‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 141 sur 249 · Cf. plus loin, p · texte numérisé non relu

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3. Keating, éd. Dinneen, vol. cité. p. 246 : les druides allument à Samhain un feu à Tlachtga, dans la Plaine de Breg et, pendant que ce feu brûle, tous les foyers de l'Irlande doivent être éteints. — Cf. d'Arbois de Jubainville, Assemblées, p. 21.

4. Sanas Cormaic, éd. Kuno Meyer, p. 12, au mot Belllaine : Belltaine. i. beil-tine. i. tene bil. i. dà tene sôinmech, dognitis na dràilhe co

et régénéialriees. Le Glossaire déjà cité nous apprend qu'on y amenait le bétail afin de le préserver des maladies '. Aujourd'hui encore le jour de Beltainc on fait passer dans le môme but les bétes à cornes entre deux feux voisins'.

Mais l'importance rituelle des feux de Beltainc et de Samhain consiste surtout en ce qu'ils sont des feux sacrificiels. A défaut de témoignages directs nous le concluerons de l'analyse des mythes qui s'y rattachent.

De la correspondance des mythes et des rites, tant

tincetlaib moraib — (Bellaine. c'est-à-dire, bil-lene, c'est-à-dire, feu bienfaisant, ce sont deux feux que les druides produisaient par le moyen de grandes incantations (ou avec incantations). » — Cf. Dinnsenchas du Ms. de Rennes, éd. Whitley Stokes dans Rev. Celtique, XV, p. 297, n» 7 [Midé) : Mide fut le premier qui alluma un feu en Erin à Uisnech pour les clans de Nemed. et tous les feux d'Irlande furent allumés à ce feu. 'Ce mythe correspond évidemment à un rite. On répétait chaque année le feu d'Uisnech : on devait y allumer les foyers comme on le fll pour la première fois.

1. Sanas Cor maie, suite du texte cité : doberdis na cethra atarro ar tedmaiiduib cec/ui bliadna — « ils amenaient à ces feux les bestiaux contre les maladies de chaque année. » Cf. Keating, éd. Dinneen, vol. cité, p. 24G.

2. Joyce, op. cit.. I, p. 291 : on fait passer le jour de Mai, ou bien la veille de la Saint-Jean, les bestiaux entre deux bonfires. Pour guérir les bêtes malades on allume un feu nouveau en frottant deux bouts de bois l'un contre l'autre et on procède comme ci-dessus. — Les feux de fêtes étaient très répandus en Irlande et on les allume encore en certaines localités. Par exemple dans le comté Donegal on allume des feux le Jour de Mai (Beltaine), la veille de la Saint-Jean et au !•' août (Luguasad). — Jusqu'en fîSS on plantait au Jour de Mai dans la paroisse de Maghera (Down) un maypole sur la place du marché, on nommait un Hoi et une Heine de Mai et le jour suivant on organisait un festin. Une quête couvrait les frais de la cérémonie. Aujourd'hui on allume à Maghera des bonfires la veille de la Saint-Jean, et le jour suivant les franc-maçons de l'endroit se réunissent en un banquet {The Folk-Lore Journal de Londres. II. 1884, p. 90 s. — Cf. Evelyn Marlinesco Cesaresco. ibid., I, 1883, p. 158 : « in some parts of Ireland they sfill plant a may-lree or may-bush before the door of the farm house, throwing it at sundown into a bonfire ». — Dans la paroisse de Cahircorney on plante la veille de la Saint-Jean des pieux sur le faite des plus hautes collines. Au sommet de ces pieux sont attachés des paquets de paille et l'on fait des feux au[our (Ibid., II, 1884, p. 213). — Sur les rites de l'Arbre de Mai et du feu, cf. Mannhardt, Wald-und Feldkulle, 2» éd. posthume, Berlin, 1904, I p. 160 ss. clpassim.

(l'excmplos ont été signalés, qu'on est en droit de la considérer comme un postulat vérifié par l'expérience, et dont on peut se servir avec prudence, à fin de démonstration.

