II
2) Hérodote^ III, 27 rapporte qu'elle était possédée de son temps par des Samiens de la tribu iEschrionie. V. les commentaires de Letronne, dans son Mém. sur la civilis. égypt.
3) Hérod. II , 178. — Cf. Strahon , 681 : T/Jva'ccvrtç M H^aizfurfxov rptÂKovrct Mt^Jio'tot (x«rà Kvoi^àpij è* oTtoç ^v to» Ml^dov) xdrso'xov tîç rd vrôiict rô BoX^frtvov^
vofidvj KOtretvxviJUtx^^^^'^^i ^Iv^potv^ 'éxrto'av ISctÔKpurtv ch T0A^ r^c S;^ed/«ç V^tpôsv, Hérodote , II , 97 et 98 , parle de deux villes situées entre Canope et Naucratis, dont les noms, Anthylla et Archandropolis , semblent indiquer qu'elles étaient aussi des colonies grecques.
pour résidence à ceux qui venaient en Egypte la ville de Naucratis. A ceux qui n'avaient pas dessein de s'y fixer et se bornaient à trafiquer par mer, il donna des emplacements où ils pussent ériger des autels et des temples. Le plus jgrand de ces enclos sacrés, le plus célèbre, le plus fréquenté, celui qu'on appelle Hellénium, a été bâti en commun par les Ioniens de Chios, de Téos, de Phocée et de Clazomène, par les Doriens de Rhodes, de Cnide, d'Halicamasse et de Phasélis, et par les Éoliens de la seule Mitylène .... En outre , les Éginètes ont construit le temple de Jupiter, les Samiens celui de Junon, les Mil&iens celui d'Apollon.» Cette simple énumération fait bien voir avec quelle avidité les Grecs de toutes races avaient saisi l'occasion de s'introduire en Egypte.
Elle montre également que les Pharaons, en les admettant dans leurs états, leur avaient accordé le libre exercice du culte hellénique. Dans le principe, les commerçants grecs étaient strictement réduits au seul marché de Naucratis. «Si quelque navigateur remontait une autre branche du fleuve il devait jurer que ce n'était pas volontairement. Après ce serment , il fallait qu'il gagnât par mer la bouche Canopique. Si les vents contraires s'y opposaient, on l'obKgeait à conduire sa cargaison sur des barques à travers le Delta jusqu'à Naucratis»^). Mais, sous un prince philhellène comme l'était Amasis, la tolérance devait bientôt se changer en faveur, et on oublia peu à peu les restrictions apportées d'abord au commerce des Grecs. Amasis faisait tout pour se concilier leurs sympathies. Il avait à cœur d'honorer les dieux helléniques; il contribuait, par un don de mille talents d'alun à la reconstruction du tem-
i) Hérodote, II, 179.
pie de Delphes, détruit par un incendie; il épousait une femme de race grecque, Ladice, fille d'un personnage considérable de Cyrène; il consacrait des offrandes en Grèce, envoyait à Cyrène, à lindos des statues de Minerve, qu'il se plaisait évidemment à confondre avec Neit, la patronne préférée des Saïtes; à Samos, en l'honneur de Junon, deux images en bois, le repr&entant lui-même, et qu'Hérodote dit avoir vues derrière la porte du grand temple. H préférait pour ses gardes du corps les Ioniens aux Calasiries et aux Hermotybies, qui jouissaient autrefois de ce privilège. H donnait à ces soldats étrangers des terres sacrées appartenant aux temples, et méritait ainsi les anathèmes des prêtres, qui protestaient, au nom des dieux indigènes, contre ces largesses impies. Ainsi prévenu en faveur des Grecs, il devait nécessairement leur faciliter la navigation dans les eaux ^ptiennes, leur ouvrir ses ports et lever toutes les difficultés qui pouvaient s'opposer à l'importation de leurs produits.
Saïs parut être alors non-seulement le principal centre politique, mais aussi la capitale intellectuelle du haut et du bas pays. Voisine de Naucratis, bâtie à peu de distance de la même branche du fleuve, elle recevait la première visite des étrangers venus par mer des contrées du Nord , et les immigrants arrivant de la Libye ou même de l'Orient ne descendaient point au cœur du pays sans avoir admiré une ville si célèbrie. Elle fut ainsi, et trois cents ans plus tôt, comme une première Alexandrie, une Alexandrie avant la lettre, non pas aussi cosmopolite assurément, mais déjà hospitalière, portée à la tolérance, au syncrétisme, par l'échange des idées et par la comparaison des mœurs ; moins exclusive en ses croyances, d'un caractère moins purement %yptien que Thèbes ou Héliopolis.
