‹ Le culte de Neit à SaïsChapitre 19 sur 25 · RELIGION ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

RELIGION ÉGYPTIENNE

Aux conclusions que nous avons précédemment déduites, on objectera que la doctrine métaphysique, qui fait le fond des croyances Saïtes, si elle est vraie à la fin de l'Egypte, ne saurait l'être au commencement, qu'elle paraît d'une philosophie bien abstraite et bien savante , pour s'être fait jour aux premiers siècles, à l'aurore d'une civilisation si antique.

Nous répondrons que des idées, non pas identiques assurément, mais très-voiRines, se sont produites fort anciennement en Egypte. Nous en avons la preuve d'abord dans le culte de Ptah à Memphis. Dans sa Notice sommaire des Monuments du Louvre (1864), M. de Rougé reconnaît que, si l'on trouve le soleil habituellement invoqué comme l'être suprême, et son nom égyptien, Ra, ajouté souvent à celui de la divinité locale, il semble que «cette identification constitue une seconde époque dans l'histoire des religions de la vallée du Nil. C'est ainsi qu'Ammon est devenu Amon-Ra (Ammon-Soleil). Ptah, le dieu suprême

de Memphis, s'est peut-être maintenu longtemps, ajoute-t-il, dans une sphère plus élevée, car on ne le trouve pas identifié au soleil, tandis qu'ailleurs il semble même indiqué comme le père de cet astre».

Dans son mémoire sur la statuette naophore, le même auteur remarque qu'en un hymne du Rituel, oii il est dit que Ra n'est engendré par aucun être, il est nâmmoins qualifié de : fils de Totounen (nom de Ptah cr&teur). Quoique Ra soit athÔYorog, voilà néanmoins le principe paternel personnifié dans Ptah. «Mais Ptah n'était pas im dieu inerte, il remplit expressément les fonctions de démiurge; à Philae, il est représenté modelant l'œuf du monde. Par une nouvelle transformation, sous le titre habituel de Ptah-Sokar-Osiri, il s'identifie avec le rôle nocturne du soleil, en sorte qu'il devient un parfait modèle de son fils, dont il possède déjà tous les attributs. C'est ainsi que la mythologie %yptienne échappe à la conséquence monstrueuse d'un premier principe jouant un rôle inférieur, par la parfaite similitude du père et du fils, et en affi*ontant sans crainte la pluralité des personnifications dans l'unité suprême»^).

On le voit, M. de Rougé inclinait à penser que la conception de Ptah comme antérieur au Soleil représentait une couche primitive de la religion égyptienne, oii Ra ne serait qu'un fils et nullement l'être primordial.

En effet Ptah est appelé «dieu très grand, commencement du devenir» *) ; «père des pères, puissance des puissances, le dieu grand de la première fois»'); «père des pères, fabricateur de la substance des dieux, créateur de la terre.

1) Mém. sur la statuette naophore.

2) Champollion , Notices, II, 143; Louvre, statue A,

3) Champollion, Not. II, 278.

j)ère des dieux et de tous les êtres de cette terre, père des commencemeiits, créateur de Tœuf du Soleil et de la luné, le producteur d'œuvres par excellence»^); «père des pères, grand de la première fois, formateur des hommes, créateur des dieux, commencement du devenir en qualité d'essence double primitive, devenu pour Tairivée de tout après lui, auteur du ciel qu'il a mis en haut, fondateur de la terre, qu'il a entourée de l'abîme de la mer, auteur de l'enfer, où il réunit les cadavres; il a fait naviguer cela en souverain»*).

M. Pierret, auquel nous empruntons cette réunion de textes, reconnaît également (Catal. de la Salle histor. du Louvre) que Ptah <y échappe au culte solaire. H paraît, dit-il, être le dieu primordial, qui a fourni à Ra, organisateur du monde, d'après le chap XVII du livre des Morts, les éléments de la création. C'est pourquoi, dans son rôle de Ptah-patèque ou embryon, coiflfé du scarabée, symbole de transformation, et foulant un crocodile, il paraît confondu avec la création, dont il est l'auteur: il s'incarne dans cette figuration de la matière embryonnaire, victorieuse des ténèbres du chaos et en voie de transformation» •).