Personnages divins qui meurent aux fêtes. — \. La légende de Muircertach. — Un exemple typique est fourni par le récit de la Mort de Muircertach mac Erca ^

Muircertach, fils d'Erca, premier roi d'Irlande issu de la race d'Eogan ou branche septentrionale des Hûi Xéill, est un personnage historique, qui florissail au vi^ siècle". Mais dès le X* il était devenu un héros épique' et cent ans plus tard

1. l'ublié sous le titre The Death of Muircertach mac Erca par Whilley Stokes dans Rev. Celtique, XXllI, p. 396 — p. 430, avec trad., d'après le Livre Jaune de Lecan (YBL), qui fut copiée au xw siècle, et le Ms. H. 2. 7 du Triiiity Collège de Dublin, qui est postérieur de cent ans environ. Une partie des vers intercalés dans la prose du récit ont été omis par l'éditeur « as merely repealing what bas been already lold in clearer language ». Av. -propos, ibid., p. 395.

2. Muircertach mac Erca, roi d'Ailech ou des Hùi Néill du Nord, apparaît pour la première fois dans les chroniques comme vainqueur du roi de Munster Ailill Molt dans la bataille d'Ocha en 482, suivant le Chronicon Scotorum, éd. William Hennessy, collection des Masters of ihe liolls: en 482 ou 483, suivant O'Flaherty dans Annals of the Four Masters, éd. J. O'Donovan ; en 482 ou 483 secundum alios suivant les Annals of Ulster, éd. Will. Hennessy et B. Mac Carthy. En 484 [Chronicon Scotorum, sub anno) M. gagne la bataille de Graine ; en 487 celle de Cill Osnaigh dans Mag Fea sur Aengus mac Nathfraeich, roi de Munster et sa femme Eithne Uatach, fille du roi de Leinster Criomthann mac Enna Cennselach. Ce Criomthann avait été tué en 484 (Chronicon Scotorum) par Eochaidh Guinech d'ibh Bairrchc, allié de Muircertach. 11 s'agit donc d'une longue guerre entre les Hùi Néill, qui prétendaient à la souveraineté, et les rois du sud. (Sur la rivalité du nord et du sud cf. Cath Muighe Léana, qui en raconte la cause.) En 508 Muircertach devient roi d'Irlande. En ol8 il vainct Ardgal mac Conaill Crimthainne maie NéilT dans la bataille de Detna en Uruimm Breg. La guerre contre le Leinster recommence et Muircertach est vainqueur des troupes de cette province en 528 à Cenn-Eich et Ath Sighe et en 530 à Eblinn, Mag .Ailbe et Almain, et il met au pillage Cliach (Dublin). La même année il bat les armées du Connaught à Aidne. Il meurt en 531 (Chronicon Scotorum).

3. Un poème de Cinaed hùa Arfacain, mort en 'J73, mentionne Muircertach dans une énuraération des grands héros anciens, immédiatement après les héros des cycles épiques d'Ulster et de Leinster. Publ. par Whilley Stokes dans Rev. Celtique, XXIII, p. 310 ss. (trad. p. 311), strophe 26 .: « le tombeau du noble Muircertach est près de

on connaissait sur sa mort tragique des poèmes, dans lesquels le roi se noie dans un tonneau de vin et est brûlé le jour de Samhain par la faute de sa concubine '.

Les circonstances essentielles de la mort de Muircertach sont les mômes dans la version bien connue du récit, qui date du xiv" siècle.

Un jour, proche de Samhain, le roi qui revient de la chasse ramène en son chfttcau de Cletech sur la Boyne une femme d'une beauté merveilleuse. Elle avait consenti à lui donner son amour sous trois conditions : le roi doit répudier sa femme légitime ; aucun clerc ne pénétrera jamais dans la maison qui abrite la nouvelle concubine royale ; jamais Muircertach ne prononcera le nom de celle-

Elle s'appelle Osnad, Easnadh, Sîn, Gaeth, Garb^ Gem adaig, lasnad^ Taethan — ce qui signifie : Soupir, Son, Tempête, Vent-Apre, Xuit-d'Hiver, Cri, Lamentation, Gémissement. Le récit la désigne le plus souvent par le nom de Sin, Tempête-.

