CONFRÉRIES DE PIETÉ, ITALIE, ALLEMAGNE
Une autre fraternité, également ancienne, a été rétablie vers 1885 à Saint- Laurent " in Borgo " par les Clercs réguliers des écoles pies. En cette église Benoît XIII lui avait approprié une chapelle où vingt messes devaient être célébrées chaque année à perpétuité pour les associés défunts, et l'autel était déclaré privilégié en 1743 par Benoît XIV*».
Les Acia de saint Charles Borromée, publiés à Lyon en 1642, disent que " les deux sodalités pieusement instituées dans quelques viUes de cette province, l'une des vierges de sainte Ursule, l'autre des veuves de sainte Anne, ont produit, la grâce de Dieu aidant, des fruits de salut dans les familles et parmi les populations. C'est pourquoi, chacun des évêques suffragants, selon qu'il le jugera opportun, devra prendre très grand soin d'ériger l'une et l'autre sodalité, tant dans sa ville que dans les principales églises de son diocèse." — Signé: Charles Borromée, 1576*'.
Allemagne
Il semble que ce soit le pays par excellence des confréries de notre Sainte. Dans la seule ville de Mayence nous en trouvons trois, dont une, en 1404, dans l'église de Saint- Wigbert ^', dépendante d'un monastère de Cisterciennes ; une autre en 1428 chez les Dominicains, et c'est celle qui existait encore naguère dans l'éghse paroissiale de Saint-Einmeran ; la troisième chez les Carmes, confirmée définitivement en 1489 par l'archevêque Berthold de Henneberg »'-.
Après Mayence vient pour 1463 Wimpsen^^ ; pour 1476, Cologne'^ ; pour 1480, Coblentz95; pour 1481, Francfort'^; pour 1484, Osnabruck ; pour 1492, Kœnigsdorf ; pour 1496, Worms et Gernshei'^ A Francfort, la chapelle de la confrérie fut bâtie à grands frais, et l'on plaça dans une monstrance en argent les reliques qu'on avait fait venir de l'abbaye de l'Ile- Barbe près Lyon»*. A Worms, la chapelle fut érigée en 1496, et la chronique locale raconte que l'empereur Maximilien assistait à la cérémonie avec sa femme Anne de Bourgogne et d'autres grands seigneurs, membres de l'association. Ce fut un des comtes de la suite impériale qui posa la pierre de l'autel'».
Pour la confrérie d'Osnabruck et toutes celles qu'elle fit naître dans les alentours, l'abbé Trithème a des pages chaleureuses et qu'il vaudrait la peine de lire. Il y prend à partie les "profanes détracteurs" de la piété populaire qui prétendent que ces fraternités ont pour effet de diminuer la foi cathoUque, de soustraire à Dieu le culte qui lui est dû, de réduire à néant l'autorité des pasteurs ecclésiastiques, et surtout de détourner des églises séculières, au profit des églises monastiques, les offrandes des fidèles. "Accusation scélérate, " à laquelle il répond par une dénégation absolue sur tous les points. Et en somme, ajoute-il, " pourquoi nous faites- vous la guerre, si ce n'est pour le profit de vos bourses, pour l'amour de l'or, et non pour l'amour de Dieu ! Cessez donc cette lutte insensée, et ne vous arrogez pas le droit de condamner ce que tant de souverains Pontifes ont solennellement approuvé. Croyez-moi, il n'est pas bon de tirer la langue (tinguam extendere)
118 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)
contre les saints de Dieu, et c'est jeter la honte au front de la Vierge Marieque de parler comme vous faites contre sa Mère"*! "
Jacques Polius mentionne encore plusieurs autres confréries qui existaient en Allemagne de son temps, c'est-à-dire dans la première moitié du dix-septième siècle, et il cite celles de Fulde, d'Aix-la-Chapelle, d'Andernach, de Hamme, de Borcnhoven près Boppard, de Coblentz, d'Esseren près Berchem, d'Erpcl et de Kempen près Cologne, de Halberstadt, de Lintz, de Mannebach près Bacharach, de Sechtem près Bruhl, de Lorich, de Rothenburg, de Berncastel, de Diiren, de Hammerstein près Andcrnach, où la confrérie existait de temps immémorial ; de Cologne, où il y en avait chez les Carmes, chez les Mineurs conventuels et les Recollets, de même dans l'église collégiale de Saint-Cunibert et dans la chapelle de Saint-Benoît"".
Autres pays
Nous notons pour I'Auteiche la " sodalilé " de Salzbourg, instituée en 1619 et confirmée la même année '»2; pour la Suissk, celle de Fribourg, établie en 1508, et poursuivant notre course, nous atteignons la Pologne, autre pays remarquable pour sa dévotion à notre Sainte. Un pape en témoigne qui n'est rien moins que Sixte-Quint, et l'on devrait lire la bulle où il érige en archiconfrérie la fraternité de Varsovie. Son préfet, ses officiers et tous ses membres déploient tant de zèle pour le bien des âmes ; il existe d'autre part tant de confréries analogues, à Lomza, à Vilna, Wartha, Lemberg et partout en Pologne, en Lithuanie, et en Russie, non seulement chez les religieux de saint François, mais dans presque toutes les autres églises ; il s'est construit partout tant de sanctuaires en l'honneur de sainte Anne qu'il importe d'honorer d'un titre plus digne la fraternité de Varsovie. C'est pourquoi il l'érigé en archiconfrérie, c'est-à-dire qu'il en fait " la tête " {cap'ut) de toutes les autres qui sont déjà ou seront plus tard étabhes en ces pays'*».
On nous permettra ici en passant de joindre aux fils de saint François ceux de saint Dominique, car notre Vincent de Lemberg, pour un, non content de la confrérie de sainte Anne qui existait déjà chez lui et qu'il avait peut-être lui-même établie, en obtint une autre du pape Paul V en 1608 pour le bourg de Preslav (Pereiaslavl), au diocèse de Posen'»*.
Angleterre et Irlande
Et d'abord, Londres. — Dugdale a écrit tout un livre sur Saint-Paul de Londres, et il n'a pas oublié la gilde pour nous si intéressante qui avait là Bon siège. "J'en viens, dit-il, à cette fameuse crypte située sous le chœur de l'églLse, où se voient trois rangées de gros et massifs piliers. Cette crypte étant une église paroissiale, dédiée à la vierge sainte Fède, s'appelait jusqu'ici l'égli.'-e de Sainte-Fède in Cryptù, ou plus vulgairement Sainte- Fède-sous- Terre. Mais là, à part les anciens ornements dont un inventaire peut se voir