‹ Le culte de Neit à SaïsChapitre 24 sur 25 · C.é d'en. « IH: Yt JL :^ ^ 1 ^ I · texte numérisé non relu

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HrtlWo I ® S* ^^^ ^®^*' ^^ grande, la mère divine: J'ai

rejoiut mes deux bras au-dessus de toi, Osiris Aba, étant en protection toute pour l'éternité. *).

A Biban-el-Moluk , elle paraît également, ayant sur la tête

l'hiéroglyphe ordinaire de son nom, ainsi dessiné et avec la légende: 2^ ^ J) ^"

A la planche 26 des Monuments de Champollion, la voici debout, avec la couronne rouge, une fleur de papyrus dans la

1) Lepsius, Denkm. II, pi. 150, île de Konosso. Lanzone, pi. CLXXVI, 4.

2) Dans le Livre de rhémisphère inférieur (Pierret, Inscr. du Louvre, 1ère

part. p. 123) on voit Neit debout, coifiëe de la couronne \J et devant elle deux

arc8||.

3) Lnnzone, Dîzion. di Mitolog. , tav. CLXXVI, fig. 3.

4) Lepsius, Denkm. III, 123.

Ces dernières

main gauche et dans la droite une sorte de sistre surmonté d'un autel, sur lequel se dresse un épervier, couvrant de ses

ailes étendues une petite statue assise. La légende est: | ^ >C3^ X ^ ^^

représentations ont trait aux attributions funéraires de notre déesse. Ainsi que les autres grandes déesses dans leur rôle de mères du Soleil , elle s'incarne , nous l'avons vu , dans la vache Meh-ur-t, symbole de la maternité divine. Sur Un torse du Musée de Naples ^) , elle est réprésentée ainsi dans une barque , ornée à la proue d'une tête de lion et à la poupe d'une tête de bélier. Au

cou de la vache est suspendu le •¥" et sur sa croupe est assis le bélier d'Osiris; puis, au-dessus dé la scène se lit une courte inscription horizontale ainsi conçue: (I ITl ïurjj JTJ ! .

Neit, la vache qui enfante Ra. En avant de ses jambes est placé l'œil sacré, ^^ ufa^).

Une idée abstraite, comme celle que nous avons reconnue au fond de la doctrine Saïte , ne saurait évidemment être figurée aux yeux. Aussi ce que les monuments nous offrent la plupart du temps, ce sont des symboles en relation avec les fonctions extérieures et toutes matérielles dévolues à Neit dans le Panthéon égyptien. Pourtant , lorsqu'on la voit , les deux mains étendues , ave(^ le signe de l'eau sortant de chacune d'elles, c'est la vie qu'elle répand, la fécondité symbolisée par l'eau, principe fertilisateur , comme si elle était la source même de l'existence '): car les Égyptiens, nous l'avons vu, faisaient généralement sortir toute la création de l'élément humide *).

Lorsque Neit est représentée ailleurs ramenant ses deux bras

1) Champollion, Mon. I, 26, N^ 2. Lanzone Dizion. tav. CLXXVJ, fig. 2.

2) N<>. 401. Cf. Lanzone, Dizion. tav. CLXXVII, fig. 1.

3) Wtlkinson, Manners, III, 41.

4) Cf. Brugsch, Religion nnd Mythologie der alten .^Egypter.

sur sa poitrine, ce geste signifie ou le mystère, Seta^), comme dans la figure du dieu caché, Amen, les bras serrés et enveloppés dans un manteau qui les couvre, ou bien le fait d'embrasser, de

contenir, rendu par l'épithête (1 '^'^, que nous avons rencontrée plus haut. Lorsqu'elle parait; avec le signe ,^ sur la tête, au lieu de l'hiéroglyphe ordinaire de son nom fj ou de la couronne

rouge >/, elle est la mère d'Horus, le soleil renaissant, 61s de

Ra, et qui est Ra lui-même. Seulement, on dirait que par un enfantement d'un nouveau genre, il sort de sa tête, tandis que, dans la mythologie Grecque, c'est Minerve au contraire, qui sort tout armée de la tête de Jupiter.

Le Musée du Louvre possède un grand nombre de statuettes de la déesse Neit, la plupart en bronze, quelques-unes en albâtre ou en terre émaillée ^). Elle est représentée tantôt assise tantôt debout, toujours portant sur la tête la couronne du Nord.

Assise, elle a les deux mains fermées posées sur les cuisses, l'une le pouce en l'air, l'autre le pouce en dedans.

Debout, elle tend la main gauche en avant, et on y aperçoit un trou, où était passée la tige de papyrus, presque partout disparue. L'autre tombe droit le long du corps.

Souvent elle porte un collier à plusieurs rangs de dorures. Sa robe collante l'enveloppe tout entière, en moulant exactement les formes.

Toute une série de figurines de dimensions extrêmement réduites la ' représentent , toujours dans la même attitude, seulement les deux mains attachées au corps, sans doute à cause des difficultés de la fabrication.