Cletech au nord-est ». — Un poème, attribué, sans dout« faussement, à Cennfaelarth le Savant, qui florissait au vu» siècle, et qui est cité par le Chronicon Scotoritm, s. a. 497, chante les causes de la bataille de Seghais, dans laquelle Muircertach vainquit le roi de Connaught Duach Tengumha.

1. Poème cité par Tigernach, mort en 1088, dans ses Annales^ éd. Whitley Stokos, dans Rev. Celtique, XVII, p. 132, sub anno 531. Répété Chronicon Scolorum, même année : « Muircertach mac Erca (fut) plongé dans un tonneau de vin, et brûlé et blessé la nuit de Samhain sur la hauteur de Cletech. ainsi que le dit saint Cairnech : — J'ai peur pour la femme, autour de laquelle s'agiteront les tempêtes nombreuses, pour l'homme qui sera brûlé et que le vin va noyer sur le coteau de Cletech...

Sin est la femme qui t'a tué, ô fils d'Erca, comme je le croie. Ses noms sont nombreux (Cf. plus loin, les noms de Sin). Elle mettra quelqu'un dans l'ignorance.

La femme dont le nom est Sin n'est pas aimée à cause du roi, que le feu brûlera, que le vin noiera dans la maison de Cletech. »

2. Cf. Chronicon Scotorum l. c, (à la suite du poème) : « Sin dit en énumérant ses noms : — Soupir, Tempête, Vent-Apre, Gémissementd'Hiver, Lamentation ».

ti8 SAINT PAiniCK ET LK f.L'LTR DF.R HÉROS

Tout le monde à Clelech croit que Sin est une f(''e, une bandéa, car le roi l'a rencontrée assise sur le tumulus hnnlô de Brujçh na Boinnc, et parce qu'elle lui a déclaré « connaître les lieux secrets », c'est-à-dire les s/dh. Le récit explique qu'elle était seulement une magicienne très puissante, mais le fait est qu'il s'agit d'une bandéa, comme l'indique l'interdiction de prononcer son nom, interdiction qui est un lieu commun des contes de fées.

Dès le banquet qui suit son arrivée, Sin pratique une série d'enchantements. Elle suscite d'abord deux armées de fantômes qui s'entre-tuent sous les yeux des convives. Puis elle prépare pour ceux-ci un festin magique avec des fougères et de l'eau du fleuve qu'elle a changé, les unes en porcs et l'autre en vin. Ces porcs renaîtront dès qu'ils seront mangés et ce vin ne tarira jamais dans les vases.

Mais le lendemain tous les convives sont pris d'une faiblesse extrême. Le roi sent que sa mort approche.

Cependant Sin poursuit ses enchantements. Deux armées nouvelles apparaissent devant Cletech, l'une composée d'hommes bleus, l'autre d'hommes sans tètes. Elles provoquent le roi qui sort et fait un grand carnage de ces fantômes. Sin le nomme leur roi. Puis une nouvelle troupe barre la route à Muircertach, qui tombe dessus à grands coups d'épée et continue le massacre jusqu'au moment où l'enchantement est dissipé par saint Cairnech. Le roi s'aperçoit alors qu'il était en train de sabrer des pierres.

Mais à Cletech, dont l'entrée a été interdite au saint moine, le charme reprend. On arrive ainsi au septième jour des enchantements de Sin. C'est la veille du mercredi après Samhain.

Les convives du roi sont ivres et ils dorment après le festin magique. Soudain un grand vent que Sin a suscité vient gémir autour de la forteresse. « Voilà — dit le roi —

le soupir [osnad] d'une nuit d'hiver [gem-adaifj). » Et quand UTie tourmente de neige succède au vent, il dit que la tempête [sin) est Apre. Muircertach a ainsi prononcé trois fois le nom de sa maîtresse.