Au chapitre XVII du Todtenbuch, 1. 3, il est dit que «Xq dieu grand qui s'est donné la forme à lui-même, c'est l'eau, c.-à-d. le père des dieux». Le Nou ^^ est donc l'abîme infini, le /3v&og, le nar^ç àyvœajoQ des Gnostiques, d'où est sorti d'abord un premier être, puis la création tout entière. Plus loin, à la ligne 88, on lit:

1) V. Pierret^ Panthéon égypt. p. 5 et 6.

2) Papyrus magiq. Hariîs, (p. 44).

3) n existe cependant, comme le constate M. PieiTet, lui-même (Panthéon égypt. p. 66) des textes qui donnent à Ptah un l'oie solaii'e.

<<Tum t*a bâti ta maison; les dieux lions ont fondé ta demeure; Ptah circulé autour de toi...» Il semble dès lors que Ptah soit le premier qui se soit distingué du ckios (Nou), et qui ait, en qualité de démiurge, sinon créé, du moins organisé l'Univers ^), Cette expression: Ptah circule autour de lui, fait songer au mot de la Genèse: l'Esprit flottait sur les eaux

Au chap. CXLn du Todtenhuch , dans la Grande Litanie d'Osiris, Ptah est appelé «le maître de la vie» (1. 15); «Ptah stable et auguste, siège du soleil,» (1. 26); enfin Tanen, au chap. XV, est qualifié de «père du soleil.»

Ce dieu Tanen , confondu ordinairement avec Ptah , reparaît souvent dans les textes. Dans les Denkmaeler de Lepsius, (IV, pi. 34, grand temple de Kamak), voici une déesse

s=» 1 1 ^ qui n'est qu'une forme féminine de la même

divinité, et qui lève la main au-dessus de Thotmès III en signe de protection. De même , à Medinet-Habu (temple de Thotmès III, Leps. pi. 87), au milieu d'une série de divinités , nous voyons Tanen accorder à Seti I la force et

la stabilité. Totun ^^ est encore une forme voisine,

si Ton en croit l'analogie des éléments phonétiques; et on voit ce Totun (Leps. pi. 56) verser de l'eau, -^^^^^ mm^^^ peut-être selon la coutume orientale, en signe de bonne hospitalité pour le roi*), mais peut-être aussi pour marquer

1) Cf. dans la cosmogonie védique, Pouroucha aux mille tètes, aux mille yeux, aux mille pieds, qui a pétri la terre de ses doigts et en a fait une boule au-dessus de laquelle il domine (Rig-Véda, sect. VIII, lect. IV, h. 5); — et rHinanyagarbha , l'utérus d'or, au sein duquel est né Brahma, qui doit en suite donner naissance, par son union avecMàyâ, aux dieux et à tous les êtres. (V. A, Maury ^ La relig. des Ai7as, 421).

2) On voit également ailleurs Neit , répandre, de ses deux mains ouvertes , l'eau symbole de l'existence. Wilkinson^ Manners and customs, UI, p. 40.

qu'il est le dispensateur de la vie. Or, Tanen, Totun signifient: qui donne l'être, et les idées qu'ils représentent sont évidemment en rapport très étroit avec Ptah.

Le nom de Ptah , comme le feit observer M. Brugsch ^), tire son origine du vieux mot ptA, qui se retrouve dans les langues sémitiques avec la valeur: ouvrir, et: bâtir (hébr. nnô, cf. en copte itu)T£ et ^u)T£, suivant les dialectes, qui n'ont conservé que le dernier sens). Ptah est donc celui qui ouvre, ou plutôt celui qui bâtit, qui fabrique. De là son titre de père ou maître des travaux et la mention de Hâ-t nub, demeure de l'or ou de la fonte et le titre de son premier prophète: grand maître des travaux de construction; toutes désignations qui conviennent au mieux avec l'idée du démiurge, de celui qui le premier a mis l'ordre dans l'univers.

