BELGIQUE — VILLES DIVERSES
encore la mémoire de sa patronne. Il s'j' fait deux kermesses, l'une au troisième dimanche de juillet, l'autre en septembre.
A quelque distance, Wasmes-Audenez-Briffoeil montre avec orgueil son ancienne église Sainte-Anne, surmontée d'un dôme et d'une lanterne.
Plus loin, c'est-à-dire à vingt-troi.s kilomètres de la ville, après qu'on a salué en passant la chapelle de la Durenne, on arrive au village d'Ellignies-Sainte- Anne. S'il est vrai, comme nous l'ont appris des renseignements pris sur les lieux mêmes, que notre Sainte n'y est plus l'objet d'un culte spécial, et qu'il ne se fait plus de pèlerinage comme autrefois à sa statue, au moins s'est-il conservé de l'ancien temps quelques coutumes pieuses. Ainsi on désigne toutoujours sainte Anne par son vieux nom du moyen âge : Madame sainte Anne, formule de respect vraiment touchante quand on la retrouve dans le langage d'aujourd'hui. Ainsi encore par tout le pays environnant, on ajoute au bénédicité les invocations suivantes :
Dieu bénisse la compagîiie !
Au.Sf;i la bénie Vierge Marie
Et Madame Sainte Anne ^s \
Villes diverses.
A Malines, une ruelle nommée Sint-Amui Straatje, ou "Ruelle Sainte-Anne," évoque le souvenir d'une chapelle dont l'origine est inconnue, mais qui existait déjà dans la seconde moitié du xv^ siècle. Elle fut profanée par les Gueux en 1598. L'archevêque Matthias Hovins la consacra de nouveau peu de temps après, sous l'invocation de la sainte Croix et de sainte Anne. En 1797, elle fut vendue comme bien national. — La dévotion des fidèles se porta dès lors à Notre-Dame au-delà de la Dyle, où un superbe autel en marbre blanc avait été dédié à la Sainte en 1699. Une messe s'y chante encore tous les mardis en son honneur. — A part la chapelle de la rue Sainte-Anne, il y en avait une autre, ou plutôt une grande niche, abritant la statue de notre Sainte, sur le Quai au sel. En face, et c'était naguère la maison numéro 5, se trouvait le marché au poisson, et l'endroit a conservé depuis 1519 le nom de " marché Sainte-Anne '». "
A ViLVORDE, nous l'avons déjà vu, la Gilde ou Chambre de rhétorique, nommée la " Fleur d'or, " était placée sous le patronage de sainte Anne et de sainte EUzabeth. A l'éghse paroissiale, au seizième siècle, on faisait tous les mardis l'office de la Sainte^".
Pour TiELEMONT, un arrêt de la chambre de Tonlieu de 1651, mentionne une porte dite de Sainte-Anne, près du cimetière de la ville ^'.
A Hasselt, dans l'église Saint-Quentin, il y avait un autel ou bénéfice de Sainte- Anne, fondé en 1477 « ; de même à Diest avant 1558^.
A MoLL, parmi les six autels de l'ancienne église, sainte Anne avait le sien, et jusqu'en 1732, il était orné d'un retable sculpté et doré représentant la généalogie de la sainte Vierge*^.
A Lierre, Gommaire Baeck, citoyen honorable, fondait en 1598 une maison
184 LE CULTE DE SAINTE APnVE EN OCCIDENT (il)
de retraite pour les vieux ménages pauvres, et la mettait sous la protection de notre Sainte ".
A Tamise, une ommegang ou confrérie littéraire, déjà florissante au xiv siècle, avait choisi la Sainte pour sa patronne. Des amateurs la ressuscitèrent au commencement du xix*" siècle**.
A Termonde, l'église collégiale possédait une chapellenie, avec un autel par Arnould (iuellyn (1(52.5-1 700) ,« et deux villages voisins, Hamme et Calkeiie, avaient attaché à leurs églises le nom de sainte Anne*'.
A Audenaerde, Adrien de Smet sculptait en 1593 les statues de sainte Anne et de sainte Agnès**.
Ypres célébrait déjà la fête de notre Sainte en 1360. C'était un jour de grande solennité surtout pour la confrérie de Notre-Dame de Thuine, dont les offices se faisaient à l'autel Sainte-Anne dans l'église des Récollets*».
A propos de Grammont, un lettré de nos amis nous écrivait le 31 décembre 1891 : Curiosa admodum statua poly-iconographica Gerardomontensis non est derelinqiienda. "Il ne faudra pas oublier la curieuse statue polychromée de Grammont. " Elle se trouve à l'hôpital de la ville. La figure de sainte Anne a des traits et des proportions toutes gothiques. Seulement, on a fait subir au vieux monument ce qu'on appelle d'ordinaire une " réparation, " chose qui en pareil cas, n'est le plus souvent qu'une maladresse. On n'a pas respecté les traces de polychromie, et on y a substitué des couleurs fraîches, qui, vu le carac- :
tère de la pièce, font un efïet déplorable. J
Pour Enghien, nous avons déjà fait mention d'un monastère d'Augustins fondé en 1254 ; d'une chambre de Rhétorique contemporaine de Philippe le Bon (1396-1467) et peut-être antérieure à lui ; d'une chapelle construite en hors-d'œuvre sur l'église Saint-Nicolas ; d'une confrérie militaire établie au commencement du xvii^^ siècle par Anne de Croy. La chapelle de Saint-Nicolas, autrefois à l'usage de la chambre de rhétorique, sert aujourd'hui de chapelle paroissiale. Les Rhétoriciens la firent restaurer en 1697, mais d'après M. Ernest Matthieu, le plafond de la chapelle serait " un spécimen très curieux du mauvais goût qui régnait à cette époque, " et " l'autel (de gothique moderne), du goût le plus mesquin et le plus vulgaire, avec des essais de polychromie et de dorure dont la richesse prétentieuse n'est que du papillotage"*. " I
A Nivelles, Gramaye nous indique une porte Sainte-Anne, ainsi nommée '
d'une chapelle voisine très fréquentée pour les miracles qui s'y opéraient, et .
siège d'une confrérie formée de citoyens d'élite". I
A MoNS, les Carmes déchaussés possédaient, en 1658, une précieuse relique de sainte Anne".
A pLOREFFE.près de Namur, une ancienne abbaye renfermait une chapelle de la Sainte.
A Namur même, nous trouvons à l'église de Saint-Loup une confrérie ancienne", et chez les Bénédictines de la Paix-Notre-Dame, une croix de procession, en vermeil, dont le premier chaton sujjérieur contenait " sur un fond bleu des reliques de sainte Anne". "