1) Cette fonne divine avait, nous Tavons vu, une chapelle ou tout an moins une statue dans le grand temple de Sais. V. la figure dans Wîlkinson, loc. cit.

2) Salle des dieux. Armoire B.

Nous en signalerons une, de quelques centimètres de haut, (N^. 329), où la déesse paraît être enveloppée dans un grand manteau, qui voile complètement les formes. Serait-ce là une réduction, infiniment petite, de la fameuse statue, dont parlent Plutarque et Proclus et dans l'inscription de laquelle la déesse se vantait que personne n'avait soulevé sa tunique? Le fait n'aurait rien d'impossible. Malheureusement les proportions en sont trop restreintes et Texécution trop imparfaite, pour qu'il soit aisé, en la grandissant par l'imagination, de reproduire celle qui lui avait peut-être servi de modèle.

Trois fois elle est figurée avec un double Horus : 1^. au N®. 337, groupe d'albâtre, où Neit est assise sur un trône, dans l'attitude ordinaire , et n'ayant d'autre insigne que la couronne. Deux petits Horus enfants se tiennent de chaque côté du siège; 2^. au N<). 338, groupe de bronze. Les trois personnages qui le composent sont debout dans l'attitude de la marche, le pied gauche tendu en avant. Les deux enfants, avec la tresse, le doigt dans la bouche, sont placés devant, sur la même ligne, et s'avancent vers le spectateur. La déesse, plus grande des deux tiers environ, les suit et (in dirait qu'elle les dirige et les protège.

Un groupe analogue, récemment acquis, N**. 388bis, est d'une exécution plus parfaite et d^une conservation meilleure:

Neit porte dans la main gauche le sceptre à fleur de papyrus. Sa couronne, enrichie de dorures posées par lignes verticales, a perdu l'appendice supérieur. Un collier doré est appliqué sur le bronze. La déesse se trouve surélevée sur une sorte de marchepied ou de piédestal, plus haut que ceux sur lesquels posent les deux Horus. Les trois personnages sont en marche, comme dans le groupe précédent. Les Horus sont nus , avec la tresse et le doigt à la bouche; mais ils ne sont point de même taille: celui de gauche, plus grand, est Horus l'ainé, Haroëris, et il porte le pschent; l'autre, plus petit, n'est décoré que de la couronne du Nord. Devant leurs pieds , règne une inscription en caractères excessivement menus.

Neit est mère du soleil, de Ra, donc elle est mère d'Uoras; ainsi ces représentations n'ofifrent aucune difficulté. Quant à- la présence des deux Horus^ elle pouvait tenir à ce système général de dualité que l'on retrouve partout en ce qui a trait au Soleil et à sa course et que M. Grébaut a exposé avec une clarté si lumineuse. De plus, il y avait en réalité deux Horus distincts dans le système de la religion égyptienne.

\om maintenant deux statuettes en terre revêtue d'émail bleu : la déesse tient, de ses deux mains, deux crocodiles suspendus à ses mamelles. Ce même groupement se rencontre également ailleurs dans des représentations du même genre ^). Les crocodiles sont ici des personnifications de Sebek, ou Sevek, dieu du Fayoum. Le crocodile, qui est parfois un symbole du mauvais principe , caractérise quelquefois au contraire THorus vainqueur des puissances mauvaises, comme dans ce même Sebek, et dans le Hor-Khenti-Khat, qui sur le naos d'Amasis (Louvre, D, 29) porte lui aussi une tête de crocodile surmontée de Yatef. Il est donc fort probable que ces deux jeunes crocodiles équivalent aox deux Horus que nous avons vus précédemment ') , et la déesse qui les nourrit est toujours l'être primordial, qui fait vivre de sa substance la nature entière *).

Cette traduction du mythe a quelque chose de grossier et de matériel. Nous remarquerons toutefois que ces figurines sont d'une matière commune employée pour les statuettes* d'usage ordinaire, comme les figurines des tombeaux, tandis que la plupart des

)) ChampoUion, Panthéon ég. pi. 23, a. Torse du Mnsëe de Naples, N*>.401. Cf. Leemans, Monts, de Leide I, A, b, 1058, pi. XII. Lanzone, Dizion. tav. CLXXV, fig. 3.

2) Cf. P. Pierret, Catal de la Salle des dieux. Explication du N®. 389bi8.

8) On peut expliquer encore les deux crocodiles comme figurant Osïris. En effet, comme Ta remarqué Chabas, Tintroduction de la 2e partie du Papyrus Prisse s'adresse k Osiris sous son nom de «double crocodile»; et, dans le Todtenbnchi Ch. CXLII, 48^ invocation, Osiris est appelé: double crocodile. Du reste, le mythe est toujours le même. Horus , c'est Osiris renaissant. Or Neit à Sais est appelée la mère d^Osiris, et un sanctuaire vénéré de ce dieu faisait partie , comme on Ta vu, des annexes de son temple.

auti:es sont en métal ou en albâtre. Il est à croire que ces statuettes émaillées étaient destinées au vulgaire , et qu*on n'avait pas craint, à cause de cela, de matérialiser les symboles. La fécondité du premier principe y était exprimée d'une manière un peu lour-r de peut-être; mais la pensée n^en ressortait qu'avec plus de saillie et l'impression sur l'esprit des ignorants n'en devait être que mieux gravée. ^).