De tout cela il ressort que les adorateurs de Ptah le regardaient comme un dieu primitif, et par conséquent supérieur, ayant précédé tous les êtres et leur ayant donné la vie.

Or, quel est le centre principal, le point de départ originel du culte de Ptah? C'est Memphis, la première ville royale, la cité de Mena, la capitale choisie par les rois des plus anciennes dynasties. La conception cosmogonique qu'il représente a donc ses racines dans le sol même où s'est accomplie une des premières systématisations du dogme. Probablement, elle remonte plus loin encore; la formation de cette antique sjrnthèse religieuse se perd dans la nuit des siècles inconnus, d'où est sortie la civilisation des bords du Nil. Il est donc raisonnable de penser que la théorie, dont les l%endes de Ptah nous font connaître

1) Religion und Mythologie der alten iËgypter, p. 85.

les principaux traits, est un reste des plus anciennes spéculations auxquelles se livrèrent les premiers penseurs de l'Egypte antéhistorique.

Le dieu Num ou Chnum se montre, dans des inscriptions, récentes à la vérité, comme une variante de Ptah. n est «le fabricateur des hommes. Fauteur des dieux, le père du commencement, l'auteur de ce qui est, lecr&teur des êtres, le commencement des formes, le père des pères, la mère des mères, le père des dieux, le modeleur des hommes, Tengendreur des dieux, le père des pères des dieux et des déesses, le maître du devenir en soi,rauteur du ciel, de la terre, du tuau, de l'eau, des montagnes j^ ^). n est adoré spécialement à Éléphantine, dans la Haute Egypte, avec les déesses Sati et Anouké, qui l'accompagnent comme Isis et Nephthys accompagnent Osiris. C'est lui qui produit l'œuf primitif, c'est lui encore qui façonne, sur son tour à potier, la matière primordiale, dont il fabrique les êtres.

L'inscription que nous venons de citer est d'époque moderne, puisqu'elle provient du temple ptolémaïque de Dendera. Mais la persistance des doctrines locales en Egypte autorise à supposer que celle-ci existait antérieurement dans le district même, où des Egyptiens l'ont développée plus tard, sur les murs d'un édifice construit au temps de la d3mastie Macédonienne.

Ce dieu Chnum , que les Grecs appelaient le plus souvent Xvovtpig, était assimilé par eux au bon génie, ^Aya&o- 8aif4(ùy , auteur de tout ce qui arrive de bon, de favorable. Les Gnostiques lui donnèrent ou lui rendirent une

4) Mariette^ Dendera, II, 37; Cf. Temple de Philae; Champollion^ Notices I, 682. V. Pierret, Panthéon égypt., pp. 9 et 40.

importanôe considérable dans leur théogonie essentiellement panthéistique. Ils le représentent par le serpent, que Ton voit figuré sur la plupart des abraxas, ces talismans mystérieux que portaient les initiœ. L'inscription ^wovcjic ou KHTJMC y revient sans cesse, avec de nombreuses variantes orthographiques, qui toutes se réfèrent certainement au même mot, au même nom, celui du dieu figuré , dans l'ancienne mythologie , avec la tête de bélier.. Les Gnostiques paraissent donc s'être rattachés à la théorie impliquée dans le texte de Denderah.

Toujours est-il que ce texte assimile, à n'en pas douter, le dieu Chnum au dieu Ptah. Il est possible que cette identification soit de date relativement moderne, et que les prêtres de Chnum aient voulu relever le culte de leur dieu local en confondant son rôle avec celui de l'antique divinité de Memphis. Ce que nous avons dit de Ptah n'en demeure pas moins certain , et nous pouvons conclure, avec M. de Rougé, que Ptah est bien une divinité antérieure, un dieu primordial, qui, dans la pensée des premiers Memphites, a précédé l'apparition du dieu soleil, Ra, devenu plus tard le centre de la théologie officielle.

