, de même on lui
donna un fils , Hika , appelé aussi ^ ^ Mil ^'^ "^ >> y
5J:^ ^^^ ^, *^, Tuu, le grand lion, le fils de Neit. Il est représenté encore par un crocodile, portant le disque sur la tête', avec le nom de: /; T M J I o Ç^ 1
^^^^"l^^^^y^^"^, Hat' nefer Sebeq, fils de
Neit, le dieu auguste, issu de Ra, résidant dans Latopolis. Les prêtres d'Esné ne comprenaient donc point Neit
,4) Elle est appelée encore '^. ^ I '^ jy! Saïs dans la haute-Egypte.
comme l'avaient comprise les Saïtes; ils avaient déformé la conception première et l'avaient singulièrement abaissée, en voulant la faire entrer dans le cadre ordinaire des triades. Cela seul suflSrait à prouver qu'ils n'ont été que des imitateurs, et que ce travail s'est opéré assez tard, quand la mythologie classique était déjà formée, quand les divinités tendaient de plus en plus à se confondre par la pénétration réciproque des cultes locaux. Neit n'en restait
pas moins pour eux une divinité supérieure, ^^ a\ ^^
1 ^^ ^ ^ r©' ^ grande, la divine mère, la maîtresse de la terre de Latopolis, ou plus brièvement;
H y avait encore , dans le nome, un lieu nommé Ha-tef (la maison du père), ar. Taud, située sur la rive droite du Nil, où étaient adorés Sebek, Chnum et aussi Tuu, fils de Neit et de Ra. Or, dans le pronaos du temple
d'Esné, Neit est dite: ^ ^ ^^
Ll
la grande
des grands de Ha-tef. Ce nom de Ha-tef revient fréquemment dans les l%endes d'Esné. On y lit encore : ^^^^ -i^
^ PI /VWWV A^/NAAA
Sa © — ^ s? 1 "^^ ^^^^ ^®
Sud est le Ha-tef qui appartient au père de Ra et le Ha-
i) V. Brugsch, Géogr. I, 168, 169; m, 29 et Drei Fest-Kalender , passim.
Dans le temple d'Esné , sur le tableau où sont figurées les sept Hathors
fatidiques, celle qui tient les bras de laccouchée s'appelle Neit (V. Lanzoney Dizionar. di^Mitologia egiz. tav. CXII, fig. 3).
mut,, qui est à Neit, la mère diviue.» Il existait donc, dans le voisinage d'Bsné, soit un temple divise en deux parties, soit deux temples séparés, dont l'un était celui du pCTe de Ra, c'est-à-dire ici de Chnum, l'autre celui de la mère, c'est^-dire de Neit.
Ces indications, que nous aurions pu multiplier, suffiront à prouver l'extension qu'avait prise en plusieurs parties de l'Egypte le culte de la déesse Neit.
De plus, la fête des Lampes ardentes, qui était sans doute une fête des morts, et se rapportait surtout àOsiris, était aussi une fête de Neit : car son temple à Sais en était le centre et le point de départ , Neit étant la mère du dieu et abritant dans l'enceinte de son sanctuaire le lac, sur lequel se célébraient les mystères de la Passion osirienne. Et cette fête, au rapport d'Hérodote, avait, nous l'avons vu, un caractère d'universalité qui semble la mettre hors de pair. Dans cette nuit solennelle, le pays tout entier s'illuminait spontanément, comme si une main invisible eût communiqué jusqu'aux extrémités de l'empire pharaonique l'étincelle allumée par les prêtres du l>elta; des embouchures du Nil jusqu'aux cataractes, il n'était pas un temple, un palais, une maison qu'on ne vît tout à coup resplendir dans les ténèbres.
Cette multitude de lumières était comme im symbole réalisé sur la terre du ciel étoile, du ciel supérieur, qui, d'après Horapollon, serait Neit elle-même. A Busiris, à Bubaste et ailleurs, on accourait en foule pour fêter la divinité du lieu. A Saïs paiement, sans doute; mais ceux-là même qui ne pouvaient quitter leur demeure montraient assez, par des témoignages extérieurs, qu'ils ne voulaient point demeurer étrangers à la solennité célébrée dans le temple de la grande déesse.
Est-ce à dire que sa supériorité fut reconnue partout , comme elle Tétait certainement à Saïs? Nous sommes loin de le penser. En dehors de sa cité sainte, Neit était tenue, ainsi que les autres déesses, surtout pour une divinité solaire , et l'interprétation complète de ses mystères ne sortait guère de son enceinte sacrée. Ainsi, dans le Todtenbuch, C. CXIV, 1. 1 et 2, on lit: «Agitation pour faire le rayonnement de Neit dans Zar, pour rechercher l'œil et le sauver. Je le connais, je passe par lui, je sais qu'on la amené à Kès. Que les hommes ne le disent pas, que les dieux ne le répètent pas. J'arrive en messager de Ra pour établir la vérité par le rayonnement de Neit dans Zar, pour la faire apprécier». Au chap. CXLIT, 1. 20, elle est appelée Neit-Selk*), c.-à-d. qu'elle est assimilée à la déesse figurée par le scorpion et confondue souvent avec Sekhet.