Wilkinson reproduit (III , 228), la figure d'une déesse , la tête

surmontée du bouclier traversé par les flèches jM*» et tenant

sur la main gauche un enfant (Horus), pendant que de sa main droite, à demi levée, elle semble le bénir et le protéger. Birch a très bien vu qu'il s'agissait encore ici d'une forme de Neit, portant Horus, c.-à-d. le soleil, sur son bras, et lui donnant la vie,

' I ®» comme le dit l'inscription qui est jointe à la figure.

Cette fois, elle ne nourrit pas le dieu-fils, comme font les autres déesses, Isis ou Hathor. Elle ne lui présente pas le sein, elle ne lui donne pas le lait, comme une femme. Elle n'a pas besoin d'user des moyens humains, matériels, pas plus que pour enfanter elle n'a dû recevoir le germe d'un dieu mâle. Un signe lui suflSt, une sorte d'imposition des mains, pour inspirer, pour conserver la vie à l'enfant. Nous voyons là un de ces gestes exprimant une opération magique , ou plutôt une sorte d'influence mystérieuse , de magnétisme, comme les monuments égyptiens en montrent des milliers d'exemples *).

1) Le British Mnsenm possède une ^de de Neit, avec la tête de la déesse et l'usekh.

Des couronnes du Nord, en émnil vert, comme on en voit au Louvre, vitrine N (Salle des dieux) devaient être portées comme amulettes, en Thonnenr de Neit, par les fidèles particulièrement dévots à son culte.

On voit encore Neit représentée dans les curieuses stèles d^Horus sur les crocodiles. Elle 7 paraît ordinairement au troisième registre.

2) Au Louvre, (armoire B, Salle des dieux) le numéro 839 comprenait autrefois un groupe de trois déesses, placées Tune li côté de l'autre, debout, sur le même plan : mais il est aujourd'hui incomplet et il u^en comprend plus que deux. Celle du milieu, plus grande, est Se^et, k tête de lionne, avec le disque et

rarœtis sur la tête; eUe murcbe, nne mûn tendue en avant. A sa gauche, Neit avec la couronne ronge, la longue robe collante, la même pose des mains. Mais Ib droite existait une antre statuette, qui aujourd'hui a disparu; on voit seulement dans la plaque la cavité où elle était fixée. Qui représentuit-elle ? Sans doute une déesse personnifiant le Midi, par exemple Ne%eb, Sati, ou quelque autre. Mais ne connaissant que par conjecture le troisième personnage du groupe, nous ne voulons pas nous aventurer davantage.

Le groupe N^. 898 est formé de Ptah ayant Se^et k sa droite, et à sa gauche nne autre déesse, qui pourrait être ou bien Neit avec la couronne du Nord, ou Isis avec le siège, hiéroglyphe de son nom.

NEIT ET 'Adrivn^

On a prétendu que le nom Grec d'^Atf)^v5 était identique à celui de la Neit égyptienne, que les Grecs avaient lu le mot NH8 à rebours, en se contentant d'ajouter un » au commencement et à la fin. Cette explication peut être fort ingénieuse; malheureusement, elle ne supporte pas Texamen. Elle n'a été imaginée que pour justifier l'assimilation entre les deux déesses, et elle suppose ce qu'il faudrait démontrer, à savoir que la Minerve athénienne dérive réellement de Neit.

Pour que le nom d'^Atf)^v5 fut venu de celui de NH0, il faudrait admettre, comme l'a fait remarquer M. Em. Bumouf^): «1®. que Tun des deux a qui commencement et terminent le mot n'a aucune valeur , l'autre étant la terminaison du féminin; (de plus, le dernier porte Taccent, ce qui est inexplicable si le nom grec vient de Neith puisque l'accent devrait rester sur la voyelle du nom Egyptien) ; 2<>. un renversement tel que celui de Neith en thén ne se rencontre pas dans les langues , et l'on sent que la raison tirée de l'écriture boustrophédon est puérile; 3^.. pourquoi d'ailleurs ei changé en « et cette introduction de l'aspirée tf, puisque le nom de la déesse égyptienne n'est pas Neith mais Neit ^)

1) La légende athénienne, pp. 71—72.

2) Le vrai son devait; être Nit , comme le prouvent les transcriptions grecques :

et qu'aucun des éléments du mot ne provoque l'aspiration? Enfin 'Aêiivii est la forme ionienne du mot grec, mais à Athènes on disait: *A6tjvi et la forme dorienne antérieure est 'Atf«vS» ^).

