‹ Le Culte de sainte Anne en OccidentChapitre 133 sur 294 · ITALIE, POÈTES · texte numérisé non relu

ITALIE, POÈTES

devoto di San Gioacchino ; en 1739, la Santa Anna nel cuore di suai divoti (Turin), fort bel ouvrage, ce dernier, et qui se termine par des poésies d'un vrai mérite.

Chez les Franciscains, les supérieurs-majeurs donnent les premiers l'exemple ; tel Bernardin de Taormino, provincial de Sienne (1628), et il s'en trouve aussi pour recommander la Neuvaine à la Sainte, tel Cajetan-Marie de Bergame de la province de Brescia. Pour lui, cette neuvaine ou la dévotion même, c'est tout un (Bergame 1720 et 1740). Chez les Dominicains, c'est le discours, écrit ou parlé ; à l'occasion, le panégyrique, Velogio, qui fait la propagande : tels les Elogii délie piu principale santé Donne de Lorini del Monte (1617), ou VEncomiuni de Pierre-Paul de Messine (1726) — vous voyez que nous " faisons grâce " de Jacques de Voragine et de sa Légende dorée. — Chez les Augustins, un Moltrasius Nicolaus (comment traduire ?) publie à Milan, 1701, une Vita de Santa Anna, d'après "ce que les saints Pères en ont écrit de plus certain." Ce serait déjà un " critique. " — Chez les Pères Jésuites, Auriemma, de Naples, donne en 1665 une Historia panegirica, et en 1668 une Vita e miracoli di S. Anna; Antonio Francesco Mariani de Bologne publie, en 1740, une Leggenda et " une manière de préparation à la fête " {maniera di preparazione) , quelque chose, sans doute, comme les Pratiche du P. Polisicchio parues à Païenne en

Et que d'autres opuscules du même genre on pourrait encore signaler : une Vita délia gloriosa santa Aima (Naples, 1685), rééditée et complétée par l'abbé Bersani ; une autre d'Antoine Erei (Pesaro 1731) ; une autre du chanoine Trombelli (Bologne 1768), sans parler de travaux plus récents tels que Le Glorie di S. Gioacchino du Père Rocchi, savant basilien de Grotta Ferrata ; sans parler de pages ou d'articles innombrables disséminés dans les ouvrages consacrés à la dévotion à la Sainte Vierge.

D'autres propagateurs de la dévotion ont été les artistes, ou comme on disait si bien autrefois, les " imagiers, " imagiers-peintres, imagiers-graveurs, imagiers-sculpteurs, si nombreux tous, et si prodigues de leurs " images " de sainte Anne, de leurs nativités, présentations, enfances, éducations de la Vierge, qu'il faudrait pour le détail de leurs œuvres tout un volume. Le volume est fait — et attend son heure, patient comme ses devanciers.

Nous n'avons pas oublié parmi nos apôtres du xvii« siècle le bienheureux Innocent de Cluse, certainement le plus ardent panégyriste de la Sainte en son temps, mais il s'agit ici d'oeuvres qui nous restent, et d'ailleurs noui^ rencontrerons plus loin ce saint personnage.

Rome.

Pour revenir aux artistes de la plume, il y a lieu de croire qu'ils ont en effet contribué à propager notre chère dévotion, et d'abord dans la capitale du monde chrétien. Nous possédons peu de notes sur quoi que ce soit qui se rattache à ce sujet et en particulier sur les églises, mais elles semblent confirmer ce que nous venons de dire. Ainsi la Santa Anna de Marmorala que " l'ano-

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nyme de Turin " trouvait au xiv« siècle au pied de l'Aventin, ne portait pas primitivement ce nom, mais celui de Santa Maria in Julia, ou comme l'écrit Mgr Duchesne dans sa belle édition du Liber Pontificalis, Monasterium S. Mariœ q. ap. Jidiœ. Pourquoi changea-t-elle de nom, que ce fût l'église dont il est fait mention en 1192 — car celle-ci existait déjà au ixe*" siècle,— ou que c'en fût une autre. Un auteur cité par Armellini nous l'apprend : " Pendant le xiv» siècle, la dévotion à sainte Anne se répandit grandement, surtout dans la curie romaine, ou, comme on dirait aujourd'hui, y devint à la mode" {venue di modo) , et c'est pourquoi les religieuses de ce monastère, renonçant peu à peu à leur ancien vocable, n'employèrent plus dans la suite que celui de sainte Amie ". Ajoutons, parce que nous ne pourrons peut-être pas revenir à ce sanctuaire, que le Pape Clément V, en 1307, — veuillez noter — lui accorda des indulgences pour les quatre principales fêtes de la Madone, et une autre pour la fête de sainte Anne, cette Sainte — notez encore — " étant à cette époque, en cette église, l'objet d'un culte spécial. " Nous ne faisons que traduire l'auteur déjà cité. L'église prit différents surnoms à différentes époques, selon les confréries ou corporations qui la possédèrent : Santa- Anna dei Parafrenieri (des Palefreniers), jusqu'à ce que ceux-ci en eussent construit une autre pour eux-mêmes près du Vatican ; Santa-Anna dei Falegnami (des Menuisiers) ; Santa-Anna dei Funari (Cordiers), Santa- Anna de Calzettari (fabricants de bas). Reconstruite de 1654 à 1675, elle fut démolie vers la fin du dernier siècle " pour permettre l'élargissement de la rue en cet endroit, " mais un petit sanctuaire du voisinage, via Salara, porte le nom et conserve la mémoire de celui qui a disparue

Autres exemples. Santa Maria de Puteo, mentionnée en 1257 dans une bulle d'Alexandre IV, s'appelait indistinctement au xvi^ siècle Santa Anna degli Alhanesi. — L'église des Saints-Faustin-et-Jovite, démolie vers 1890 pour faciliter l'emmurement du Tibre, était aussi connue parmi le peuple sous le nom de la Sainte. Au xviii^ siècle, Charles Fontana en avait renouvelé la façade, et à l'autel de gauche, dédié à la Sainte, un magnifique tableau la représentait, peint par Coghetti de Bergame^

" Sainte-Anne des Palefreniers, " nommée tout-à-l' heure, doit peut-être son existence à la même cause. Lorsqu'on visite aujourd'hui Saint-Pierre, on peut regretter, si on a quelque dévotion pour la Mère de la sainte Vierge, de ne .pa-s trouver de chapelle ou d'autel qui porte son nom. Il n'en était pas ainsi dans l'ancienne basilique. On sait que, à l'aide de vieux dessins et surtout de vieilles médailles qui la représentaient en tout ou en partie, le père Philipi^e Bonanni a pu la reconstituer à peu près telle qu'elle existait autrefois, et parmi les chapelles, il en a trouvé une dédiée à notre Sainte. Le plan dressé par Alpharanus au xv<" siècle est aussi bien connu, et en tout cas facile à consulter, puisqu'il est reproduit en maints ouvrages, notamment dans le Saint-Pierre de Rome du R. P. Mortier, et ce n'est pas un, mais deux autels que vous y rencontrerez, l'un, il est vrai, à vocable double : Saint-Antoine et Sainte-Anne, (NO 49) ; l'autre, Sainte-Anne des Palefreniers (No 34). Ce dernier occupe

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