‹ Le Culte de sainte Anne en OccidentChapitre 168 sur 294 · NOUVELLE-FRANCE, CONFRÉRIE DE SAINTE-ANNE · texte numérisé non relu

NOUVELLE-FRANCE, CONFRÉRIE DE SAINTE-ANNE

ce jour, la prière des fidèles du Canada n'a cessé de s'élever de ce pieux sanctuaire, qui a été agrandi et orné d'âge en âge jusqu'à nos jours, et qui a l'honneur de posséder une des reliques les plus précieuses de la bonne sainte Anne,., " Comparé à cette riche et vaste chapelle d'aujourd'hui, il était bien simple et bien pauvre, l'autel primitif élevé par nos pères pour honorer sainte Anne, car la colonie naissante ne possédait que de bien faibles ressources. Mais la piété des fidèles s'ingéniait à suppléer par des présents à la pauvreté de l'église. On trouve de ce fait une preuve touchante par sa simpUcité dans les archives de la Paroisse. Parmi les offrandes on remarque en effet : "1656, Madame " Morin, un escharpe de cotton barrioUé de jaune, pour la chapelle Sainte- Anne ; " " M. Vignal (chapelain des Urselines), une nappe pour la chapelle Sainte- Anne, " et ainsi de suite*.

Les Annales manuscrites de l'Hôtel-Dieu (p. 91), nous fournissent à leur tour ce pieux renseignement : " En l'année 1671, Monsieur Talon revint Intendant comme il l'avait promis ; il serait même revenu plus tôt sans l'accident qui lui arriva en 1670. Car s'étant embarqué pour ce pays-ci, son vaisseau fit naufrage sur les côtes du Portugal, où il se sauva miraculeusement après avoir fait un vœu à sainte Anne, qui le secourut sensiblement. Pour marquer sa reconnaissance, il fit faire un tableau où il est dépeint et où l'on voit les dangers et les périls qu'il courut dans cette occasion, et les assistances qu'il reçut du ciel. Cet ex-voto fait le fond de la chapelle Sainte-Anne de la cathédrale de Québec, et il a été donné par Monsieur Talon qui l'apporta de France la seconde fois qu'il vint en Canada. "

Ce précieux ex-voto n'a pas été, comme on l'a dit, " perdu dans l'incendie de la cathédrale en 1759. " Nous Usons dans un Inventaire du mobilier de la Confrérie de Sainte-Anne (Ct. 12, n«> 87) daté de 1766 : " Le tableau de sainte Anne appartenant à la chapelle est actuellement à l'Hôtel-Dieu dans la chambre de Madame DesMeloises ", et c'était sans doute pour le mettre à l'abri qu'on l'avait transporté là avant ou pendant le siège. Il est maintenant à Sainte- Anne de Beaupré dans la galerie aboutissant à la sacristie».

La Confrérie de Sainte- Anne.

La chapelle dont nous parlons rappelle le souvenir de la pieuse confrérie qui s'y réunissait autrefois périodiquement.

Et d'abord, Monseigneur de Laval n'a pas, ainsi qu'on l'a dit, fondé cette confrérie en 1678, puisqu'elle existait déjà depuis plus de vingt ans, mais il la reconnut, l'approuva, l'érigea alors canoniquement, et prouva l'estime qu'il en faisait en rédigeant de sa main pour elle des Statuts et Règlements.

La preuve que, avant d'exister en droit ou canoniquement, la Confrérie de Sainte-Anne existait en fait, c'est la Supplique adressée au Père de Quen, en 1657. Elle dit expressément que, " depuis plusieurs années, " les menuisiers de ce pays font chanter tous les ans, " à leurs frais et despens, la grand'messe et autres services de Madame saine te Anne au jour de sa feste en la paroisse

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de Notre-Dame de Québec, " et cela " dans le dessein et intention d'y (faire) erriger la consfrairj'e à perpétuitté sitost que l'édifice sera en estât de s'y recepvoir et aura lieu et chapelle commode a cest effet. "

n y a deux ans, ils ont conféré avec le R. P. Jérôme Lalemant sur ce sujet, mais quelques difficultés sont survenues, et maintenant ils demandent au Père de Qucn de donner pouvoir au sieur Curé, c'est-à-dire au R. Père Poncet, " d'erriger et establir la ditte consfrairye en la ditte paroisse de Nostre Dame de Québec..., avec les privilèges, indulgences et autres grâces accordeez par les Papes, aux charges et conditions d'observer par entre eux les œuvres de piété et de charité portées dans leurs règlements. "

La requête est signée par Jean LeVasseur, Pierre LeVasseur, Guillaume Loyer (de la Tour), Pierre Biron, (François) Gariépy, (Pierre) Min ville (Miville), RajTTiond Paget {yns 33).

Le l^f mai 1657, le Père Poncet, à ce autorisé par le Père de Quen, érige en effet la confrérie "en la chapelle Sainte-Anne, " demandant à ses promoteurs " de faire venir au plustot les statuts et ordonnances, bulles, privilèges des papes dont ils font mention en leur requeste ; de s'a-ssembler au moins une fois le mois en leur chapelle avec leur curé ou autre personne ecclésiasticque pour réciter dévotement les litanies de sainte Anne et recevoir quelques mots d'instruction familière, ainsy qu'il se praticque dans les confrairyes bien reiglées. "

Un deuxième acte passé, comme les précédents, par devant maître Guillaume Audouart, notaire, secrétaire du Conseil établi par le Roy à Québec, témoigne ensuite que " les marguilliers ont agréé l'errection de la confrairye en leur esglise ; " que, dans la chapelle Sainte- Anne, ils ont assigné pour le banc de la dite confrérie, " une place de cinq pieds de long sur trois à quatre de large le long de la muraille du costé du Nord, " et que " pour cette place, le maître-menuizier Jean LeVasseur a payé en argent et en castor, la somme de soixante livres tournois, en recognoissance de ce que les Sieurs Curé et les Marguilliers prestent à la confrairye leurs église, cloches, orgue et susdite chapelle Sainte-Anne. "

Les affaires, autrefois, se faisaient en bonne et due forme, avec force papiers, force paraphes, et il y a encore un troisième acte constatant que le dit Jean Le Vasseur a fait construire le dit banc à ses frais, " pour grastifier les dits confrères de son art ", comme aussi " à cause de la dévotion qu'il a envers saincte Anne. " En retour, les confrères devront, après son décès, prier pour le rejx)s de son âme, et faire chanter la prose De Languentibus in purgatori^ à la fin du " .service des trespassés qui se dit dans leur chapelle le lendemain de la fête de sainte Anne. "

" II n'est bon bec, dit-on, que de Paris, " et les renseignements, les statuts désirés ne pouvaient venir que de là. Une lettre avait dû partir de Québec à l'automne avec les vaisseaux du Roi, peut-être seulement l'année suivante, et en tout cas, une superbe pièce d'écriture arrivait de France en 1659, intitulée : Réponse des Messieurs de la Confrérie de Sainte-Anne de Paris atu cou-

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