L'identification des dieux grecs avec les dieux égyptiens remonte assez loin dans l'histoire. Les Grecs convaincus de l'antiquité de la civilisation égyptienne, qui en effet avait de longtemps précédé la leur, croyaient anoblir leurs dieux en les confondant avec ceux des bords du Nil.

M. A. Maury (hist. des relig. de la Grèce, III, 265 et suiv.) pense que la fusion commença par la fréquentation des Cyrénéens au temple d^Amon, situé dans l'oasis de Libye, lesquels, de connivence avec les prêtres égyptiens, forgèrent des fables sur Âmon- Zeus. Des Libyens, venus en Elide pour les jeux Olympiques, y apportèrent le nouveau culte; et bientôt l'oracle de l'oasis fut considéré comme un des plus grands. Alcibiade, Epaminondas, Lysandre, Cimon lui demandèrent des conseils en des circonstances dilBciles.

La Cyrénaïque , contrée toute grecque eut un mouvement religieux propre, ce qui fit croire aux Hellènes que la Libye était une des contrées d'où ils avaient tiré la connaissance de plusieurs de leurs dieux, par exemple l'Athênê Tritogénie et Poséidon. Les divinités égyptiennes, Isis, Thot, Khons, Ptah, Min ou Khem, Mentu passèrent plus tard en Grèce, lorsque des relations régulières et fréquentes furent établies entre les deux pays.

«Une déesse que sa ressemblance avec Athènê introduisit aussi

1) D'après Max Muller (Nouv. Leçon sur la Sci. du Langage , II , pp. 262 et suiv.) le nom d'Athênê aurait pour origine la racine ah, qui a donné en sanscrit Ahanây T Aurore. Il montre, par des exemples de permutation analogues, que la racine aha, qui serait régulièrement en Grec ach, aurait également pu revêtir la forme ath. Quant a la terminaison, c'est la même que dans Sélênê: lesanscr. ânâ. Far conséquent, Athênê correspondrait à une forme sanscr. Ahânâ, laquelle ne diffère que légèrement de Ahanà , un des noms consacrés de T Aurore dans le Véda.

M. J. Darmesteter (Ormuzd et Ahriman, 34) rapproche Athênê de Atar, le feu, fils d'Ahura- Mazda, comme Athênê est fille de Zeus. Il fait remarquer (56) que, dans le Véda. Varuna, le ciel, est le père d'Atharvan, l'éclair, et il rattache 'Ad^vjf à la même racine. (V. la série des preuves r.ésumée dans : Deckarme, Mytholog. de la Grèce anc, p. 77, note.

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dans le Panthéon hellénique (Maury, III, 287) est Neith, honorée d'un culte spécial à Sais, et qui affectait particulièrement le type de divine mère». Le même auteur pense que le principal motif du rapprochement fut Tanalogie des deux noms.

Dès le temps d'Hérodote, cette assimilation était faite, comme tant d'autres dont il nous a conservé le souvenir. Au livre II de son histoire, c, 475, et ailleurs, parlant de la déesse de Sais, il la désigne toujours par le nom ô!*AiijvZ, Platon partage la même manière de voir, puisque, dans le Timée, (21), il dit des habitants de Sais: oJg rijç wé^eaç êeiç àpxwi^ hriv^ A?yt;Tt/o-t) fih ToôvofAX Njj?^, 'EA^.jjy/o-T) SI, cog S eKelvuv xéyoç^ 'Aitjvâ, Beaucoup plus tard, Pausanias (IX, 12, 2) adopte la même idenfication. Plutarque assimile Athêna à Isis (de Is. et Os. 9); mais c'est de Neit qu'il semble vouloir parler.

Nous avons vu d'autre part Hérodote (II, 171), comparer les cérémonies nocturnes accomplies sur le lac, dans l'enceinte du grand temple de Sais, aux mystères Grecs, mais spécialement aux Thesmophories, qui avaient rapport au culte de Gérés'). Il y avait là en effet, comme à Eleusis, une veillée générale, pendant laquelle on allumait des lampes en plein air.

Quoiqu'il en soit , le culte de l'Athênê saïtique fut d'assez bonne heure apporté en Grèce, et on s'efforça d^imiter tout ce qui caractérisait la déesse de Sais. Sur le mont Pontios, près de Leme en Argolide, Pausanias (II, Cor. 36) visita les ruines d'un temple de Minerve Saïtique. On y célébrait aussi (Creuzer II, 719) des mystères sur le lac d'Alcyone, parceque c'était là que Dionysos *) était descendu aux enfers pour en ramener Sémélé, sa mère.

Une des sept portes de la Thèbes de Béotie avait été, disait-on, appelée Neitha par Cadmus, en l'honneur de la Neit égyptienne.

1) Cest k Isis que les Grecs avaient contnme de comparer pins particnlièrement leur Dêmêter. Clém. d'Alex. Strom. I, 21, p. 139: Aém il 6 rk Uspt rm Kùtr* ^yvvFTOv âg&v Tpceyfjutrsva-éfjLSvoç tjjv ''îa-iv v^è 'EAAt^vwv AvjfÀiirpx KOiXst(r- &«/ <p)j(riv. (Fragm. historié grœc. II, 331, 2). Léon de Pella e'tait contemporain d'Alexandre.

