ALLEMAGNE, EGLISES, CHAPELLES
Enl312, Schmiedelberg voit s'élever sur une colline de deux cent cinquante à trois cents pieds, une chapelle avec une tour.
En 1320, le chœur de la cathédrale de Cologne réprésente dans ses fresques toute la légende de la Vierge, en y comprenant, au début, celle de ses bienheureux parents. On y reviendra.
En 1321, l'évêque Othon II construit dans le cloître de la cathédrale d'Hildesheim un oratoire gothique qui subsiste encore. Le rosier de trente pieds de hauteur qu'on remarque tout auprès fut planté, selon la tradition, par Louis le Débonnaire.
La même année voit se construire à Ausgbourg ime chapelle de CarméUt€s qui sera plus tard une grande église , et qui est maintenant un temple protestant. On le dit le plus fréquenté de la ville, ce qui ne nous empêche pas, évidemment, d'en regretter la perte. La voûte date de 1447, le clocher de 1602. Son architecture n'a rien de très remarquable, mais certains objets d'art méritent l'attention, comme par exemple les tableaux de Lucas Cranach et de Ulrich Mayer.
Le xve siècle où nous entrons maintenant est une époque de plein développement pour le culte de sainte Anne. Nulle part les discussions qui prirent naissance alors sur l'immaculée conception de la sainte Vierge, ne furent plus vives qu'en Allemagne, et la légende de notre Sainte dut à cette circonstance en particulier, de se répandre dans les foules et d'atteindre a peu près tous les individus.
Une revue allemande, Der Katholik, a publié en 1878 un long article intitulé précisément : " La dévotion à sainte Anne au quinzième siècle, " belle étvde que nous avons déjà exploitée et qui nous aidera encore ici, sans exclure toutefois les autres sources d'infonnation ^o.
En 1404, une chapellenie est fondée dans une église dite de Saint-Wigbert, dépendante d'un monastère cistercien, au diocèse de Mayence.
En 1424, Hamme, ville de WestphaUe, érige une confrérie et institue une messe pour le mardi de chaque semaine. C'était le jour consacré à samte Anne ■comme le samedi l'était à la sainte Vierge, " en quoi, dit un intéressé, la France, ritaUe et toute la chrétienté a imité l'Allemagne. "
En 1428, les Dominicains de Mayence organisent ime association analogue et c'est celle qui existe encore aujourd'hui sur la paroisse de Saint-Emmeran.
En 1434, une chapelle est construite en hors-d'œuvre sur l'église Saint-Martin à Brunswick. De nos jours, elle a été richement décorée à l'intérieur et à l'extérieur, et les trumeaux de l'arcature sont tous ornés de statues.
En 1449, selon quelques auteurs, plus tôt selon d'autres, le Dôme d'Aix-la- Chapelle, s'enrichit de sa chapelle Sainte-Anne, considérée de nos jours comme un chef-d'œuvre du genre gothique flamboyant. Encore aujourd'hui, la Sainte est la patronne d'une des confréries de la cathédrale, et sa statue, une superbe statue en pierre, apparaît dans une niche très belle à l'extérieur du monument. — Dans la même ville, l'église et le couvent de Samte-Anne autrefois occupés
228 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)
par des Bénédictines furent cédés en 1802 aux protestants pour leur service religieux et scolaire.
En 1463, une confrérie s'établit à Wimpsen, diocèse de Worms ; une autre en 1481 à Francfort, et cette dernière bâtit une chapelle pour abriter des reliques venues de Lyon et placées dans une monstrance en argent, achetée par les confrères ; c'est pour elle que l'abbé Trithème, le grand dévot de sainte Anne, écrira plus tard son De Laudibris.
Une autre relique est alors en grande vénération chez les Dominicains de Cologne. C'est un doigt entier de sainte Anne, " encore recouvert de sa chair,"' précieux présent offert en 1478 par un couvent de Pérouse».
En 1484, à Kempen, les tertiaires de saint François dédient leur chapelle à sainte Anne, et la même année, Osnabruge établit une confrérie.
En 1487, les Franciscains de DjTstein, près Cologne, mettent leur couvent sous la protection de la Sainte.
Nous retrouverons en son temps le remarquable ouvrage de Schreiber sur l'ancienne imagerie ou gravure allemande, et pour l'instant, nous reproduisons telles quelles ces précieuses lignes d'information : " Anne vénérée en Allemagne surtout depuis 1494 comme patronne contre la jieste, après que l'Electeur Frédéric le Sage eût obtenu d'Alexandre II une bulle d'après laquelle sa fête devait être au nombre des plus grands jours de fête. "
En 1496, la confrérie de Worms se fait consti-uire une chapelle près du couvent des Carmes. L'empereur Maximilien assiste à la cérémonie avec sa femme Anne de Bourgogne et d'autres grands seigneurs. Le comte Palatin fait po.ser par un de ses généraux la table de l'autel. Ils ont sans doute été convoqués par l'évêque Jean de Dalberg qui, en 1488, faisait peindre la généalogie du Christ avec cette
inscription :
Diva; Maria Dei Genitrici Venerandisque ejus Progenitoribus — 1488.
Le bon exemple porte des fruits, et la même année, une commune voisine de Worms, Gernshei, fonde aussi une confrérie, un Conrad Mey-sers lui donnant une maison avec ferme et jardin pour se créer un revenu convenable. Vers le même temps, les cisterciennes d'Oppenheim consacrent leur couvent h la Sainte et enfin, en 1499, Annaberg, près Chemnitz, fait don à sa patronne d'une grande église à beau portail sculpté. On y remarque aujourd'hui une chaire de 1522, cent bas-reliefs exécutés vers la même année par Théophile Ehrenfried, Jacobe Hellwig et Franz de Magdcbourg, en partie d'après les dessins d'Albert Durer ; de plus un maîtro-autel d'Adolphe Dowher, sculpteur d'Augsbourg, et im tableau do Matthias Griinewald.
A la fin du xv^ siècle, la confrérie de Coblentz, fondée par les secrétaires de l'archevêque de Trêves est déjîi très flori.<.sante, et elle prie l'abbé Trithème de lui composer une hymne en l'honneur de sainte Anne, à quoi il répond en 1500 par une séquence en vérité fort belle et que nous donnons ailleurs en appendice avec d'autres monuments littéraires vraiment dignes d'êtn' conscr\'és.