VENGEANCE DU SANG
rement dans le tribu de Fliomme. C'est à cette tribu, non à celle de la femme, que les enfants appartenaient (1).
Ce type de mariage avait pour conséquence nécessaire la constitution d'une filiation paternelle : les enfants nés de ces unions, avaient, en effet, pour ancêtres leur père et les ancêtres de celui-ci, d'abord ses ancêtres maternels, puis, au bout de quelques générations soumises à ce régime, ses ancêtres paternels. Ainsi se trouvait constituée la famille patriarcale, en même temps que le clan maternel se voyait transformé en un clan paternel.
La famille patriarcale sémitique parait donc devoir son origine principalement à des motifs d'ordre pratique, à des raisons d'intérêt individuel et social. Mais l'étude de la société Israélite nous a montré, d'autre part, que le culte rendu aux membres défunts du groupe familial a puissamment contribué à donner aux institutions de la famille hébraïque leur forme et leur aspect particuliers. Un véritable culte des ancêtres paternels s'était, en effet, constitué, sans avoir du reste jamais absorbé en lui toutes les formes du culte général des morts.
(1) RoBERTSON Smith, Kinship, p. 72-82. La famille de la femme trouvait aussi au mariage de ba'al (avec contrat) certains avantages ; le père de la jeune épouse devenait le prott'gé (djarj, l'allié de son gendre ; il recevait un mohar . De plus les notions nouvelles sur la fidélité conjugale qui résultaient des mariages de ba'al, j.etaient le discrédit sur les unions de l'ancien type, qui prenaient facilement l'apparence de la prostitution. Cf. Rob. Smith, Klnship, p. 105. 106. 143. 144. 158.