2) Dionysos avait été assimilé k Osiris.

Mais ce nW point sous son véritable nom qu^elle obtint en Grèce une véritable faveur, ce fut sous le nom d^Atliéné.

Minerve passait pour être originaire de Libye, du lac Triton , nom commun à plusieurs fleuves (du sauscr. irit rivage, ri, aller, ati au delà). Son culte étant en grande faveur chez les Minyens établis en Libye, elle reçut le nom de Tpiroyivei», et elle fut considérée sous ce nom comme née des eaux, comme une personnification du principe humide *)•

Athênè étant souvent considérée comme Libyenne et Neit se confondant avec Athênè, on a été porté à admettre que le culte de Neit venait primitivement de la Libye'). Cependant, nous ne pouvons voir là autre chose qu'une véritable transposition; et, comme l'antériorité appartient évidemment à la déesse égyptienne, il est impossible de se fonder sur Tassimilation avec Athènê pour la faire venir, comme elle, de Libye.

Creuzer (II, 727) dit que la Neith-Athènê de Sais était née du sein des eaux , aussi bien que la Pallas du lac Triton. Et il s'appuie sur l'autorité de Cicéron, De Natura Deor. III, 23: Minerva secunda, orta Nilo, quam i£gyptii Saïtae colunt. Clément d'Alexandrie appuie ce témoignage, lorsque, raillant la multiplicité des dieux païens, après avoir constaté qu'il y avait trois Jupiters, il ajoute (Strom. p. 8): eU) ie 6î irivTe ^Aê^ivciç ùirorlêeyrxi ^ rîfv

1) Pictet, Les orîg. indo-enrop. III, 462, remarque qu'on trouve an nom cer^ tainement fort ancien de la mer dans Tirlandais triath, an génit. tréthan. Un rapport semble évidemment exister ici avec le Tpfruv grec, fils de Neptune et d^^Afe^/r^/rif , dont le nom se rattache k la même racine.

Suivant Preller, (Griech. Mythol., 126), Tpfrm personnifie la mer agitée, les eaux primitives, le vieil Océan d^où étaient sortis Tesprit, l'air et le cieL L'épithète de TptToyivti»^ donnée à Minerve, a dû signifier: née de TOcéan. Le nom de Triton, devenu celui de toute une troupe de dieux marins, fut appliqué également à des lacs et k des fleuves en Libye et en Grèce, et devint la source des légendes concernant Minerve et sa naissance. (Cf. aussi le dieu Trita , et le Traitâna du Rig-Veda, le Thraêtona de TAvesta, etc.)

Tout cela, on le voit, nous éloigne singulièrement de Neit, et les raisons se multiplient pour douter que le culte de Neit soit, comme on l'a prétendu, originaire de Libye.

2) Beulé, Acrop. d'Athènes, I, 13: «Les faits déclarent que le culte de Minerve était passé d'Afrique en Grèce».

fifhf 'H^ttl^TW Tii¥ ^Atnvalav^ r^v 32 'SfiKûv rifv Alytutrlxv ^ rpl* Tfiv Tov Kpivov^ riiv iroXit^ou sùpiriv ' reripr^v J^ïhç^ l}v yis^ilivm KofiÊ0m^I»v âri rtjç {Antpl^ iitixinXiiKûanv * iir) Ttàfri ^ r^v II^A- XavTû^ «ni TtT^viio^ t#< lïuêxwv * ^ rhv TrotTip» iwrvs^S^ x«- TM^i^'Mam , r^ warpitfi HënéiTfiviTat ïipfxan , ôfrTtep xaili^. Ces ren^ seignements, de date récente, ne peuvent nous fournir de grandes lumières sur l'origine ni sur le rôle d'une déesr>e si ancienne.

Il faut donc chercher d'autres raisons plus solides de Tassimilation de Neit et d'Athênê ^). Nous les trouvons dans la ressemblance de plusieurs de leurs attributs et de leurs fonctions, et c'est là certainement ce qui avait décidé Hérodote, Platon et les autres écrivains grecs à les confondre dans une personnalité unique.

Elles paraissent avoir eu Tune et l'autre un double caractère et, par suite, deux grandes classes d'attributs: on les donne volontiers pour des divinités guerrières, (Pi\ové\€fÂOt , et cependant d'autre part elles président non moins souvent aux arts de la paix.

Nous Savons constaté pour Neit, qui, fréquemment représentée avec un arc et des flèches, semblait par cela même se complaire dans les travaux guerriers. C'est là peut-être une simple erreur populaire, même en Egypte, les flèches étant comme nous l'avons dit, le symbole du rayonnement solaire que personnifient les déesses ; mais c'était une erreur fort répandue , et nous en voyons la preuve lorsque nous rencontrons, dans des sculptures du temps de la 48« dynastie, Neit placée derrière le roi et lui apprenant à tirer de l'arc.

