Muirchu, p. 281 ss., Tirechân, p. 306 s
lapulre. Pendant qu il prononçait un sermon en présence de convertis nouveaux, saint Patrick appuya par mégarde le bout de son bâton sur le pied d'Aengus et le perça de part en part. Mais le roi attendit sans mot dire la fin du sermon, croyant que sa souiïrance était nécessaire à son baptême. Le saint l'en récompensa. 11 lui octroya sa bénédiction et lui prédit que ses descendants jouiraient toujours du pouvoir.
L'ascétisme de l'apôtre lui donne comme un avant-goût des joies célestes. Un jour qu'il se mortifie dans l'eau glacée d'une rivière, il aperçoit les « miracles habituels du ciel » qui s'entr'ouvre. Une autre fois, il jeûne pendant quarante jours sur le sommet d'une montagne, jusqu'à ce que le Seigneur lui ait envoyé un ange pour le réconforter et lui promettre l'accomplissement de tous ses désirs*.
Ce sont encore des thèmes de contes pieux, comme on en rencontre dans la littérature hagiographique de tous les pays, qui ont fourni l'épisode où les cinq doigts de saint Patrick éclairent comme autant de torches ", ou la légende dans laquelle un néophyte déclare avoir vu des étincelles sortir de la bouche du saint*. L'endroit où se tient saint Patrick est toujours sec, même lorsqu'il pleut dans l'île entière *. La première nuit qui suit la mort de saint Patrick, ce sont des anges qui veillent sur son corps. Ils font entendre une musique si douce, que tous les clercs s'assoupissent ^ Le soleil s'arrête dans sa course au moment où
1. Tirechân, p. 322. Cf. Colgan, Vita Ul", et Vie Triparlite dans Triparlite Life, I.
2. Muirchu. p. 29.t. La môme légende se répète dans les Vies du bienheuri'U.x Marianiis Scolus et de saint Sebald, citées dans Delehaye, Les légendes liaf/iograpliiques, 2° ùd., Bruxelles, 1906, p. 57.
3. Tlrechàn. p. 330 (légende de Gosacht fils de Milchu), et p. 308 (conversion d'Ere).