Aenach Carmain, loc. cit., p. 512 et 529 ss
donnait au dieu Bel le croît de toutes les sortes de bétail '. A Samhain, suivant un autre récit, la Bataille de Crinna, les druides offraient aux dieux des glands et une partie des récoltes*. C'est à la même date que les fils de Nemed payaient, on se le rappelle, leur tribut de lait et d'enfants aux Fomôraig. Les Dinnsenchas, recueil de légendes locales compilé au xii" siècle, parlent d'offrandes de nouveau-nés faites par les Gôidelsà une idole, Cromm Grùaich, à Mag Slecht, le jour de Samhain \ A Tailliu également on tuait des bestiaux en l'honneur des dieux et on brûlait les premiers-nés *.
Le SACRIFICE DES FÊTES. — FeSTINS SACRIFICIELS. — LcS
fêtes comportaient un sacrifice.
La viande que l'on consommait aux banquets provenait d'animaux sacrifiés.
C'était de la viande de porc ' . Le Glossaire d'O'Da-
1. Tochmarc Emire, éd. Kuno Meyer, Rev. Celtique, XI. p. 442 : Do asselbhthea dine cecha celra for se(i)lb Be(i)l. Del-dine iarom. i. Bellline.
2. The Battle ofCrinna, éd. Standish Hayes OGrady, dans Silva Gadelica, vol. trad.. p. 360; Keating, éd. Dinneen, vol. cité, p. 246.
3. Dinnsenclias métriques de Mag Slecht, éd. Kuno Meyer dans The Voyage of Bran, II, Londres 1897, app. B, strophe 4 :
Do cen bùaid A lui sans gloire
marbtais a claind toirsig trûaig, Ils tuaient leur progéniture pi-
toyable, misérable co n-immud guil ocus gàid, Avec beaucoup de lamentations
et péril a fuil do dàil imm Chromm Crû- Pour verser leur sang autour de
aich Cromm Crùaich.
4. Dinnsenchas métrique de Tailtiu, dans le Livre de Ballymote, p. 404, 1. 4 et 5 du fac-similé publié par Robert Atkinson pour l'Académie Royale d'Irlande, Dublin. 1887.
Na leora fola fillte Les trois sangs défendus
ro pridchais Palraic indte (Patrick y prêcha) :
dam, ocus guin bo m-blicht. Bœufs et tuer vaches à lait
loiscid leis fas imprimichl. Aussi contre l'action de brûler les
premiers-nés (?J.
1. Cf. par exemple le festin de Samhain dans The Death of Muircer-
vorcn nous apprend qu'à Samhain chacun devait î\ son suzerain une offrande nommée fuirec : c'était un porc qui était tué et mangé*. Saint Adamnan, qui florissait au vil* siècle, certifie qu'on engraissait les porcs en automne pour en égorger de grandes quantités au début de l'hiver, c'est-à-dire à Samhain '. Ce sont ces porcs qu'on mangeait au banquet festival.
Les porcs sont des animaux impurs en Irlande. Il est interdit aux rois et aux nobles de les garder daus l'enclos sacré qui entoure leur demeure *. D'autre part les porchers sont des personnages importants ^ Xous avons donc affaire à des animaux sacrés.
Les dieux qui vivent dans un état de fête perpétuelle
tachmac Erca, §§ 19, 22, dans Rev. Celtique, XXIII, p. 408 s. p. 410 s. En général la viande de porc est servie aux banquets d'honneurs. Cf. par exemple, Saissance et régne de Conchobar, dans Irische Texte, H, p. 210 (le héros Fergus dévore chaque jour sept porcs et sept bœufs) et surtout Scél MucciMic-Datho. éd. Windisch, dans Irische Texte, I, p. 96 ss. (description d'un festin de viande de porc). Cf. description des banquets de Tara dans O'Curry Manners and Customs, II, p. 15.
2. O'Davoren's Glossary, éd. Whitley Stokes dans Archiv f. Celtische Lexikographie, II, p. 366, n» 978 : Fuirec. i. nomen bid fearthar ria notlaicc. ut est f(a) er, fuirec ocunrl. i, in banb samna (Fuirec. c'est le nom de la nourriture offerte (au seigneur) avant Noël, ut est faer, fuirec, etc., c'est-à-dire le cochon de Samhain). — Cf. ibid., p. 363. n" 977 : Faer. t. ainm bid doberar do ligerna isin fogmur, ut est faer, fuirec, furnaide, Nô faer. i. in mult fogmuir. i. iar inbuain (Faer, c'est le nom de la nourriture offerte au seigneur en automne, ut est faer, fuirec, furnaide. Ou bien faer est le mouton d'automne, c'est-à-dire, après le printemps (?). — Cf. aussi, ibid., p. 367, n» 983. sous Furnaidhe. On nomme ainsi la nourriture consommée en hiver entre le Nouvel An et la Chandeleur, ou jusqu'à Bellaine, et qui consiste en salaisons et saucisses.
3. \'ita Columbae, édit. Reeves (publications de la Irisk Archseol. and Cellic Society), p. 135.