Ce que Ptah était pour les Memphites et Chnum pour les habitants d'Eléphantine , Neit le fut aussi pour les Saïtes, toutefois avec des différences notables dans la conception cosmogonique. Ptah est en effet un être distinct, une première production du Nou, de l'abyssus, du chaos. Il s'y meut et il le r^ularise, il en distingue les parties élémentaires ; il donne naissance à tout ce qui existe, il fabrique le ciel et la terre, les dieux et les hommes. Ainsi il opère comme un véritable démiurge, exerçant une action intelligente et voulue sur la matière encore informe. Neit, au contraire, n'est point distinguée du Nou; celui-ci n'est

point mentioniié comme existant à côte d'elle et façonné par elle. Elle est seule à l'origine , et , la première , commence d'enfanter.

11 s'agit maintenant d'examiner si le système cosmogonique qu'elle personnifie est bien décidément ancien, ou s'il date seulement en Egypte de l'invasion des doctrines étrangères, orientales et même grecques.

En constatant l'existence aux époques primitives de dogmes voisins, analogues à celui-ci, nous avons montré déjà, par analogie, que cette ancienneté n'a rien d'impossible. La conception du Nou, c.-à-d. du chaos primordial, ou de l'eau considérée comme l'élément primitif, paraît contemporaine des premiers temps de la civilisation égyptienne. Combinée avec l'idée féconde d'un dieu organisateur, elle constitue un système complet, et elle suppose, en l'esprit de ses inventeurs, une vue d'ensemble, d'une simplicité, d'une grandeur, d'une unité, que les Grecs euxmêmes n'ont guère su atteindre que vers le VII© siècle avant notre ère. Elle montre que, dès les premiers temps de la monarchie, la pensée philosophique avait produit un effort considérable. Le caractère égyptien était éminemment religieux; les prêtres seuls, par leur éducation intellectuelle et par leur position sociale , pouvaient consacrer leurs loisirs à des méditations , que le gros de la nation était hors d'état de suivre et peut-être même de saisir. C'est ainsi que les découvertes d'ordre métaphysique durent se résoudre généralement en des dogmes d'apparence purement mythologique.

Mais le travail de la pensée, pour être dissimulé sous des symboles, n'en fut pas moins hardi et fécond. Les exemples que nous venons de citer en fournissent la démonstration la plus convaincante. Il n'y a dono point tant de témérité à supposer que l'idée de l'être en soi, telle

que nous la voyons abstraite et condensée dans le nom de Neît, ait pu être dégagée à des époques très anciennes.

L'emploi du mot n, ni, a^wv, ^^ , dans les premiers monuments connus, avec la valeur: qui est, montre assez que les Egyptiens des premières dynasties savaient fort bien mettre à part l'idée d'existence , la distinguer de celle du sujet qui possède et de la qualité possédée, et s'en servir pour afi&rmer l'une de l'autre. La décomposition des éléments premiers, dans les quels se résout la proposition, était donc déjà poussée très avant, et le langage reflétait, avec une exactitude remarquable, les détailsde cette ingénieuse analyse.

Sans doute, il y a encore loin de ces distinctions grammaticales, établissant la convenance entre deux termes et en marquant le lien, à la notion toute métaphysique de l'être en soi. Cependant les premières, qui déterminent avec netteté les rapports des mots entre eux, sont l'indice d'un état d'esprit fort avancé; eUes contribuent à mettre de l'ordre, de la clarté dans les idées, et elles facilitent singulièrement le .travail de l'abstraction métaphysique. La grammaire, ainsi entendue, est déjà une philosophie.

Si nous comparons le sens primitif des noms donnés aux autres grandes déesses, comme Isis et Hathor, qui expriment incontestablement le lieu , l'espace où prend naissance le dieu suprême, jj ^, f^J, nous sommes oblige d'y reconndtre une conception déjà très-haute et vraiment philosophique. Comment admettre, après cela, que celui de la déesse de Saïs n'ait pu signifier autre chose que: la couronne du Nord, ou: la tisseuse? Ne seraient-ce pas là des idées bien enfantines et peu dignes du rang qu'elle occupe dans le Panthéon égyptien?

