‹ Le culte de Neit à SaïsChapitre 9 sur 25 · Enceinte générale de l'Hiéron · texte numérisé non relu

Enceinte générale de l'Hiéron

vue pittoresque, reproduite d'après une peinture à l'aquarelle, qu'on retrouve sous forme de dessin en noir, dans le livre illustre de M. Ebers.

Celui-ci renferme une brillante description de Sais, à laquelle nous renvoyons le lecteur, ne pouvant, à notre grand regret, la citer ici tout entière. Après avoir retrace, en quelques traits éloquents , l'histoire de l'ancienne métropole du Delta, l'auteur établit une comparaison pleine de mélancolie entre les grandeurs du passé et la. misère du présent. «Jamais, s'écrie-t-il, la prospérité matérielle de l'Egypte, jamais le nombre de ses villes et de ses habitants n'a été porté aussi haut qu'il le fut sous le règne de cette djmastie Saïte, amie des Grecs. Mais depuis? .... Un sentiment d'épouvante glace notre sang, quand nous jetons les yeux sur les plaines d^rtes et sur les misérables ruines grises qui nous entourent» *).

Comme on vient de le voir, la plupart des voyageurs qui ont parcouru l'emplacement où se trouvait autrefois Sais, ont exprimé l'idée que des fouilles habilement dirigées produiraient certainement une abondante récolte. Les faits, malheureusement y ne leur ont pas donné raison, jusqu'ici du moins. Mariette, le grand explorateur, qu'une sagacité et une persévérance rares ont amené à faire tant et de si importantes découvertes, essaya à plusieurs

1) G. Ebers ^ L'Egypte, trad. par Maspero, 2 v. in-fol. I, p.78et8uiv. Dans un ouvrage , qui a obtenu un légitime succès , « La fille du Pharaon», M. Ebers, empruntant la forme du Roman, a' essayé, comme il le dit lui-même, «dé reconstruire en esprit Sais, disparue pour jamais de la terre, telle qu'elle était au temps de sa splendeur, de repeupler ses temples de prêtres et d'animaux sacrés, ses rues d'hommes, ses palais de princes et de nobles. » Ce livre , où l'imagination est admirablement servie par une sdence profonde de la vie et des choses de l'Egypte ancienne, lait un remarquable pendant au roman de Otuirda^ dans lequel l'auteur met si ingénieusement en scène l'action du Poëme de Pentà-ur.

reprises de remwr ce sol encombre de ruines amoncelées. Il «ne réussit pas à lui airacher son secret; et, en présence du faible résultat que ses travaux avaient produit, il désespém bientôt d'arriver à un but, qu'il lui semblait impossible d'atteindre.

Au commencement de la lettre adressée du Caire le 20 décembre 1860 à M. E. de Rougé, et oii il fait connaître l'état présent de ses fouilles, il dit: «Ma seconde tournée dans le Delta, et particuUèment dans FBst de la Basse- Egypte, vient de s'achever, et je rentre au Caire, laissant derrière moi des ateliers, qui ont fonctionné ou qui fonctionnent encore, sur les sept points suivants: Saïs, Tanis, Thmuis, Cynopolis, Bubastis, Athribis et Héliopolis. » Mais la lettre elle-même roule tout entière sur les découvertes considà^ables et tout à fait inattendues qu'il était en train de faire à Tanis, et qui, comme on le pense bien, absorbaient alors soQ attention tout entière. Aussi n'est il pas autrement question de Sais. Dans le Mémœre adressé par lui en 1879 à l'Académie des Inscriptions, où il trace un plan d'ensemble des recherches qu'il conviendrait d'enteeprendre ou de continuer avec le plus de soin dans la vallée du Nil, Saïs n'est pas même nommée. C'est que les fouilles déjà faites n'avaient point été fructueuses, et Mariette, passionnément captivé par les travaux qui répondaient à son attente ou la dépassaient, gardait quelque ressentiment pour ceux qui l'avaient trompée. Voilà pourquoi SaÏ5 n'est représentée dans l'inveutaire général de ses fouilles que par un sarcophage de serpentine verte, destiné à là sépulture d'un gardien des portes de la ville, Apriès ^). D'ailleurs , dans ce terrain d'alluvion , humide et

1) On a trouvé, il y a quelques années, dans les niines de Saïs, une collection assez i^iportsytite de bijoux d*or, d'époque romaine, dont on peut

changeant, qui forme le Delta tout entier et en particulier les environs de Saïs, il serait téméraire de compter sur des trouvailles comme celles que l'Egypte méridionale réserve aux explorateurs. Cependant, et quoique les tentatives de Mariette soient demeurées vaines, faut-il renoncer complètement à déterminer avec quelque certitude l'emplacement des édifices signalés et décrits par Hérodote? Mariette sans doute était un admirable chercheur; il avait la divination, le flair, et au besoin une patience obstinée. Mais sur quelques points il avait des idées préconçues et l'événement a démontré son erreur. Les anciennes pyramides royales, par exemple, il les croyait dépourvues de toute sculpture à l'intérieur, et, prévenu de cette idée, il avait toujours différé à les ouvrir. Il a pu vivre assez cependant pour en voir au moins une fournir à M. Maspero une série abondante de textes religieux, et les autres, explorée^ après lui, ont été trouvées également toutes couvertes d'hiéroglyphes. Nous n'osons pas nous flatter que Saïs dut fournir une moisson aussi fructueuse; nous regrettons néanmoins que ses ruines n'aient pas été plus sérieusement interrogées.

L'enceinte existe et on en peut suivre encore tout le développement; la position du lac se détermine d'elle-même et sans discussion. Avec les indications d'Hérodote et celles des documents égyptiens, il semble que des fouilles persévérantes devraient faire retrouver tout le reste.

voir la description détaillée dans l'ouvrage de Mariette: Notice des principaux monuments du Musée de Boulaq, p. 269. Elle se compose de cinq bracelets , formés de deux ou trois tours massife d'or , en forme de serpents ; — une sorte de bandeau , coupé en forme d'ovale , dans une feuille d'or, avec une tète de Grorgone au centre , et qui devait servir d'ornetnent de tête ; — une chatne d'or , de travail médiocre ; — deux ornements, d'usage douteux.

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