D'un autre côté, nous savons que Neit passait pour avoir inventé le tissage, et qu'un des déterminatîfs les plus ordinaires ajoutés à son nom semblait être une allusion permanente à cette

1) Cette identification paraissait si bien établie qa*'Adjfv£ elle-même était désignée, nous l'avons tu, par le nom de la ville de Neit. Et il en aurait été de même en Egypte, diaprés Charas de Pergame (Fragm. bistor. grœc. Itl, 639, 11): 2i/ç Je xar' Aïyv^riovç m 'AôifvS Kéyerau, ëç ^9t Xéptt%,

légende; san» parler des ateliers de tissage, qui faisaient partie de son temple *).

Or, Minerve était aussi une guerrière. Elle avait tué Encelade et les Gorgones; dans l'Iliade, elle combat de sa personne. En Libye, les jeunes filles du pays se livraient chaque année en son honneur une bataille réelle ou simulée (Hérod. IV, 480). Dans la Grèce propre, elle portait le surnom d^'Apêl». On lui attribuait les victoires sur les Mèdes, et elle les avait combattus, disait-on, armée de la lance et du bouclier (de là Tépithète de Tpéf^axo^)» Elle était aussi TroXlctç <i 'JtoXiotJXO^ 9 veillant sur l'existence et la fortune des cités , et viwli^opoç. La grande statue, que l'on voit sur ceilaines monnaies, dominant les murs de l'Acropole, la montrait dans ses fonctions de combattante et de protectrice.

Mais elle était en même temps fiouXxlx^ iyopxlx^ inspirant l'éloquence aux orateurs et la sagesse aux hommes politiques; vytelxy déesse de la santé; surtout ipyivvj, ouvrière, et comme telle, dirigeant, surveillant tous les travaux des femmes. Elle présidait aussi aux travaux des hommes, à certaines parties de l'agriculture, en Béotie par exemple sous le nom de Bouielx, Boapfilx; etc.

Ainsi, dit M. P. Decharme, (Mythol. de la Gr. ant. p. 85), elle personnifiait «le travail inventif de l'esprit dans ses applications les plus diverses, les mille ressources de l'intelligence hellénique, son activité curieuse, ses recherches infatigables. Elle était la déesse fmx^vîrtç^ dont Ulysse, le héros intelligent et TO>^vfAiix»voç j est le favori, parcequ'il en est la plus parfaite image».

Les fonctions de Neit sont moins nombreuses sans doute et moins variées. Mais les principales concordent d'une manière assez frappante avec celles de la Minerve athénienne , pour que les Grecs, faciles aux rapprochements, en vinssent bientôt à ne faire de ces

1) Il y avait da reste de semblables ateliers attflchés à an grand nombre, si non k la plupart des temples égyptiens.

deux déesses qu'une seule personne, connue sous des noms différents. Si l'ancienneté , en matière de religion , est un titre de plus, leurs jeunes dieux ne pouvaient que gagner à se confondre avec les vieilles divinités de l'Egypte, dont les temples comptaient déjà par milliers les années de leur existence.

En ce qui concerne Neit et Athênê, on a relevé d'ailleurs des ressemblances de détail vraiment singulières. Charax (ap. scol. Aristid, p. 95) rapporte par exemple qu'à Athènes dans l'Acropole Minerve était représentée assise sur un crocodile, pour marquer qu*elle était venue d'Egypte, De ce groupe extraordinaire on pourrait rapprocher les statuettes, que nous avons signalées plus haut où Neit est figurée allaitant deux crocodiles. Assurément, les deux symboles différaient essentiellement et pour la forme et pour le sens. Il s'agit probablement pour Neit d'exprimer son rôle de mère et sans doute de mère d'un dieu solaire. Pour Athênê, rien de pareil. Mais des ressemblances de cet ordre devaient frapper les voyageurs qui visitaient les deux pays et qui voyaient les choses surtout par l'extérieur, sans se préoccuper de la signification des symboles.

On pouvait apercevoir un rapprochement de plus dans les courses aux flambeaux célébrées à Marathon et à Corinthe eu l'honneur de la déesse 'EAAwt/ç (Cf. la fête des lampes, à Sais et dans toute l'Egypte) 1).

L'énumération de ces diverses analogies suffit à montrer comment les Grecs d'abord furent amenés à identifier Neit et Athênê, Quant aux Egyptiens, ils prirent aisément leur parti de ces assii milations plus ou moins justifiées, assurés qu'ils étaient que la priorité ne saurait être disputée à leurs dieux. Il ne leur déplaisait point de voir ce peuple jeune mêler son propre Panthéon au leur : car si l'on avait voulu disputer des origines, forts de leurs annales écrites et gravées dans les temples, et qui remontaient.