Un monument cité par Brugsch*) et provenant de Thè-
bes, lui donne des titres très élevés: ^^ — h—
¥^H®r^mni-^
O I II D "^, Neit la grande, la dame de Saïs,
maîtresse du ciel , régente de tous les dieux , qui n'a point sa seconde; mais, parmi ces titres, se trouve toujours celui de: mer Ba, œil du Soleil, qui nous ramène bien nettement au rôle solaire ').
1) Dans la description du temple de Seti I à Abydos par la déesse Safekh, Neit est associée à Selk. H est dit en effet qu'«il en a établi parfaitement les quatre angles, comme les supports du ciel: ses amulettes ont été émises et ses formules de salut fabriquées par Neit et par Selk;» etc. Cf. aussi Rituel de Tembaumement (Maspeix), sur qq. Papyrus du Louvre).
2) Monmts de TEgypte, pi. 63, n**. 2.
3) Dans le Rituel de l'embaumement (V. Maspero, Mém. surqq. Papyr.
Sur une momie de la Bibliothèque nationale, ce titre est animé, pour ainsi dire, par un urœus ailé, entre les deux ailes duquel apparaît Xufa , l'œil sacré '^g , allusion transparente à des idées du même ordre ^).
Cependant c'est là une conception toute mythologique, qui ne comprend toujours qu'une partie, et la moins importante, croyons-nous, du rôle de Neit, tel qu'il] était entendu à Saïs. Neit y était cela d'abord, mais bien autre chose encore. Comme toutes les grandes déesses, comme Isis, Hathor ou Maut, elle est presque toujours appelée
^^ ou bien "^ | ^^ V\*) la mère divine, la grande,
la mère divine. En traduisant ces expressions ou d'autres semblables, on a voulu quelquefois y voir la pure notion du Dieu unique comme si, en ne déterminant point le nom du dieu enfanté, en le laissant dans une. sorte de vague indéfini, les Egyptiens entendaient par là même désigner
la divinité en général , le principe divin, 1 c. \\ signifiant
ainsi: la mère de Dieu. Leur pensée était certainement
moins élevée et moins précise. Ce titre de j ^ )\ est
pour eux comme ceux de 1 \\ ou de 1 ^^^ qu'ils
du Louvre), les portes de rhorizon oriental sont appelées ^ ^v ^
fsN^hf^
T \\ ^1^ ^^^ f'^^' ^®^ portes excellentes de Neit. Il est dit au défunt: Ra se lève pour toi aux portails de Thorizon, aux portes ex-
i) Pierret^ cours de 4884.
2) Ainsi T^psius^ Denkm. IV, 79 e,. et partout dans les textes d'Edfou, Dendera, Esné.
donnent aux princesses de la famille royale; il fait généralement allusion à une maternité dont la mjrtliologie avait raconté l'histoire. D'autres inscriptions en eftet qualifient Neit de
V\ ^ j| mère de Ra*). Dans les Lamentations d'Isis
et de Nephthys, elle est donnée comme mère d'Osiris et de rOsiris de Saïs , ailleurs comme mère d'Horus. Ces noms propres servent à commenter la formule plus vague que nous signalions plus haut, ils en fixent et en déterminent le sens.
Nous avons vu également que, sur les murailles d'un temple du temps de Ramsès I à Biban el Moluk, sur un monument de Meneptah I (Champollion , Mon^ pi. 142),
eUe est quaUfiée de ^ - T^ Y -^ CH! T.' qu'elle était dite non seulement mère de Ra, mais aussi "^^ O ^ 2J ^ ^ j) P X V ^' fiUe de Ra, amour de son nom résidant à sa place, sur son front (à lui) ; P i ^ ^ ^ ® \>/ I ^ sauvegardant Ra en apparaissant sur la tête de son fils Hor.
Les temples de basse époque expriment des idées analogues. Ainsi, à Edfou, elle est appelée: ^^^^^ .^ ^v\ ^
^^\ ^^ Jl @ N. la grande, la mère, qui réside dans la demeure de Ra*). A Dendera et à Edfou, elle est souvent désignée par le terme de 1] pQ Jr^ ç. , vache, qui est, nous l'avons dit, une manière d'indiquer la maternité. A Den-
1) V. Brugach, IMct. géogi\ 363.
2) Duemichen^ Insc. géogr. pi. 87.
n ^ ?Qi la grande, la mère divine, de Sais, la grande vache qui enfante Ra^). De même à Edfou: j^ <==» ^ S îl ^ S^ ^= f" |. La vache meh-ur-t
est là (dans le nome Saïtique du N.) en qualité de ciel, sauvegardant la vérité dans le N. et dans le S. ^). A Dendera, dans Tinscription d'une chapelle intérieure où Hathor est saluée successivement du nom des autres déesses prin-