Quant au rapprochement que nous avons institué avec

les langues indo-européennes, on ne niera point qu'il n'offre, à défaut de certitude, une vraisemblance au moins bien frappante. Or, s'il est juste et fondé en raison, il n'est possible de supposer des rapports, entre les ancêtres de cette race d'une part et les Egyptiens de l'autre, que dans des temps ayant précédé nécessairement toute histoire. Ainsi, dès cette époque indéfiniment reculée, le travail intellectuel dont nous parlons était déjà en partie accompli. Le sens d'une idée si essentielle était donc fixé grammaticalement avant la séparation des deux peuples, non pas sans doute avec la précision que nous lui attribuons en Egypte, mais avec une netteté suffisante pour que toute confusion fut désormais impossible entre les éléments premiers du langage.

Les Indo-Européens ne paraissent pas s'en être formé dès l'abord une vue aussi nette que celle qui apparaît, à l'origine, dans l'idiome des bords du Nil.

Si les Egyptiens sont arrivés au but plus tôt , c'est qu'ils ont été plus tôt sédentaires et que par suite le développement normal de la civilisation a commencé pour eux dans des temps antérieurs. Leur déesse Neit, comme dit Platon parlant des Saïtes, avait voulu les établir sur une terre aimée du ciel, dans un climat plus propre que tout autre à favoriser les progrès de l'esprit et les inventions des arts. Délivrés des préoccupations de la vie nomade, établis dans cette contrée bienheureuse, ils purent s'adonner de bonne heure à la réflexion, au pur travail de l'intelligence; les classes élevées du moins et la caste sacerdotale surtout, que leur situation mettait à l'abri des soucis de chaque jour, durent ainsi s'élever à des hauteurs, que l'on a tort de croire inaccessibles aux hommes de ces siècles lointains.

D'ailleurs, nous ignorons absolument à quelle époque

remontent les débuts de la civilisation en Egypte. Aux premiers jours de rhistoire, elle apparaît complète , achevée, pourvue d'une langue, d'une écriture savantes, avec une organisation r^ulière, à laquelle les progrès ultérieurs ajouteront des perfectionnements de détail, mais dont ils ne changeront point la direction générale, dont ils ne modifieront point sérieusement la nature. La construction d'une machine si compliquée et déjà si parfaite, dont le jeu est assuré par l'établissement d'une triple hiérachie, sacerdotale, politique et administrative, suppose une période indéfinie de recherches, d'expériences, de tâtonnements, dont il est impossible de calculer l'étendue. La religion était probablement constituée dans ses* lignes principales avant l'avènement de Mena et la fondation de la monarchie. Elle était la résultante des traditions apportées avec eux par les premiers colonisateurs, et des croyances trouvées par eux chez les habitants primitifs du pays; le tout combiné et éclairé par les méditations de ces prêtres, dont la domination théocratique avait peut-être, avait sans doute précédé de longtemps celle des rois.

Les textes des tombeaux de Saqqarah et de Gizeh, des pyramides d'Unas, de Teti, de Pepi nous la font voir entièrement formée. Presque toutes les divinités du Panthéon y figurent, avec les dénominations, les fonctions, les attributs qu'elles ont conservés depuis.

Ceux que nous avons reproduits plus haut prouvent que Neit avait son nom et sa place déterminés dans l'ensemble. Seulement, la plupart de ces documents ont surtout un caractère funéraire et le rôle funéraire de Neit est précisément très-restreint. 11 n'y faut donc point chercher, à son sujet, des développements qui ne se seraient point accordés avec la destination spéciale de ces monuments.

De plus, comme nous Tavons fait remarquer, ils sont généralement d'origine Memphite, et, par suite, ne sauraient reconnaître à la déesse de Saïs une prééminence que les prêtres Saïtes furent peut-être seuls à lui accorder, au moins jusqu'à l'épanouissement de son culte, qui coïncide avec l'avènement des rois leurs compatriotes.

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