Annals of Ulsler, éd. Hennessy et Mac Carthy, s. a
4. Cf. texte de Prosper, p. 37 n. 2. — L'élection de l'évêque par la communauté est la règle générale au v« siècle. Mais lorsqu'il s'agit d'une communauté de création récente, ou trop faible pour trouver en ellemême les éléments nécessaires à la formation d'un haut clergé, le pape ou un archevêque quelconque nomme un évoque de son choix. C'est ce qui arrive aussi dans le cas où l'élection aurait été viciée ou rendue impossible dans les communautés qui élisent d'ordinaire elles-mêmes leurs évoques. Cf. Boucharlat, Élections épiscopales sous les Mérovingiens, Paris, 1904, p. 20 ss. — M. Bury, op. cit., p. 350 remarque que la phrase de la Conf., p. 368 : « ad plebem nuper uenientem ad credulitatem » fait supposer une certaine extension du christianisme avant la venue de saint Patrick. Sinon l'auteur aurait employé primum, plutôt que nuper. — Patrick dit avoir été emmené par ses ravisseurs en môme temps que « tôt milia hominum ->, que Dieu avait punis ainsi de ce qu'ils s'étaient éloignés de lui. Il y avait donc des chrétiens en Irlande au moins dans la classe des captifs. — Ainsi que le remarque Zimmcr, op. cit., un certain nombre de mots d'Église ont en irlandais une forme qui ne dérive pas directement du latin, mais de mots britonniques empruntés au latin. Ainsi Va long, caractéristique du britonnique remplace Va long latin dans les mots irlandais Irindoil (trinilalem), altoir (altare), caindloir (candelarius). nollaic (nalalicia), popa {papa) etc. Or les compagnons
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Los pouvoii's jHiblics ne le reconnaissaient pas. Patrick en fit une Eglise puissante, dotée de tous ses organes, ofTiciellcmcnt reconnue, et il lui soumit d'immenses nagions.
L'organisation ecclésiastique créée par saint Patrick eut pour base le monastère ^ L'exemple de Lérins et des succès qu'avaient remportés les ordres monastiques dans leur lutte contre le paganisme rural en Gaule, était évidemment présent à l'esprit de l'apôtre. Mais son mérite est d'avoir appliqué à l'Irlande la seule organisation qui convînt à ce pays. Il n'y avait, en effet, en Irlande, ni agglomérations urbaines ou môme villageoises, ni résidences fixes de cours royales, qui pussent servir de centres aux communautés chrétiennes. Très largement conçus, embrassant non seulement les moines proprement dits, mais encore toute une population qui voulait participer à une vie chrétienne plus intense, les monastères furent en Irlande ce qu'ont été les cités des provinces romaines. Ils devinrent les
de Palladiiis étaient certainement de langue latine. On constate donc ici, comme on pouvait s'y attendre, les traces d'une christianisalion de l'Irlande par les Bretons, antérieure à la mission de Palladius. — Enfin M. Bury a fait valoir que le cycle pascal en usage en Irlande jusqu'au vu» siècle parait y avoir été adopté avant les missions de l'alladius et de saint Patrick. En efîet, ce cycle est de quatre-vingtquatre ans et ses limites sont la quatorzième et la vingtième lune. Or au temps de saint Patrick la Suppulatio Romana avait pour limites la seizième et la vingtième lune, et tout l'Occident s'y conformait. Le mode de calculer la date de Pâques en usage en Irlande est une survivance de l'Eglise du iv siècle et on n'a point de trace qu'on s'en servit encore en Gaule au début du v» siècle. Comme saint Patrick avait reçu sa préparation en Gaule il est improbable qu'il soit allé chercher dans quelque coin perdu de la Grande-Bretagne un compul pascal vieilli. Bury, op. cit., p. 371 ss., croit donc pouvoir conclure que saint Patrick trouva en Irlande des communautés chrétiennes se servant de l'ancien comput, et qu'il ne voulut ou ne put pas le remplacer par un autre.
1. Tous les néophytes de saint Patrick qui désirent servir Dieu se font moines ou nonnes : Conf., p. 369, Ep., p. 378. Ils sont tellement nombreu.x que saint Patrick ne peut les énumérer. — L'organisation monastique de l'Église n'exclut point, naturellement, l'existence de clercs isolés.
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sièges des évéchés et assurèrent une stabilité parfaite au fonctionnement de la vie ecclésiastique ',
D'autre part saint Patrick fit du christianisme la religion prépondérante parmi les chefs. Ce n'est pas qu'ils eussent partout et toujours réservé un bon accueil à l'upùtre. 11 lui arriva d'ôtre fait prisonnier avec ses compagnons, enchaîné et menacé de mort". Le roi suprême, Loegaire mac Niall, ne se laissa pas convertir \ Mais en fin de compte le saint sut gagner leur faveur. 11 fil son possible pour ne les blesser en rien, et ne point provoquer de persécution '. Il faisait des largesses aux brethemain {ju^es arbitraux), auxquels il ne distribua pas moins, dit-il, d'une somme égale à la composition pour meurtre de quinze hommes libres ^ Il donnait des cadeaux aux chefs, pour qu'ils permissent à leurs fils de le suivre, et il rétribuait encore ceux-ci ^ Et jamais on ne vit Patrick accepter aucun présent, ni ceux
1. Cf. plus loin, ch. m, pour les détails et les références. — Dès les plus anciens documents connus on n'a point de traces d'autre organisation que celle des monastères. Armagh elle-même, la métropole, est une abbaye.
i. Conf., p. 372 : «^ comprehenderunt me cum comitibus meis. Et illa die auidissime cupiebant interficere me. Sed tempus nondum uenerat. Et omnia quecumque nobiscum inu<'nerunt rapuerunt illud. etmeferro uinccrunt. Et quarto deoimo die absoluit me Dominus de polestate corum, et quidquid nostrum fuit redditum est nobis propter Deum et neceàsarios amicos, quos ante preuidimus ».
3. Tlrechân, loc. cit., p. 308. D'autres Vies disent qu'il se convertit par peur. Tirechàn représente assurément la tradition vraie. Si Loegaire s'était converti, un tel triomphe de saint Patrick aurait rendu impossible la formation de toute tradition contraire.