‹ Le Culte de sainte Anne en OccidentChapitre 113 sur 294 · ALLEMAGNE, DIVERS · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE, DIVERS

A mesure que nous avançons, églises, chapelles publiques, oratoires, autels se multiplient, sans parler des confréries, communautés religieuses etc., et l'appendice au présent chapitre en indique un bon nombre. Les dates de fondation nous manquent, mais la plupart de ces monuments sont antérieurs à l'an 1652 puisque, à cette date, un guide bien informé et très sûr, le franciscain Polius, de Duren, en fait mention. Pour les églises et chapelles publiques nommons Bamberg, Bâle, Dyrstein, Openheim, Dresde, Munich, Dusseldorf, Berlingen, Trêves, Marienburg entre Berlin et Kœnigsberg, Annaberg près Charlottenbrunnen, Reutte, au-dessous d'Augsbourg, Ruckers, Grusselbach, Gotthardts, Bachem, Badorf, Mulfingen, Fussen, Selfing près d'Ulm, Lubeck, Cologne, Heister près Linz etc. Quant aux autels, les églises de Cologne au X vii« siècle nous en offrent vingt-cinq à elles seules, soit entre autres : la cathédrale, Saint-Géréon, les Saints-Apôtres, Saint-Séverin, Saint-Cunibert, Sainte- Colombe, Saint-Martin, Saint-Laurent, Sainte-Brigitte, Saint-Pierre, Saint- Jacques, Saint-Jean, Saint-Paul, Saint-Pantaléon, Saint-Antoine, les égUses des Frères Prêcheurs, des Frères Mineurs, des Augustins, des Carmes, des Alexiens, celles des religieuses de Sainte-Cécile, de Sainte-Elisabeth, de Sainte-Claire, de Saint-Maurice, etc.

Signalons encore pour les villes les plus connues, la basilique d'Adenau, l'abbaye cistercienne d'Aldenberg, le monastère Saint-Thomas d'Andernach, le monastère Saint-Corneille près d'Aix-la-Chapelle, la chartreuse de Saint- Eberhard près Trêves, le couvent des Franciscains d'Eger aux confins de la Bohême (1416), Erpel, Erfurt, Notre-Dame et Saint-Pierre de Fulde, les Franciscains d'Halberstadt, la basilique Notre-Dame de Kempen (1516), les Bénédictins de Konigsdorpf, les Dominicains et les Carmes de Mayence, Esseren près Cologne, siège d'une confrérie dès 1501, Nuys, Osnabruge, Saarburg, Strasbourg, etc, etc. La plupart de ces autels appartiennent ou ont appartenu à des confréries.

Nous avons dû nommer au chapitre des ordres religieux des couvents d'Allemagne dédiés à notre Saiiite ; nous en avons cité quelques-uns tout à l'heure encore ; nous ajoutons ici pour compléter: les Clarisses de Lubeck (1502), les Franciscains d'Uhn, les Carmes de Schongau, une autre communauté à Lipstadt en Westphalie, et deux " chapitres de Dames, " l'un à Wurzbourg, l'autre à Munich, ceux-ci, il est vrai, de date plus récente.

Le chapitre de Wurzbourg doit sa fondation à la comtesse Anne Marie de Deruhach. Le testament par lequel elle léguait tous ses biens pour cet établissement reçut son exécution en l'an 1714. Les chanoinesses - car c'était le titre qu'elles devaient prendre - étaient obligées à la résidence, et les conditions d'admission étaient : la religion catholique, la descendance d'une noblesse immédiate, franconienne de préférence, huit quartiers, et l'âge de douze à seize ans. En 1844, le chapitre se composait, en outre de l'abbesse et des dames honoraires, de douze chanoinesses dites de première classe, et de vingt dites de seconde classe, toutes nommées par le roi. Elles portent une décoration que M. Wahlen reproduit dans son volume sur les Ordres de Chevalerie^.

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Nous empruntons au même ouvrage quelques détails sur le chapitre de Munich.

" Fondé en 1784, par Marie-Anne-Sophie, veuve de l'électeur Maximilien IV, il se composait de dix demoiselles âgées de plus de quinze ans, et prouvant seize quartiers; elles étaient assujetties à une vie commune, sous la conduite d'une doyenne, et à un office de chœur. Plus tard, la communauté de domicile fut abolie, et la jouissance des prébendes conservée à la titulaire même après son mariage. Enfin la disposition que les chanoinesses mariées conserveraient leur prébende pendant deux ans encore a été aboUe depuis le 14 novembre 1837. Aujourd'hui — l'auteur écrit en 1844 — le chapitre se compose de vàngt-cinq chanoinesses de première classe ( 800 florins ) et de quarante-deux de la seconde (400 florins). Un tiers de ces revenus a été réservé par le roi MaximiUen-Joseph ( 6 mai 1809 ) aux filles d'officiers.

" L'abbesse, une princesse de la maison royale, est aujourd'hui la princesse Aldegonde. Sur la robe noire qui forme leur costume, elles portent, les jours de fête, un long manteau de velours noir avec un capuchon bordé d'hermine il. cit., p. 35). "

Panégyristes.

De bonne heure, les panégyristes de la Sainte, hj-mnographes, poètes, orateurs, historiens, étaient entrés dans ce mouvement de dévotion, s'ils ne l'avaient pas eux-mêmes imprimé les premiers. Les hymnes liturgiques, les séquences, les grands offices rimes se multiplient, car la fête s'est peu à peu répandue partout, et merci aux dévoués collectionneurs qui nous ont conservé ces pieux souvenirs d'antan : Bahnghem, Daniel, Dreves, Klemming, Mone, Wackemagel, Zabuesnig.

Sans écrire pour les livres d'heures, d'autres poètes ne paraissent pas moins pieux ni moins bien inspirés. Au dernier quart du xv^ siècle, Rodolphe Agricola, " la grande lumière de l'université de Heidelberg, " comme dit Thomas de Saint-Cyrille", brille au premier rang des professeurs humanistes. Il réunit toutes les connaissances classiques ; il fait si bien les vers que ses contemporains le comparent à Virgile ; il est admiré, même en Italie, pour son latin. Il sait l'hébreu et traduit les psaumes. D'ailleurs il cultive la philosophie, les sciences, et ne dédaigne pas d'écrire en un allemand très pur. Comme Pétrarque en Italie, il est pour ses contemporains le révélateur de l'antiquité. Avec tout cela sa pensée demeure chrétienne et règle sa conduite : " Si Agricola est si grand, écrivait Wimpheling, c'est parce que sa science et sa philosophie ne lui ont servi qu'à s'affranchir de toutes les passions et à concourir au grand œuvre de perfectionnement personnel dont Dieu est lui-même l'architecte dans la foi et la prière ". "

Agricola e.st l'auteur de ce Carmen in laudem samtœ Annœ dont nous disions plus haut d'après Polius que, nonobstant ses trois cents vers et un peu plus, il avait été tout entier gravé sur le marbre". C'est à n'y pas croire, mais si cela est, il doit être bien beau ce poème magistral qui mérita pareil honneur.

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