‹ Le Culte de sainte Anne en OccidentChapitre 116 sur 294 · ALLEMAGNE, IMAGES DE PIÉTÉ · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE, IMAGES DE PIÉTÉ

nommés (1893), Otto Rediich (1896), après quoi, certaines images de piété, peut-être mieux encore que toutes nos lectures, vont continuer de nous édifier.

Images de piété.

Nous verrons ailleurs quelle place notre Sainte a jadis occupée dans l'art allemand, et nous nous bornerons ici à signaler quelques œuvres où se révèle davantage la dévotion populaire.

Peu après le conamencement du quinzième siècle, d'après Passavant, naquit en Allemagne un genre de gravure sur métal d'un aspect singulier, qu'on a appelé opus interrasile, c'est-à-dire en manière criblée. Une de ces gi'avures, très ancienne et conséquemment très rare et très précieuse, dessine notre Sainte tenant sur ses genoux la Vierge-enfant qui porte elle-même dans ses bras l'Enfant-Jésus, motif très fréquemment traité autrefois. A droite et à gauche du gi'oupe deux anges sont en prière. On lit au bas dans l'ancien dialecte allemand, et sur trois lignes, la prière suivante :

" Tout-puissant Dieu éternel, qui avez choisi la sainte femme Anne pour être la Mère de l'auguste Vierge Marie, accordez, de grâce, à tous ceux qui feront appel à son intercession, d'être délivrés de toutes leurs angoisses, et de toutes les afflictions de leur cœur ou de leur corps'*. "

Cette foi vive au patronage de sainte Anne s'exprime encore dans une gra\'ure de 1494 conservée au musée de Berlin ; dans une autre de la même année à Stockholm avec une " prière contre la pestilence ; " dans une troisième de 1499, au musée de Nuremberg, attribuée à Niklas Mair et portant en exergue : " Aidez-moi, sainte Anne, " mais peut-être mieux qu'ailleurs dans celles qui vont suivre. La première a pour motif la généalogie de sainte Anne et la légende expose les cinq joies de la Sainte (0.38 cent, par 0.29). On lit audessous de l'image : Commémoraison des cinq joies de sainte Anne avec cinq Pater et cinq Ave pour obtenir une bonne nwrt. Voyons au moins la première et la dernière :

Première joie.

Souvenez-vous, très sainte dame sainte Anne, de la grande dignité dont Dieu vous a ornée en vous choisissant pour être la mère de la Mère de Dieu. Au nom de cet honneur et de cette dignité, je vous implore, et je vous prie de vouloir bien demander à votre Petit-Fils qu'il me console dans toutes mes peines et mes angoisses, et particulièrement dans la dernière peine et angoisse de la mort. Pater. Ave.

Cinquième joie.

Souvenez-vous, très sainte dame sainte Anne, de toutes les joies dont vous êtes comblée éternellement devant Dieu, surtout lorsque vous contemplez votre Fille très chère, Marie, la Reine du Ciel et de la Terre ... Je vous en prie, très chère et très bienheureuse dame sainte Anne, soyez ma fidèle médiatrice devant la face

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du bon Dieu, et priez votre cher Petit-Fils qu'il me console dans toutes mes peines et angoisses, et particulièrement dans la dernière peine et angoisse de la mort. Pater. Ave.

Augsbourg, chez Christophe Daser, dans la rue des Forgerons.

Une autre grande image de dévotion, datant de 1660 ou à peu près, présente la Sainte debout, ayant sur son bras droit l'Enfant-Jésus, et debout aussi à sa gauche, la sainte Vierge, encore très jeune, tenant un livre ouvert. Une légende en grandes lettres occupe le haut de la feuille: Ein schone letanen... " Une belle litanie en l'honneur de la sainte dame Anne ", et les trois autres côtés sont en effet entourés de cette litanie. Celle-ci est fort longue — 45 invocations — et l'on voit déjà de quoi était capable l'ancienne Allemagne en fait de prière. Quand on parle de la piété " exubérante " d'autrefois, on n'emploie pas une épithète de fortune mais de nature. Cependant, il faut peutêtre abréger :

Antienne :

O bienheureuse aïeule de Jésus-Christ, purifiez-nous par votre intercession et

celle de votre Fille, de tous nos péchés, afin que nous obtenions la communion

des élus. Amen.

KjTie eleison . . .

Dieu, Père du ciel, nous demandons votre grâce,

Dieu, Fils, Roi du monde, nous demandons votre grâce.

Dieu, Saint-Esprit, nous demandons votre grâce,

Trinité sainte, donnez-nous la grâce en tout temps.

Anne, qui êtes née de la race d'Abraham et d'Aaron; demandez pour nous la grâce.

-Vnne, qui appartenez par votre origine à la maison royale de Juda ; " " " " "

.\nne, qui avez surpassé en vertus et en sainteté toutes les filles de Juda ; . . .

Anne, qui avez été dan.s votre jeunesse l'honneur des vierges, et dans votre maturité la couronne des femmes et le miroir de la chasteté ;

Anne, qui dès votre naissance, avez brillé comme une escarboucle, par votre obéissance au.\ commandements de Dieu ; . . .

.\nne, qui avez été, comme l'or pur, éprouvée dans le feu de la tristesse;

Anne, qui avez façonné le précieux ostensoir où devait reposer le vrai pain du ciel, Jésus-Chri.st ; . . .

Anne, votre naissance a donné joie aux anges, consolation aux prisonniers, consolations aux Anciens retenus daas les limbes ; . . .

.\nne, bénies soient vos saintes Içvres qui ont réjoui si souvent l'impératrice du ciel et de la terre ;

Anne, bénis soient vos saints yeux, qui ont contemplé si amicalement et tendrement votre très chère fille, la Vierge Marie ; . . .

.\nne, Ixuiies .soient vos saintes mains et vos saints bra.s qui ont prcs.sé si souvent sur votre cœur maternel la bienheureuse Rose du ciel, Marie ; . . .

.\nne, l)éniH soient le jour, le temps, l'époque, l'heure où vous avez enfanté notre

esf)érunce, la mère de Jésus-Christ ; .\nne, bénis soient le lieu et la mai.son où vous avez élevé si aimablement votre sainte fille, la Vierge Marie ;

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