‹ Le Culte de sainte Anne en OccidentChapitre 92 sur 294 · SÉQUENCE · texte numérisé non relu

SÉQUENCE

la. Omnis mundus

Decantet et sit iucundus, Alleluuia !

Ib . Nova festa

Nunc assunt sed diu gesta Res miranda.

2a . Virga Jesse produxit.

De qua Christus illuxit Sol de Stella.

2b . En dilecti pariter Vixerunt féliciter Fide clara.

3a . Tandem illis visio Monstratur ab angelo

Pari forma.

3b . Crediderunt nuntio, Nec horum devotio.

Fit corrupta.

4a . Post hœc Anna credidit Et Mariam peperit Valle nostra.

4b . De qua Christus nascitur, Ejus lacté pascitur Carne sumpta.

5a . Iste Dei filius

Missus erat cœlitus, Sed hune plebs Judaica Damnât cseca. 5b . Inde crucifigitur, Lancea perfoditur.

206 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)

Fecit hœc per delicta Hac misera,

Plebs prsedicta. 6b. Ad cœli gaudia 6a . Jesu, nos adjuva Ubi tu cum Anna

Cum matre Maria, Régnas et matre

Educdevalle Puerpera»,

Le Bidlaire romain nous aflBrmait plus haut l'existence, au xv!» siècle, de confréries de sainte Anne dans la plupart des villes et villages de Pologne. Nommons en particulier Varsovie, Lomza, Vilna, Wartha, Lemberg. Le culte était encore en pleine vigueur en 1750 quand le Père Jean Korsak, jésuite de Varsovie, célébrait la Sainte dans la langue de son pays en ce gros volume de cinq cents pages, dont il a été question ailleurs.

Une église moderne à Cracovie prouverait peut-être la persistance d'une dévotion plusieurs fois séculaire.

Autriche-Hongrie (Moravie, Bohème)

En ces nouvelles régions, la fête de notre Sainte, au moins ici et là, date de fort loin. Les Bénédictins de Brixen la célébraient déjà au xiii^ siècle ; on la rencontre au xiv^ siècle à Kremsmunster, Marienberg, Lilienfeld, Seckau ; à Gratz, en Styrie ; à Erztergom (Strigonium) en Hongrie ; et il va de soi qu'elle est encore plus répandue au xv^ siècle. Les quelques hjTnnes et offices rimes que nous donnerons plus loin, s'il y a place, nous fournissent un précieux renseignement sur ce point, et c'est le point capital. Quant à leur mérite littéraire, quiconque a un peu d'oreille goûterait cette musique délicieuse où les mots viennent d'eux-mêmes et la rime sans aucun effort. C'est prodigieux.

Le pèlerinage le plus ancien de l'Autriche, et encore aujourd'hui le plus fréquenté, est celui d'Annaberg, au diocèse de Saint-Polten (Saint-Hippolyte ). Là, en 1217, l'abbé Gerhard de Lilienfeld avait établi des religieux cisterciens à la garde d'une petite chapelle dédiée à Jésus, Marie et Aime. L'affluence des visiteurs grandissant toujours, la chapelle fut reconstruite en 1327, bénite par l'évêque Albert de Passau, et porta dès lors le nom de notre Sainte. Plusieurs papes, des évêques, des abbés, des membres de l'aristocratie autrichienne, des souverains même, entre autres l'impératrice Eléonore, l'infante d'Espagne Marguerite, l'empereur Léopold I et la grande Marie-Thérèse se plurent à l'enrichir de nombreux privilèges, de terres, de revenus et de dons précieux. Au dernier siècle, le père de l'empereur François-Joseph, l'archiduc François- Charles, s'y rendait régulièrement tous les ans.

Annaberg est un village d'une trentaine de maisons, situé sur la route de Saint-Polten à MariazcU. Mariazell en Styrie est le plus grand pèlerinage de toute l'Autriche ; on y vient non seulement de la Styrie, de la haute et de la basse Autriche, mais encore de la Moravie, de la Bohême, de la Hongrie, môme de l'étranger. La route qui conduit de Saint-Polten à Mariazell est continuellement sillonnée par les pèlerins qui vont, soit seuls, soit par petits

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