BELGIQUE — VILLAGES
Un ouvrage intéressant de M. Alfred Béquet, intitulé : Les premiers monuments chrétiens au pays de Namur, donne parmi les plans de plusieurs chapelles -aujourd'hui détruites le tracé très curieux d'une petite église qui se trouvait à quelque distance du village de Lavaux-Sainte-Anne, au point culminant d'une montagne maintenant déserte, qui, dans le langage populaire, porte encore le nom de Tienne del Vie Egliche, " montagne de la vieille église. " Il y a bien quelque raison de penser que cette vieille église était dédiée à sainte Anne, et que le village voisin en a pris son nom^.
A Andenne, le célèbre chapitre des Chanoinesses faisait dans sa liturgie les six parties de sainte Anne, " comme s'exprime un document, et " un petit office au nom de Jésus. " Le même mémoire s'explique davantage plus loin, et nous citons :
" Ch. 67. La veille de Saint-Jacques {le 2J+ de juillet) : Il y a une fondation pour hre les heures de saint Jacques, qui se diront devant l'autel de Sainte- Anne, lorsque les vêpres du chœur seront achevées. On doit mettre deux manches pour ces dites vêpres. Toutes les dames vont à la nef, les aînées les premières ; on se range le long des bancs du côté de Sainte-Anne. . . Cette fondation est faite par mademoiselle Jacques de Casteler, fondatrice du dit autel Sainte-Anne, comme par son testament en date du 10 août 1484 ... Le recteur de Sainte- Anne doit pourvoir à deux chandelles sur l'autel. . . — Ch. 68. Le jour de Sainte-Anne (le 26 de juillet) : Les prêtres chantent à grande messe ; on va à trois au miheu du chœur ^. "
A ToNGRES, une très jolie chapelle dédiée à la Sainte éveille en même temps le souvenir de saint Servais, évêque de cette ville au iv^ siècle, un saint merveilleux dont nous parlerons plus tard, et qu'on disait, par exemple, " proche parent de sainte Anne, par MemaHa qui fut fille d'Emiud, qui fut fils d'Esmérie, qui était sœur de sainte Anne. "
A Liège, les fidèles visitaient l'église des Augustins dédiée, comme le couvent lui-même, à la Mère de Marie, ou bien l'autel de l'éghse Saint-Thomas aujourd'hui démolie, ou bien celui de l'égUse Saint-PhoUen ", tout cela avant 1515. Cette année-là, Erard de la Marche, évêque et prince de Liège, confirma solennellement la confrérie fondée par les Augustins, et s'y fit inscrire avec les principaux personnages de la ville ^.
Villages et paroisses.
Des chiffres pour commencer, non des chiffres qui diront l'exacte réalité, mais tels que nous avons pu les former après des recherches nécessairement insuflSisantes.
En Belgique, à notre connaissance, une dizaine de villages ou localités diverses portent le nom de sainte Anne. Nous marquons dans un appendice leurs situations respectives. Trente-sept églises, paroissiales ou conventuelles, lui ont été dédiées à des époques diverses*'. Sur ce nombre, nous en avons mentionné jusqu'ici une douzaine ; le reste revient aux villages et paroisses de : Roosbeeck
186 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)
sur la route de Louvain à Tirlemont ; Marlinnes, entre Gand et Courtrai ; Bael et Weert-Sainte-Anne près d'Arschot ; Tongerloo, doyenné de Westerloo ; Muda, faubourg de Bruges ; Steene et Wetteren, doyenné d'Ostende; Lummen, Ellemelle, Sprimont, aux environs de Liège; Zolder, près de Hasselt**; Anseremme, Fau\'illiers ( Wisserabach ), Termes, Florenville, Nafraiture, Hotten ou Werpin, Silenrieux, ancien diocèse de Namur.
En ces derniers temps, Marlinnes {Quacdviechelin) a été l'objet d'une savante notice écrite par M. J. Daris. On y voit que le 2 octobre 1701, fut visitée l'église paroissiale dite de Sainte-Anne. L'archidiacre l'a trouvée de belle construction et très convenable. La monstrance, d'argent, était grande et belle, le ciboire tout entier d'argent doré, etc**.
Pouvons-nous utiliser encore quelques notes ? À part les églises, nous compn tons au moins quarante chapelles publiques, y compris celles des monastères, couvents, hôpitaux, asiles, et nous ne disons pas seulement des autels, mais des monuments à part ou du moins construits en hors-d'œu\Te sur d'autres sanctuaires plus vastes. A celles que nous avons déjà mentionnées adjoignons : Bruynshem, près Susteren ; Ham-sur-Heuse, doyenné de Thuine ; Amassous-Ocquier, doyenné d'Ouffet, toutes trois antérieures à 1558 ; Calkene prè^s Termonde ; Bierbais, doyenné de Gembloux ; Herstal, doyenné de Saint- Rémacle ; Mackhem, doyenné d'Oudeghem ; Waenrode, doyenné de Disthem ; Bogaerden, doyenné de Lewis ; et une dernière dans un bois entre Roanne ^
près Spa, et Stoumont. l
Q\iant à énumérer les églises qui possèdent ou qui ont possédé autrefois des autels dédiés à la chère Sainte, nous le ferons dans l'appendice, et, selon toute ,
apparence, dépasserons aisément la centaine.
Un certain nombre de ces sanctuaires ont laissé des souvenirs historiques ou artistiques. Ainsi dans l'église du hameau voisin de Pepingen, il y avait une fondation de deux messes septimanales, l'une le mardi en l'honneur de sainte Anne, l'autre le samedi en l'honneur de Notre-Dame. Le revenu de la dotation de ces messes était de cinquante mesures de seigle**.
A Beringen, un bénéfice du même genre existait en 1699, et le recteur Jean Notelers était tenu, comme celui de Pepingen, à une messe par semaine en l'honneur de sainte Anne".
Le même fait est signalé pour les églises de Rummen" et de Raevels. A Raevels, le revenu de ce bénéfice " montait à huit quarterons de seigle et deux florins du Rhin"."
A liklegen, l'art était représenté par une remarquable statue de sainte Anne, œuvre de Martin Van Calstere de Malines (KiOO). On l'a retrouvée dernièrement dans les combles de l'église encore en partie couverte de sa polychromie ".
A l'abbaye cistercienne de Val-Dieu, nu diocè.'-e de Liège, se voyait jadis "un tableau de sainte Anne," qui fut vendu ;\ (juinze livres pendant la Révolution".
A Léau, église Saint- Léonard, la chapelle Sainte-Anne conserve encore son retable du xvi' siècle, en bois de chêne .«culpté. Contre le mur, se trouve un