‹ Le Culte de sainte Anne en OccidentChapitre 120 sur 294 · ALLEMAGNE, UN PEU P.AJRTOUT · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE, UN PEU P.AJRTOUT

nent, nous voulons dire : V Apparition de Vange à sainte Anne et l'Education de la Vierge. Ce n'est pas à décorer, c'est à remplacer, et Dieu veuille en effet qu'on remplace tant de choses laides à force de vouloir être belles, l'autel de Diiren d'abord, et ensuite, puisque nous y pensons en ce moment, l'autel de Notre- Dame d'Anvers. . .en attendant celui de Strasbourg et quelques centaines <^1 'autres. Que vient faire la Renaissance dans les monuments gothiques ?

Un peu partout.

Le seul diocèse de Cologne compte au moins trente-cinq églises dédiées h notre Sainte, et dans presque toutes les autres, des autels ont été érigés en son honneur. Dans la campagne, sinon dans la ville, le tiers des filles, au moins, reçoit encore au baptême le nom d'Anne ou d'Anne-Marie. Ce devrait être un indice.

En d'autres provinces, plusieurs sanctuaires sont des pèlerinages très fréquentés. Ainsi à Annaberg, près Charlottenbrunnen, tous les ans, le 26 juillet, une procession solennelle, précédée de six jeunes filles ])ortant sur leurs épaules la statue de la Sainte, se rend à la chapelle placée sur la montagne voisine, et c'est grande fête ce jour-là pour les catholiques de la ville et des environs. Ainsi encore, à Mulfingen, une source miraculeuse qui a jailli en 1646, attire depuis lors un grand concours de pèlerins. Même affluence à Rohren, près Montjoie ; à l'Anna-Capelle, sur la route de Ijiebau à Schœraberg ; à Wartha, entre Breslau et Prague ; à Neurode, sur la route de Breslau à Liebau ; à la chapelle du Riesengebirge, " Montagne des Géants, " d'où, à deux mille cinq cents pieds d'altitude, sainte Anne domme et protège les villes voisines de Warmbrumi et de Meizdorf. Le Riesengebirge est une partie de cette chaîne de montagnes qui s'étend sous le nom de Sudètes du nord à l'ouest sur une longueur de deux cent trente kilomètres environ, du pied des Carpathes jusqu'au delà des sources de la Neisse saxonne. Prenant la route à Hirschberg, on se rend à Warmbrunn, puis à Meizdorf, puis à une heure de là, en montant toujours, à l'Anna-Capelle. Au-dessus d'elle s'élève la Koppe ou Schneekoppe, montagne la plus haute et la plus intéressante du nord et du centre de l'Allemagne, cône tronqué s'élevant à cinq mille pieds au-dessus du niveau de la mer. Une autre chapelle en rotonde couronne son sommet, et porte encore plus haut, jusqu'au ciel même, la pensée du voyageur.

La petite ville d'Alberdorff, elle aussi dans le voisinage de Breslau, est visitée chaque année par soixante-dix à quatre-vingt mille pèlerins, parce qu'elle passe en Allemagne pour une seconde Jérusalem. Elle a douze portes; son cours d'eau s'appelle le Cédron ; on y trouve le Golgotha, le Saint-Sépulcre, le palais du grand -prêtre, et — détail à noter — la maison de sainte Anne.

On nomme encore, comme particulièrement dévotes à la Sainte : Hildesheim, Honstein, Urtice (diocèse de Wurtzbourg), Brunswick, où la confiance se recommande de son patronage officiel ; Munich, où s'est élevée en 1892-94 une belle église de style roman ; Marienburg, sur la route de Berlin à Kœnigs-

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berg, où la Marienkirche recouvre une crypte dédiée à la Mère de Marie ; Meissen avec tout le Margarviat qui en dépend, contrée dont la dévotion a fait le sujet d'un livre plus haut mentionné ; Dresde, qui possède une Annenkirche du xvi^ siècle subséquemraent restaurée ; Annaberg en Misnie; Annabei^ près Chemnitz, sans parler de l'autre déjà nommée situé-e près de Charlottenbrunnen, et d'un village de l'évéché de Munster.

Au bas d'une gravure populaire dont nous parlions plus haut, il y avait " une belle salutation à dire devant l'image de sainte Anne, " et puisqu'il faut prier même pour les ennemis de la France, l'Allemagne nous permettra de la répéter en son nom :

" Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et bénie soit votre sainte mère sainte Anne, de laquelle vous, ô sainte Vierge sans tache et sans péché, vous êtes née, et qui avez donné naissance à Jésus-Christ, fils du Dieu vivant.

" Autant il y a de gouttes d'eau dans la mer, de grains de sable et de brins d'herbe sur la terre, d'étoiles au fii-mament et d'esprits angéliques dans les cieux, autant de fois soyez saluée avec votre Fils, très chaste Mère et très féconde Vierge Marie. Vous êtes pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, et le fruit de vos entrailles est béni. Et bénis soient vos saints parents Joachim et Anne desquels s'est produite votre sainte et virginale chair. Priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de la mort. Ainsi soit-il. "

RÉFÉRENCES, NOTES, ADDITIONS

(1) Cf. Denifle, Luther et le luthéranisme, Paris, 1910, t, i, p. 180, 184. — (2) Mourret, Hist. de l'Eglise, Renaiss., p. 286 ; Michelet ; Audin, Hist. de Luther ; Melanchton, Vita Lutheri, p. 6 ; Cochleus, in Ad. Luth., fol. 2 ; Ulenberg, Hist. de Vita. . .Doct. M. Luth., Cologne 1622 ; Kostlin, Leben Luth. Berlin 1893, I, p. 49 etc. — (3) Hroswitha, abbesse de Gandersheim, composa aussi plusieurs pièces de thâétre : Gallicanus, Didcilius, Callimachus, etc., où elle exalte la pureté des vierges chrétiennes. — Une traduction anglaise des Hymnes de Martin Luther donne pour la xxxe {The hymns of Martin Luther set to their original mélodies, with an anglish version, edited by L. W. Bacon and N. H. Allen, in-4, New New York, 1883) :

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