Aussi la mort le guette. Lui et ses guerriers sont aussi faibles qu'une femme en couches. Il a des rôves affreux, dans lesquels il se voit tantôt périr dans l'incendie de sa forteresse assiégée, tantôt enlever par un griffon qui le dépose dans son nid, lequel brùlc avec le roi et le monstre. Or ces rêves sont les signes précurseurs d'une mort prochaine, ainsi que l'explique au roi son druide.

Enfin le roi finit par s'endormir profondément. Alors Sin se lève, elle prend tous les javelots qu'elle trouve dans la maison royale, et elle les dispose en dehors de la forteresse la pointe tournée vers celle-ci. Puis elle met le feu à la maison dans laquelle dort le roi.

Aussitôt une armée surgit devant Cletech. Ses cris réveillent Muircertach qui n'a plus d'armes pour se défendre. 11 sort, voit les assaillants escalader les remparts, fuit dans sa maison et, comme celle-ci brûle, il cherche un refuge suprême en se plongeant dans un tonneau de vin où il meurt noyé. Le feu lui tombe sur la tète et brûle de son corps cinq pieds de long.

II. Légende de Flann. — Voilà pour Samhîiin. Beltaine est l'anniversaire d'une tragédie toute pareille.

Une légende rapporte qu'à cette date le roi Diarmaid mac Corbhaill assiégea un certain Flann, fils de Dima^ qui habitait dans la plaine d'Uisnech. La maison de Flann fut incendiée. Celui-ci chercha à se sauver en se plongeant dans une baignoire, mais il s'y noya et son corps brûla avec la maLson '.

1. Death of k'ing Dermol, l. c , p. 77 s. — Diarmaid mac Cerbhaill

III. La mort de Muircertach et de Flann sont sacrifia cielles. — Ces deux légendes sont-elles simplement des histoires tragiques quelconques ?

On verra que non. La mort de leurs deux héros est une mort rituelle.

Les incidents qui précèdent celle de Muircertach sont les incidents d'une fête qui est celle de Samhain. L'histoire du roi brûlé est un mythe qui correspond à cette f<ite.

On nous y parle d'abord de banquets qui sont des banquets de fêle et qui se composent d'aliments identiques à ceux du festin des dieux.

On y voit apparaître des esprits en foules. En effet, les « hommes bleus », les « hommes sans têtes » de la légende sont des esprits magiques. Ils sont une « armée de sorcellerie » \

Le roi et ses convives sont dans un état particulier, une faiblesse extrême, qui est un état caractéristique des jours de fêtes ^ Ainsi un récit, la Neuvaine des Ulates, nous apprend qu'à Samhain les guerriers d'Ulsler sont aussi faibles que des femmes en couches^. Le jour de Samhain

est, comme Muircertach, un roi historique du vi» siècle, qui devint héros épique. Cinaed hùa Artacain le mentionne dans son poème sur la mort des héros, strophe 32, loc. cit., p. 312. — Il devint même le personnage central de tout un cycle de légendes épiques.

1. Loc. cit., p. 422, § 40 : gair na slûag siabra ocus ndràidechta imon tech, « le cri de l'armée de sorcellerie et de magie autour de la maison ».

2. Loc. cil. p. 418, § 33 : 0 lliainiic in fledugad immorro ro laigset na sloig iarsin ocus ni raibi nert mna seola a nduine dib, « quand le banquet fut fini, la troupe se coucha et dans aucun d'eux il n'y avait la force d'une femme en couches. » Cf. ibid., § 34 (aussi les vers, p. 420) et §36, p. 420 s.

3. Deux versions de cette légende ont été publiées par M. Windisch dans Verhandl. der Kgl. Sâchs. Gesellschaft der Wissenschaften, hist. philol. Klasse, Leipzig, 1884. — Traduction française d'après les deux versions, combinées de manière à n'en faire qu'une seule, par d'.\rbois de Jubainville, dans Rev. Celtique, VII, p. 227 ss. et Épopée Celtique. — Cf. Dinnsenclias de Rennes, éd. Whitley Stokes, dans Rev. Celtique, XV, p. 45 (Armagh).

des fées enchantent le grand héros du cycle d'Ulster, Cûchulainn, qui reste sans forces, presque sans vie, jusqu'à la fétc de Samhain suivante'.

