‹ Le Culte de sainte Anne en OccidentChapitre 117 sur 294 · ALLEMAGNE, IMAGES DE PIETE · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE, IMAGES DE PIETE

Anne, bénies soient les églises dont vous êtes la patronne, et bienheureux soient toas vos serviteurs et servantes qui vous vénèrent avec dévotion ;

Anne, votre nom est plein de grâce, ô clémente, ô douce, ô bonne mère de l'étoile du matin ; . . .

Anne, avec vous je loue Dieu le Fils qui a voulu, en votre fille très pure, s'unir à notre nature (hiunaine) ;

Anne, avec vous je loue Dieu le Saint-Esprit qui a opéré notre salut dans le sein virginal de Marie ; . . .

Anne, souvenez-vous des surabondantes joies que vous avez éprouvées lorsque Dieu le Père céleste vous a reçue au ciel comme sa fille choisie, et par cette joie, je vous recommande surtout les personnes qui sont vierges ; . . . A Augsbourg, chez Christian Schmidt, peintre de cartes (graveur), maison

et magasin dans le faubourg St- Jacques. La gravure avec la lettre mesure H. 0.36 (14 p. 2 1.) sur L. 0.28 (11 p.)

Elle est coloriée rouge-pourpre et jaune-orange.

Voici une autre gravure, où la prière ne demande rien et n'exprime que la vénération et la louange, ce qui est souvent le meilleur moyen de tout obtenir. La légende placée en tête peut se traduire ainsi :

La sainte femme sainte Anne

Cette image te montre finement Comment Anne, la sainte et pure, Tient le Christ sur ses bras.

A côté d'elle, se tient gentiment Marie, la Mère du Seigneur, Laquelle est digne de tout honneur.

De fait l'image représente la Sainte debout, ayant dans ses bras l' Enfant- Jésus, et à côté d'elle, à demi-tournée vers sa mère, la Vierge également debout, toute jeune encore. A gauche, se dessine une église, peut-être l'église Sainted'Anne d'Augsbourg puisque la gravure a pour auteur maître Ulric de cette ville, " graveur sur bois et peintre coloriste de cartes à jouer, dont la boutique" ainsi qu'il nous l'apprend encore lui-même, " est à côté des moines nu-pieds. " A droite, sur une hauteur, se dresse en effet un monastère, et la " boutique " doit être l'une des constructions qui l'entourent. Au bas, sur trois colonnes, on lit cette légende en trente lignes métiiques (traduction) :

Celui-là devrait avoir ime langue bien

[savante

Et les dons du génie, Qui voudrait exprimer par des paroles

La grande joie qu'a éprouvée La sainte femme, la digne sainte Anne,

Lorsque Dieu lui a accordé La grâce de contempler l'Enfant

De la sainte Vierge sa Fille, Et de pouvoir prendre dans ses bras

Celui dont l'Ange avait prédit Qu'il devait venir comme Sauveur

De tous les habitants de ce monde.

Quand, en effet, elle put voir à son côté

Sa fille très charmante Comblée d'honneur par Dieu

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Et choisie pour Mère du Sauveur, Elle rend grâce et gloire à Dieu. De joie le cœur a bondi Parce que le vrai Emmanuel

A la pieuse femme en sa poitrine ; A visité la terre d'Israël, Son âme en extase fut ravie La déchargeant, par sa venue,

Et enlevée au troisième Ciel. D'un fardeau très lourd. Là, elle adore la sagesse de Dieu Et mettant à exécution

Et surtout son grand amour ; Ce qu'il avait promis à David.

La gra\'ure est coloriée rouge, jaune et vert, et mesure avec la lettre : H. 0.36 cent. (14 p. 2 1.) sur L. 0.24 (9^ p) Elle nous a été prêtée en 1892 ainsi que les précédentes par M. Rosenthal de Munich, à qui nous renouvelons l'hommage de notre reconnai.ssance.

11 serait facile de citer par centaines d'autres preuves de dévotion miistùjw, si l'on peut ainsi parler, mais une autre suffira en attendant l'avenir. Oui en vérité, notre Sainte a été autrefois très connue, très aimée, nous dirions très populaire dans l'art aussi bien que dans la littérature germanique, et une visite à la cathédrale d'Ulm, par exemple, nous ferait .sur ce point une conviction, — Voici d'abord le grand ]x>rtai]. Avec la Vierge et l'enfant, sainte Anne est là, " pleine de dignité, '' comme le guide v(His le fait remarquer, " et d'un profil noblement tracé. " A l'intérieur, parmi les vitraux — et ces vitraux datent des quinzième et seizième siècles, — l'un dans le chœur, le sixième, interprète la légende de saint Joachim et de sainte Aime, depuis la retraite dans la solitude des montagnes jusqu'à l'heureiLx accomplissement des promesses divines. C'est bien commencé, mais voici mieux encore : nous voulons dire le maître-autel avec ce magnifi(iue retable où nous retrouvons le motif si populaire au seizième siècle et qu'on appelait dans le langage du temps la Lignée de Madame sainte Anne, en d'autres termes, sa famille. L'auteur n'est rien moins que INIartin Schaffner (1521). — Plus loin, dans tme chapelle, nous avons de nouveau la légende, commençant cette fois par la Rencontre à la Porte dorée (1509). Plus loin encore, dans la sacristie, sainte .\ime est accompagnée de la jeune Vierge, celle-ci radieuse avec ses longs cheveux ondoyants: enfin, sortant de la cathédrale jiar le ix)rtail sud-ouest, si vous vous retournez pour en examiner le tympan, vous y voyez une série de basreliefs superlx^s relatifs à notre Sainte et à sa glorioiise maternité.

Lf passé et le pi-éscnt, nu Saintc-Anuc de Dùrcn.

Diiren est une jolie petite ville .située :\ peu de distance d'Aix-la-ChaixMle, et qu'il est intéressant de visiter, surtout au mois de juillet, comme nousmème l'avons fait. Là comme ailleurs, ce mois est en effet consjuTé à .sainte Anne, et tous les jours, l'église s'emplit de fidèles (|vii viennent y prier devant la relique de la Sainte. Ce mouvement de piété date au moins île iiuatre cents ans, et le titre de cet article est ainsi justifié si l)esoin en étnit.

A Diiren et aux environs, un badiiiage, très innocent évidennnent, fait de

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