Colgan, Vita /F«, §j, p
2. Colgan, VitalV", auctore Probo, §1, p. 65 ; Vie Triparlite, 4" partie loc. cit., p. 8 (trad. p. 9) : Marianus Scotus dans Pertz. Mon. Germ. Hist., VII, p. 481.
3. Homélie du Lebar Brecc dans TripartileLife, II, p. 432 (trad. p. 433). Cf. généalogie de saint Patrick dans Lebar Brecc, fac-similé, p. 13, col. 1. Une variante d'après un autre Ms. chez Atkinson et Bernard, loc. cit., II, p. 177. Patrick y est le treizième descendant de Brillus « a quo sunt Briltani nominati ».
4. Klles apparaissent dans les Vies du ix» siècle et y ont atteint d'un coup leur plein développement. Cf. Colgan Vitae lU. IV, F* auct. Probo, ///* ; Vie Tripartile, loc. cil. ; l'homélie du Lebar Brecc ; la Vie du JAvre Lismore.
Ici les hapographes n'inventèrent rien de neuf. Ils adaptèrent seulement des thèmes empruntés soit f» la légende de la mission de saint Patrick, soit à la littérature hagiographique courante.
On voit donc Patrick enfant dompter des bètes féroces; il ressuscite son père adoptif et sa sœur. Ce sont là des lieux communs.
Le roi des Bretons s'éprend de la mère de saint Patrick déjà enceinte. Jalouse, la reine tente d'empoisonner la sainte femme. Par la vertu de Patrick le poison est changé en caillou. Patrick naît ce caillou en main.
Une autre fois des gouttes d'eau qui tombent des doigts de Patrick se transforment en feu. Ce n'est qu'une adaptalion du thème des doigts lumineux *.
III. Légende des voyages, — Les hagiographes développèrent enfin une importante légende autour des voyages que saint Patrick accomplit avant sa venue en Irlande.
Le point de départ de celte légende est dans les faits historiques, tels que les écrits de l'apôtre et la tradition les ont rapportés. Mais au vu" siècle la légende n'était encore qu'en germe. Tout ce que Muirchu et Tirechân ajoutent aux sources historiques, est le nombre d'années que l'apôtre a consacré à ses études en pays étranger. Tout au plus peut-on supposer que le livre de l'évêque Ultan, auquel renvoie Tirechân, donnait quelques détails
1 . Autres légendes. Le clerc aveugle qui baptise Patrick recouvre la vue. La fontaine du baptême devient miraculeuse. — Patrick fait flamber de la glace (développement ultérieur du thème des gouttes d'eau changées en feu). — Patrick change de la neige en lait et en beurre pour payer l'impôt. Une fois que le roi les a vus. le lait et le beurre redeviennent neige (thème de substitution, très fréquent dans les contes populaires). — A l'issue de la captivité de Patrick, laquelle dura sept ans, son maître voulu le marier et le libérer. On choisit une captive dans une autre région de l'Irlande. Patrick reconnut sa sœur dans sa fiancée.
supplémentaires sur les pérégrinations du saint'.
Pourtant Tirccliân recueille une tradition qui, plus tard, entrera dans la légende des voyages de Patrick. C'est la légende de saint Sachcll, Baptisé par Patrick pendant la tournée que celui-ci fit en Gonnaught, Sachell alla à Rome avec l'apôtre".
Dans la légende développée, chaque phase du voyage correspond à un degré des initiations de Patrick '. En voici le schème.
Patrick va étudier auprès de saint Germain à Auxerre. De là il se rend à Tours, où saint Martin lui confère la prêtrise, ou bien, s'il a déjà reçu celle-ci des mains de saint Germain, l'ordination épiscopale.
Deuxièm.e phase du voyage : Patrick vient à Rome. Le pape Célestin rend hommage à sa sainteté. Il lui confie la mission de convertir les Irlandais. Suivant d'autres Vies le pape ordonne Patrick évoque. Pendant la cérémonie on entend les enfants de la forêt de Fochlut appeler Patrick.
Troisième phase : Patrick se rend en un lieu désert, où Dieu lui-môme converse avec lui et le confirme en sa mission. Ce lieu est invariablement situé dans les parages de la Mer T^Trhénienne. C'est de préférence une île, quelquefois une série d'îles. Toutefois, dans deux Vies, c'est une montagne du rivage, le Mont Hermon.
Dans ces îles, Patrick reçoit de Dieu un bâton miraculeux, signe visible de l'aide divine.
Celle troisième et dernière phase des voyages de Patrick est la plus amplement racontée. C'est là aussi que la fan-
1. Tirechân, p. 302 ; « omnia » qui sont relatifs à la vie du saint jusqu'à son arrivée en Irlande « inuenietis... in plana eius historia scripta ».