‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 118 sur 249 · p. 301. — Cf. ci-dessus, p. 31 n. et 39 s · texte numérisé non relu

p. 301. — Cf. ci-dessus, p. 31 n. et 39 s

3. Vies, Colgan, IV", 111", T" par l'robus. La légende atteint son maximum de développement dans la Vie Tripartite.

laisie des hagio^raphes a placé le plus de traits miraculeux, empruntés soit au séjour de Moïse sur le Mont Sinaï, soit et surtout aux traditions païennes de l'Irlande. Nous aurons à étudier plus amplement ce dernier point.

Les textes. Les Vies types. — Ainsi accrue se constitue à partir du ix" siècle la version type de la légende de saint Patrick'.

Les plus anciennes variantes connues en sont : la Vifa III' du recueil de Colgan, écrite en Irlande, au ix® siècle, d'après un archétype interpolé en Grande-Bretagne, ainsi que l'a démontré ^L Bury^; la Vie rédigée par Probus au x" siècle "* ; enfin la plus riche de toutes, modèle des rédactions postérieures, dite Vie Tripartite *.

1. Recueils imprimés : Josephus Colganus (Colgan), Triadis Thaumalurgse, seu... SS. Palricii, Columbx et Brigilœ... Acta, Lovanii, 1647 : Sept Fie*, dont cinq latines originales (11'- VI"), une traduite de l'irlandais et publiée sans le te.xte original (VII' vel Triparlila), et une éditée dans le te.xte avec traduction il"). Seules les Vies I", VI' et Triparlila ont d'autres éditions. — Colgan a muni son édition d'appendices et de notes très précieu.x. — Whitley Stokes, Triparlile Life of sainl Patrick xiilh olhers documents relaling lo thaï saint, London, 1886, (Rolls Séries), deu.x volumes à pagination continue) : Cinq Vies, divers documents et les écrits de saint Patrick. Entre autres tous ce qui a trait à saint Patrick dans les M&s. A; Fr. L. H., Lebar Brecc, y a été publié. — Les autres recueils seront nommés à mesure.

2. Bury, A Life of saint Patrick dans Transactions of llie Roy. Ir. Ac- XXXII, secl. C, Part III ; Dublin, l'JOo. — La seule version publiée est celle de Colgan, Vita lll'. Le texte en est très défectueux, interpolé et amplifié au début et à la fin. Les Mss. de celte Vie représentent deux recensions différentes.

3. Colgan, Vila V'. L'auteur, Probus, dédie son œuvre à un certain Paulinus. On ne sait rien de précis sur ces deux personnages. Colgan émet l'hypothèse (p. 21'.t) que Probus est identique avec Coenachair, abbé de Siane en Meath, mort en 948 et que Paulinus est Mael Pois évoque et abbé dlndedhnen près Slane, mort en 920. Cf. critique chez Bury, Life of sainl Patrick, p. 273 s. La Vita V' ne parait pas être antérieure à la moitié du x« siècle. — Analyse chez Bury, Life of saint Patrick, p. 274 ss.

4. Deux éditions. La première, traduction latine uniquement, dans Colgan, op. cit., Vila I'//° alias Triparlila. Colgan a eu à sa disposition des Mss. perdus depuis. Seconde édition, et première du texte irlandais original, par Whitley Stokes, Triparlile Life, I, d'après le Ms.

CzAH.NOWSKr. 6

Les versions connues de la Vie Triparlite sont rédigées en un irlandais qui, suivant AVliilley Stokes, n'est pas antérieur au xi'' siècle. Mais des allusions historiques relevées par les auteurs qui se sont occupés de cette Vie démontrent qu'en son ensemble elle est une refonte d'un texte datant de la seconde moitié du ix' siècle \

Les SOURCES des Vies types. — Ces Vies senties plus anciens textes qui relatent explicitement la légende de voyages".

Quant au reste leur teneur générale et la plupart de leurs épisodes sont puisés dans des documents plus anciens, perdus en grande partie. C'est ce que fait voir l'examen de deux groupes de textes fragmentaires.

Le premier est entièrement consigné dans un seul manuscrit, le Livre d'Armagh, compilé en 807 ou 808 par le scribe Ferdomnach^. Ces textes sont réunis surtout en vue

Rawlinson, B. 12 d'Oxford, confronté avec le Ms. Egerlon 93, du British Muséum. — Les deux versions, celle de Colgan et celle de Stokes, diffèrent considérablement. Cf. Whitley Stokes, In troduc lion k son édition. Les Mss. Baivlinsonei Egerlon omettent en outre un long passage dans la première partie de la Vie, que Whitley Stokes a complété en réimprimant le texte de Colgan. — Nos renvois sont toujours faits à l'édition Stokes, sauf pour le passage en question, pour lequel nous renvoyons directement à Colgan en le mentionnant expressément. — Analyses : Whitley Stokes, Inlrod. à son éd., et Mac Carthy, The Triparlile Life of saint Patrick, dans Trans. Roy. Ir. Ac., XXIX, part. VI, Dublin. 1889.

