FILIATION PATERNELLE ET FILIATION MATERNELLE
Les sociétés sémitiques, à l'époque où elles apparaissent au plein jour de l'histoire, ont toutes un caractère patriarcal nettement accusé.
Les Israélites ne font pas exception à la règle. La descendance est comptée exclusivement en ligne masculine : les fils appartiennent à la famille et à la tribu de leur père. Les filles, sauf un cas tout à fait spécial et récent, n'ont même aucune part à la succession paternelle.
La femme est la chose de son mari; mari se dit ba'al, maître ; le mariage, quand l'épouse n'est pas une captive ou qu'il n'y a pas eu rapt simulé, se fait par le paiement d'une somme [moliar) au père de la jeune fille. On se condamne à ne rien comprendre au mariage sémitique tel qu'il se pratiquait couramment à l'époque historique, si, trompé par les adoucissements que les mœurs avaient apportés à la théorie, on se refuse à y voir un achat.
La puissance paternelle, sans être aussi étendue qu'à Rome par exemple (elle ne s'exerçait plus sur le llls qui avait quitté la maison familiale), était réelle cependant : le père pouvait vendre ses enfants comme esclaves (1) ; il pouvait, avanLque ce droit eut été restreint par la Loi (2), mettre ses enfants à mort, de même que dans l'Aral^ie préislamique, il était courant que le père enterrât vivantes ses filles en
(1) Ex. 21, 7 ; Néh. 5, 1-11 ; cf. 2 Rois 4, 1.
(2) Dent. 9.1, 18-21.