1) A Ilium novam, on voyait, sur certains monuments, V'Aôvivij "lA/o^ç ou Ilieia tenant un flambeau à la main.

d'après Platon, à dix nulle ans m moina arrière, ils auraient confondu sans peine les naïves prétendions de leurs adversaires. C'ewt ce que les prêtres de Thèbes avaient fait pour Hëeatée de Milet, au rapport d'Hérodote, et, si Ton en croit le poétique récit du Timée, Solon n'aurait pas ii>èine tenté de eontealer les alertions des prophètes de Sais.

NEIT ET ANAIT.

Hyde, le célèbre orientaliste du XVIIe siècle, est le premier, croyons-nous, qui voulant voir dans Neit une Vénus plutôt qu'une Minerve, ait prétendu la comparer avec l'Anait des Perses (Histor. religionis veter. Persar. III, p. 92.) Jablonski (Panthéon , 55 — 56) proteste avec raison contre cette assimilation invraisemblable, adoptée aussi par Roland.

Bunsen a repris cette comparaison erronée, et il pense que l'Ânait adorée dans toute l'Asie^) (Tanait, avec la préfixion de l'article féminin), est la même que Neit; que les Grecs , en faisant précéder le nom d'un a prothétique , sont arrivés ainsi à ATENAID, ÇAêifvxîSo^ , génit. de *Aê}ivxiç), puis qu'ils ont abrégé en ATHENA, avec '*' sur la dernière syllabe à cause de l'abréviation (Bunsen, V, a, 22). Il appuie ces données sur la vieille tradition, citée par Philon, d'après laquelle la déesse ^Atvivi venait de Phénicie. «Le déterminatif hiéroglyphique de Neit est, dit-il, la navette, ou simplement la bobine du tisserand , parceque celle-ci s'appelle aussi NT. Mais il n'est pas prouvé que Neit soit quelque part mise en rapport avec le tissage. Il faut donc chercher si le sym-

1) Cette déesse était yéritablement représentée en Egypte par Anta, (la même que la déesse syrienne Qadeâ , et que Ton voit représentée sur un certain nombre de stèles, par ex. Louvre, C, 86. (V. ci-dessons, p. 248).

bole vient réellement de cette occupation domestique, ou de l'idée cosmogonique *) , qui est toujours prédominante dans la mythologie Phénicio-Kadméenne.

«Tout ce que nous savons de l'Asiatique Anaitis-Teneth porte un caractère hautement cosmogonique. En outre, dans les mythes de Kadmos, la figure de la trame cosmique, du tissu de la création, est primitive et essentielle. Mais les mythes Kadmiques et tous les mythes Helléniques qui s'y rattachent, sont complètement phéniciens:».

Pour admettre que Neit puisse être la même déesse que l'Anaïtis asiatique, il faudrait découvrir entre l'une et l'autre des rapports essentiels, et ce que nous savons de chacune d'elles les oppose, au lieu de les rapprocher.

L'Anaïtis d'Arménie (= Anahid de la Perse) est, âîi'G'euzer (Relig. de l'antiq. II, 76) une grande déesse de la nature, régnant aux cieux, et représentant l'étoile du matin. Elle se distingue entre toutes par la lichesse et l'éclat éblouissant dé son culte; elle préside à la volupté. Les principaux du pays prostituent leurs filles dans son temple. C'est donc une Vénus, et elle rappelle la Milytta de Babyloce. Son culte était répandu en Asie-Mineure, dans les deux Comana (de la Cappadoce et du Pont), et il avait un caractère très marqué de fanatisme orgiastique.

Guigniaut, (Notes du même ouvrage, II, 3® part. p. 952) la compare avec Alilat d'Arabie, avec l'Astarté syro-phénicienne , Athara, Atergatis, Derceto, Artimpasa de Scythie, Démêter-Maia, la Grande Mère de Phrygie, avec l'Artémis Taurique, etc.

Nous ne voyons rien dans tout cela qui ait véritablement le moindre rapport avec la déesse de Sais, sauf peut-être une certaine ressemblance de nom. Mais, lorsque les attributs, les fonctions divines, les détails du culte différent entièrement, il est difficile de fonder une identification sur des bases aussi peu solides.

1) Nous croyons avoir élucidé ce point dans nos recherches précédentes (V. le chap III, 2e partie).

Mo vers (Phcmiz., ï, 606, sqq. , 616, sqq.) croit qu'Aiiaïtis = TAstarté phénicienne, la grande déesfse de Sidon et de Carthage, et qu'elle est, comme celle-ci, originaire de la haute Asie, soit de nom, soit d'idée. Elle est l'Artemis persane, et avant tout, elle est assjrrienne. Son nom, Tanaïs, Tanaïtis, sous la forme Tanit, se retrouve à chaque instant dans les inscriptions puniques, associé à celui de Baal-Chamon, par suite de l'influence religieuse que les peuples de la haute Asie exercèrent sur les peuples sémitiques dès les temps les plus reculés.

Admettant cette identité, Movers rejette d'abord l'origine égyptienne dérivant le nom de celui de Neit, et nous pensons qu'il a absolument raison. Il cite les passages anciens qui rapportent unanimement cette divinité à la Perse, et même celle de Lydie et d'Arménie.