Les alternatives de grandeur et de revers, que nous avons brièvement rappelées, avaient produit de grands déplacements de peuples , et le Delta avait vu s'établir , au milieu de ses villes innombrables, à la fois des exil& et des conquérants. Après la chute de Samarie et les guerres de Sargon, nombre de Juifs et de Syriens s'étaient réfugiés au-delà de l'isthme^). Quant aux Grecs, ils étaient désormais chez eux sur les bords du Nil, et nous voyons, dans la Chronique démotique de Paris, les patriotes égyptiens se plaindre amèrement des faveurs accordées aux mercenaires de race hellénique^).
Lorsque les Perses remplacent les Assyriens dans la domination de l'Asie, lorsque Cambyse à son tour est devenu maître de l'Egypte, il se montre d'abord respectueux des coutumes et des croyances de ses nouveaux sujets. Plus tard seulement, après l'échec misérable de ses expéditions contre la Libye et l'Ethiopie, il assouvira sa colère en exerçant sur les dieux mêmes des vengeances sacrilèges.
Saïs fut atteinte comme les autres et elle ressentit le contre-coup de cette rapide conquête*). Le grand temple
de Neit perdit une partie de ses revenus M \ Les
4) Maspero^ hist. anc. 2e éd. p. 533.
2) Révillout, Revue égyptol. T. I.
3) Hérodote^ III, 46, assure que Cambyse, avant son expédition contre les Ammoniens et les Libyens, viola la sépulture d'Amasis, en retira le cadavre, et, après l'avoir accablé d'outrages, le fit bigler. Ce récit s'accorde assez mal avec la conduite modérée de Cambyse au début de la conquête , et Letronne , dans son Mémoire sur la civilisât, égypt , a montré que les prétendues dévastations commises en Egypte par les Perses avaient été fort exagérées. Cependant les violences exercées à l'égard d'Amasis s'expliqueraient par le ressentiment que Cambyse nourrissait contre lui, Amasis ayant envoyé en Perse la fille d'Apriès, au lieu de la sienne propre.
collèges de scribes furent dispersa. Des étrangers s'installèrent effirontement jusque dans le sanctuaire de la grande déesse. Us élevèrent des maisons, des clôtures dans Tenceinte consacrée. Les fêtes durent cesser pour un temps d'y être célébrées aux jours fixés par le calendrier religieux. C'était la loi de la guerre.
Toutefois les Saïtes soufl&irent moins que les autres dans la «très-grande calamité qui se répandit sur la terre entière» ^). Ils furent redevables de cette clémence relative
au grand-prêtre Hor ufa 1 "^ n , qui trouva moyen de
pénétrer très avant dans la faveur de Cambyse, et plus tard de Darius. Hor ufa se vante d'avoir sauvé ses compatriotes, d'avoir rendu aux temples leurs biens, aux prêtres le libre exercice de leur culte «arraché le faible de la main du fort, donné des tombeaux à ceux qui n'en avaient pas, rétabli leurs maisons, fait tous les biens comme un père agit envers son fils, rétabli quantité de collèges d'hiérogrammates» , rendu leurs enfants aux études, aux travaux de leur condition, en un mot d'avoir restauré, dans son intégrité première, le territoire sacré violé par les envahisseurs.
Tous ces détails nous sont fournis par la statue naophore du Vatican, dont nous ne faisons qu'analyser ici la partie historique et sur laquelle nous aurons à revenir longuement dans la suite de ce travail.
Remarquons du reste qu'elle n'accuse pas les Perses d'avoir dévasté, ruiné les temples ni la ville, qui ne se trouvait pas tout à fait sur la grande route de l'invasion*).
4) Inscr. de la statue naophore du Vatican.
2) Pour les Asiatiques, venant de Tisthme de Suez, et qui devaient, après avoir pris les places fortes du N. E., mai-cher au plus vite sur Memphis, elle n'était pas sur le chemin direct. On ne devait l'occuper
Les désordres qu'elle constate sont la conséquence naturelle de la défaite et de l'occupation, et ils furent bien vite réparés, grâce à la protection du personnage qui a composé en son propre honneur cette inscription dithyrambique.
Sous Darius I, sous Xerxès et Artaxerxès I, l'Egypte tente de secouer le joug; puis, sous Darius Nothos , elle parvient enfin à s'affranchir.
Trois dynasties nationales, toujours originaires du Delta, se succèdent non sans gloire, et les deux Nectanebo couvrent le pays de constructions splendides, jusqu'au jour où Darius Codoman reprend définitivement l'Egypte, qui passe de ses mains dans celles d'Alexandre.
que parceque sa citadelle pouvait offrir un centre de résistance aux troupes indigènes, et pour assurer la soumission totale du pays. M. de Rougé (Mém. sur la Stat. naoph.) remarque que, les grands bâtiments de Tenceinte offrant des logements commodes pour les troupes, les Asiatiques y avaient construit des quartiers pour leura soldats, et que le bassin circulaire présentait des avantages tout particuliers pour la cavalerie.