1. Whitley Stokes, Tripartile Life. I, Inlrod., p. LXIV ss. et p. LXIII. — Le plus ancien rédacteur de la Vie Tripartile était un contemporain de Cenngecàn roi de Cashel, mort en 897, et il écrivait peu après le temps de Connacân, fils de Colmân, mort en 855. Une rédaction de cette Vie existait aux temps de Joseph, évéque d'Armagh, mort en 936. Cf. Bury, Life of saint Patrick, p. 270.

2. On trouvera dans Bury, op. cit., p. 274 ss. une comparaison des trois Vies en ce qui concerne la légende des voyages.

3. Sur le Livre d'Armagh et les documents relatifs à saint Patrick qu'on y trouve cf. Charles Graves dans Proceedings of IheRoy. Ir. Ac, III, p. 316 ss. et p. 356 ss. ; Reeves, ibid., 18'Jl et 1893; Whitley Stokes, loc. cit., Introd. ; Hogan, loc. cit., préface; Gwynn, loc. cit. (non con-

de soutenir les droits du siège métropolitain. Aussi se rapportent-ils pour la plupart fi la mission de saint Patrick.

C'est d'abord un a|)pcndice à la Vie de Tirechân et qui fait corps avec elle. Kerdonmacli a dû le trouver dans le même manuscrit que la Vie '. Cet appendice contient une mention du voyage do Patrick à Rome, et, entre autres choses, la comparaison entre lui et Moïse.

Vient ensuite une série de légendes locales sans lien entre elles. Elles ont été réunies par un scribe d'après diverses sources. On les nomme Additamenta Ferdomnachi^.

Le Liber Angueli, du même manuscrit, rédigé vers l'année "oO au plus tôt, est une énumération des privilèges du siège métropolitain d'Armagh révélés à Patrick par un ange^.

Le document le plus important du Livre d'Armagh est un mémorandum delà vie de Patrick, simple liste de noms de personnes et de lieux qui ont été en relation avec le saint. Celte liste permet de contrôler l'antiquité des légendes de la Vita Tertia et de la Vie Tripartite \

suite). — Éditions des documents relatifs à saint Patrick : Hogan, loe. cit., I, p. 552 ss. ; II, p. 3j ss. et 213 ss. (incomplète); Whitley Stokes dans Tripartite Life, II, p. 269 ss. (édit. complète) ; les fragments qui contiennent des noms ou des phrases entières en irlandais chez Whitley Stokes et John Strachan, Thésaurus Palaeohibernicus, II, Cambridge, 1903, p. 259 ss. — Edition du Ms. entier par M. Gwynn.

1. Tripartite Life, II, p. 331 s. — Cf. Bury, op. cit., p. 251.

2. Ihid. p. 334 ss. Texte latin et irlandais. — Les documents copiés par Ferdomnach furent réunis par les soins des successeurs de saint Patrick à Armagh. — Une partie concerne le Leinster. Whitley Stokes suppose qu'ils ont été communiqués à Armagh par Muirchu ; M. Bury, op. cit., p. 253 croit que ce fut l'évoque Aedh de Slebte qui les transmit aux abbés d'Armagh. C'est d'autant plus probable qu'une visite dAedh à Armagh est mentionnée immédiatcmentaprèsleslégendcs du Leinster.

3. Ibid., p. 352 ss. — La tradition qu'un ange avait donné à Armagh des privilèges territoriaux est déjà connue de Tirechân, p. 312 : « Deus dédit illi (Patricii) tutam insolam cum hominibus pcr anguelum Domini ».

4. Publiée par Whitley Stokes à la suite de la Vie de Tirechân, loc. cit.

Le contenu du Livi'e d'Armagh est entré presque entièrement dans la Vie Tripai'tite et dans la partie de cette Vie qui concerne la mission de saint Patrick on ne trouve que peu de chose qui ne soit pas mentionné par Ferdomnach.

Les TEXTES. Les continuateurs de Muirchu. — Le deuxième groupe de textes se rattache à la tradition que représente Muirchu. Il comprend trois Vies.

La plus ancienne est une courte Vie métrique irlandaise dite Hymne de Fiacc\ Elle dérive soit d'une source apparentée à Muirchu, soit directement de Muirchu et de quelques autres documents hagiographiques. MM. Whitley Stokes et Strachan concluent à la dater de l'année 800 environ.

Malgré son peu de longueur Y Hymne de Fiacc est de première importance pour l'étude de la légende de saint Patrick. Nulle part, en effet, on ne la trouve résumée ainsi en quelques points, qu'évidemment l'auteur considérait comme essentiels. C'est, d'autre part, le texte où le caractère messianique de saint Patrick est le plus manifeste.

Les deux autres Vies de ce groupe sont les Vitœ />" et /P du recueil de Colgan. Elles dérivent toutes deux d'une source qui procédait à son tour de Muirchu et d'un autre document plus ancien que Muirchu et qui était relatif à la captivité de saint Patrick^. A ces sources les deux Vies en question en ajoutent une troisième, commune 5 la

1. Publié la première fois par Colgan, op. cit., Vila 1". Éditions modernes dans Triparlile Life, II, p. 404 ss., dans Goidelica, p. 126 ss., dans Thésaurus Palœohiberîiicus, II, p. 308 ss. et dans Alkinson et Bernard, The Book of Ilymns. Cf. Bury, Saint Patrick, appendice.

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