Il estime que le rang de grande déesse assimilée à Artemis ou à Athênê, qu'elle occupa chez les Perses, elle l'avait déjà chez les Assyriens et qu'elle y était associée à leur Hercule-Sandan ou Sandaka, comme chez les Phéniciens elle était associée, en qualité de Melechet, ou reine, à Moloch, le roi (= Melkarth et Baal-Chamon).

Elle se répandit en occident par les conquêtes des Assyriens, et régna des frontières de l'Inde jusqu'à l'Asie- Mineure , à la Palestine et à l'Afrique. Movers incline même à la retrouver dans la Thana d'Etrurie, comme dans l'Athana ou Athêna grecque.

Quant à la Neit égyptienne, il finit (nous citons le résumé de Guiguiaut) par l'envelopper dans la même dérivation générale, au moyen de Nit-ocris, reine égyptienne, mais aussi reine de Babylone. Il y soupçonne un type mythologique, une Sémiramis, une déesse guerrière, androgyne même, comme le fut certainement la Neit d'Egypte, comme pouvaient bien l'avoir été Tanaïtis et Astarté, aussi bien que Cybèle et la Diane d'Ephèse.

Movers reconnait du reste que l'Anaïtis de Perse et d'Arménie, et aussi bien T Astarté phénicienne, offrent des conti*astes frappants de pureté et d'impureté, d'énergie belliqueuse et de volupté sans

frein. li a recours, pour s'en rendre compte, à la faskm de deux déesses en une seule , d'une déesse lunaire, qui est proprement Astarté ou Anaïtis, TArtemis ou la Minerve assyro-perse , avec la déesse de la planète Vénus, avec la Mitytta de Babylone et la Baaltis de Syrie, assimilée à Aphrodite o« à Dioné.

Et cette fbsion, il Texplique par le mélange des religicms sémitiques et des religions de la haute Asie, par suite des conquêtes successives des Assyriens , des Mèdes , des Chaldéens et des Perses... De là Tanaït à Babylone, en. Arménie, en Lydie, devenue une véritable Milytta, une reine de volupté, exigeant de ses hiérodules le sacrifice de leur vertu et s'appropriant la fête licencieuse des Sacées, dans son alliance avec le dieu Sandan, qui est celle d'Omphale et d'Hercule. Même sur la Tanaït de Sidon et de Carthage, dit Movers, même sur celle de la Perse ^ le culte dissolu de Milytta étendit accidentellement son influence: car, durant la fête des Sacées au moins, Tanaft était adorée en qualité de Milytta, la déesse carthaginoise, la même que Didon en qualité d'Anna ^).

M. de Vogué a publié, dans ses Mélanges d'archéologie sémitique (p. 41 et suiv.) une étude intéressante et approfcmdie sur

la déesse Anat^ qu'il considère comme T;;^^ A fJ Pn ^P*^®^^^ appelée aussi QadeS et Ken^ mais qu'il ne rapproche point de Neit. Cette Anta ou Anata prend des aspects très divers, suivant les pays où elle est adorée. Ici elle est belliqueuse, farouche et chaste, comme la Diane persique et l'Artemis taurique. Ailleurs, en Cappadoce et en Syrie par exemple , elle est voluptueuse, lascive et on se livre dans ses temples à toutes sortes de pratiques obscènes.

Neit, on l'avouera, n'a décidément rien de commun avec cette divinité d'origine tout asiatique, aux mille formes et aux noms si variés, dont le culte en somme a pour trait le plus ordinaire

1) Voir tout le détail de cette discussion, dont nous avons reproduit textuellement les passages essentiels, dans Orenzer-Guignicutt, loc. cit.

un dëchaînement etYréné des voluptés les plus licencieuses. Rien de pareil n'apparaît, à aucune époque, dans ses temples, et les mystères nocturnes célébrés sur le lac de Sais ne semblent point avoir donné lieu à des cérémonies orgiastiques. Il faut donc abandonner définitivement une assimilation qui ne repose, en somme, que sur une certaine consonnance dans les noms propres, et renoncer à mettre en parallèle deux personnifications, dont les origines sont entièrement différentes, dont les rôles n'offrent que des analogies lointaines. Peut-être, après les invasions répétées et les nombreuses conquêtes auxquelles l'Egypte avait été en proie, lorsque les religions se furent jusqu'à un certain point pénétrées et que le fusionisme eut commencé à fleurir, peut-être alors, mais alors seulement arriva-t-on à rapprocher des types si dissemblables et à faire entrer même dans le culte de Neit quelques pratiques, qui en modifièrent la physionomie.

Mais cette corruption de l'idée primitive ne dut se produire que fort tard, si on considère l'ensemble historique de la religion égyptienne; et il serait souverainement injuste, en tout cas, d'en vouloir faire remonter la responsabilité jusqu'à un passé, qui n'a réellement rien à y voir.

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