Ibid., cf. chapitre suivant
2. Dinnsenchas de Rennes, loc. cit., n» 99 : « Tailtiu, fille de Magmôr était la femme d'Eochu le Rude, fils de Dua le Sombre... elle était la mère adoplive de Lug, fils de Muet-Champion. Ce fut elle qui pria son mari de défricher pour elle la forêt de Cuan, de manière à ce qu'on put tenir une assemblée autour de son tombeau. Et puis elle mourut aux calendes d'août et ses lamentations et ses jeux funéraires furent célébrés par Lugaidh. C'est pourquoi nous disons Lugnasad. » — Cf. aussi Catfi Maighe Tured, éd. citée, § 55, et Lebnr na Gabala, passage relatif à la bataille de Mag Tured, trad. H. d'Arbois de Jubainville dans Épopée Celtique, p. 400. — La plus ancienne version connue de la légende de Tailtiu, et qui est en môme temps la plus développée, est conservée par un poème de Cuan hûa Lochain, mort en 1024 (Gwynn, Poems from Ihe Dinnsenchas dans Todd Lecture Séries, Vil). Sur Tailtiu, fille de Magmôr, cf. H. d'Arbois de Jubainville, Cycle Mythologique, p. 136 ss.
3. Loc. cit.; cf. Dinnsenchas d'Armagh, ville voisine d'Emain, et où l'on célébrait une fùte à Samhain : Mâcha, femme de Nemed, mourut tuée à Armagh et l'assemblée a été instituée en son honneur. Une autre
Or, les courses sont la cérémonie la plus importante de Lugnasad'. Elles ne sont pas un simple jeu sportif, mais un rite, puisqu'on les célèbre « autour » d'un tombeau, dans le but de commémorer un mort. Et parmi les courses de Carman, il en est une qui est réservée aux femmes, ce qui correspond au sexe des divinités dont on célèbre la mémoire ^.
La mort des déesses de Lugnasad est ainsi liée à la célébration des rites de la fête. Et leur mort est, nous n'en doutons pas, un sacrifice — un sacrifice du dieu qui ne diffère pas essentiellement des autres sacrifices de la fête.
La mort du dieu de la fête est le thème général de TOUTES les fêtes IRLANDAISES. — Aiusi Ic thème de la mort des dieux, ou de personnages qui leur ressemblent et les remplacent, est commun aux mythes et aux légendes des grandes fêtes irlandaises. On verra qu'il est encore le fait des autres dates critiques.
Un récit éqique, la Bataille d'Allen nous en fournit une preuve *.
tradition reproduit la légende d'Emain, qu'elle situe seulement à Armagh, Dinnsenchas de Rennes dans Rev. Celtique, XV, p. 45 s.
1. Sur les courses de Tailtiu, cf. poème cité de Cuan hûa Lochain. A Carman il y avait sept courses, une chaque jour : Aenach Carmain, strophes 21 ss. ; Dinnsenchas de Rennes, p. 312 (trad. p. 314). — Une assemblée de Lugnasad dont les courses étaient réputées était tenue sur le Curragh de Kildare. On la nommait Oenach Colmain ou Oenach Life: William Hennessy, The Curragh of Kildare, dans Proceedings of the Roy. Irish Academy, IX, p. 343.
2. Cuan hiia Lochain, chezG^'ynn, Poems from the Dinnsenchas (Oenach Taillen).
3. Aenach Carmain, strophe 44 : « La fête des femmes du Leinster dans l'après-midi. . Les femmes dont la gloire n'est pas petite au-dehors, leur course est la troisième course. » Strophe 4o : Avant la course les femmes doivent déposer leurs joyaux, dont la garde est confiée aux hommes de Leix. — A Tara il y avait une Maison dei femmes sur la pelouse où se tenait l'assemblée : Dinnsenchas de Rennes, Rev. Celtique, XV, § 26.
4. Cath Almame, The Battle of Allen, publiée par Whitley Stokes
LA LÉliENDE DE SAINT PATRICK 127
Le fait se passe le quaranlirme jour après Samhain, la Saint-Finnian '. Le texte raconte les circonstances d'une défaite infligée par les troupes du Leinsler à celles du roi suprême. Le principal héros est un poète, Donn-bô, qui fut tué dans la mêlée et qui ressuscita, après qu'on eut rapproché sa tète coupée de son tronc.
Cette histoire a plusieurs traits d'un mythe.
Les guerriers du roi suprême organisent un grand banquet la veille de la fclc et ceux du Leinster font de même après la bataille ^
Il y a tant d'esprits dehors, pendant la nuit, que perdonne ne se hasarde à sortir de la salle de festin par peur des mauvaises rencontres et de la tempête qui hurle au dehors^.
En arrivant à Allen les guerriers du roi suprême arrachent le toit d'un ermite lépreux *, de même que selon Posidonius, les prétresses des Namnètes arrachaient dans leur fête annuelle le toit de leur temple ^
De plus Donn-bô est en réalité un ancien dieu humanisé.
En effet, son nom signifie Brun-Taureau. Or un taureau, bo, qui est l'incarnation d'un dieu, est chanté dans la
dans Revue Celtique, XXIV, d'après YBL et le Livre de Fennoy, Ms. du XV» siècle. Une autre version, d'après un Ms. de la Bibliothèque Royale de Bruxelles, a été publiée par O'Donovan.
1. Cath Almaine, § 8, p. 50 ; pour la date de la Saint-Finnian cf. Félire Oengusso, Index .