Enfin le roi s'unit i\ une déesse. Or, le mariage divin est parmi les événements des fêles de tous pays un des plus communs. Les Mariages de Mai en sont un exemple connu entre tous".

Ainsi les événements qui précèdent et qui préparent en quelque sorte, la mort de Muircertach sont les incidents d'un mythe festival, et la mort même du roi est le mythe d'un sacrifice de Samhain. Le druide qui explique le songe du roi lui dit : « Is i long i rabadais... .i. long in flailhiusa... ocus is in long do bâdud, tusa do taircsin, ocus do saegal do thoidecht ». — C'est le vaisseau dans lequel tu as été... c'est-à-dire le vaisseau de la royauté... et ceci est le vaisseau qui fait naufrage et toi tu dois être l offrande (?), et ta vie prendra fin.

1. C'est le sujet même du récit Serglige Conculaind , éd. citée. La période d'un an, de Samhain à Samhain, pendant laquelle Cûchulainn est malade, équivaut aux neuf jours de la maladie des Ulates, neuf jours qui s'allongent jusqu'aux trois mois d'une saison dans la Tàin Bô Cûalnge (loc. cil., à propos d'Imbulc). Elle équivaut en général à toute période fermée qui commence à la même fête et aussi à la durée de la fête elle-même. En effet, en Irlande, comme ailleurs, un cycle fermé de temps équivaut k l'éternité et par conséquent à tout autre cycle. Cf. par exemple l'histoire de la Conquête du Sid/i : Le dieu Dagda permet à son Cls Aengus de s'installer dans son palais souterrain pour un jour et une nuit. Aengus en profite pour y rester toujours, puisque le jour et la nuit renferment en eux l'éternité. (Résumé de la légende chez d'Arbois de Jubainville, Cycle Mythol., p. 270 ss). — Même thème dans l'histoire du Tribut du Leinster, telle que la relatent les annales : O'Grady, Fragmentary Annals, dans Silva Gadelica, II, p. 422-4i3, aux années 67d-69o : Adamnan avait permis au roi Finnachta de remettre son tribut d'un jour et d'une nuit. On ne le paye plus jamais depuis, sous prétexte qu'il a été remis pour l'éternité. — Sur l'étpiivalence des périodes fermées, cf. U. Hubert, Étude sommaire de la représentation du temps dans la religion et la magie. Rapport de l'École Pratique des Hautes Études, Section des Sciences Religieuses, 1905.

2. J.-G. Frazer, Lectures on the early kistory of Kingship, Londres, 1905, p. 154 ss. et Lecture VI; Mannhardt, op. cit., I, p. 422 ss., p. 437 ss. ; p. 444 et passim.

122 SAINT PATRICK ET I.K CULTK DES IlÉnOS

Il en est de niôme de la mort de Flann, dont la légende n'est évidemment qu'une réplique de celle de Muircertach. Seulement le sacrifice est ici un sacrifice de Beltaine.

IV. Le rite qui correspond aux mythes de Muircertach et de Flann est le feu de fête. Équivalence des diverses formes du sacrifice. — Or le seul rite de Beltaine et dé Samhain qui corresponde à ces deux mythes est le rite du feu.

On n'a, il est vrai, aucune preuve, qu'on y brûlât un homme. Mais Kcaling, un historien du xvii^ siècle qui a eu à sa disposition des documents perdus depuis, affirme qu'on y brûlait des offrandes '.

D'autre part une histoire, la Cour faite à Becuma', nous permet d'établir avec certitude l'équivalence des diverses formes du sacrifice et un sacrifice dans le feu sacré.

Becuma était une bandéa qui avait été condamnée par les dieux à mourir sur le bûcher pour adultère^. On lui fit toutefois grâce de la mort et la sentence fut changée en sentence d'exil. Elle quitta le pays des dieux. Arrivée en Irlande Becuma devint la femme du roi.

Mais dès qu'elle fut reine, des fléaux de toute sorte rava-

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