‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 144 sur 249 · et · texte numérisé non relu

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3. §8 et § 18. La tempùte soudfle « parce que c'est la saint Finnian en hiver». Lors du festin qui suit la bataille, le roi du Leinster est obligé de promettre «. un char de la valeur de quatre cumal (= quatre femmes esclaves) et mon cheval et mon harnais de combat au guerrier qui ira sur le champ de bataille et qui nous en rapportera un gage ». — Cf. promesse pareille du roi Ailiil à celui de ses guerriers qui aura le courage de sortir la nuit de Samhain et de nouer un fétu au pied d'un pendu : EchlraSerai, édit. KunoMeyer, dansflei'. Celtique. X, p. 214 ss.

b. Posidonius cité chez Strabon, IV, 4.

Tain lia Cûahige et son nom est précisément Donn, le Brun. Sa rivalité avec un autre taureau divin, Finnben' 7iach, le Blanc-Cornu, est l'origine des batailles que raconte la grande épopée, et sa mort, à la suite d'une bataille contre son rival, clôt le récit.

Un dieu taureau a été aussi connu en Gaule. Il est représenté sur un bas-relief du Musée de Cluny '. H. d'Arbois de Jubainville a montré qu'il est identique au taureau divin de l'épopée irlandaise ■.

Nous croyons donc que la mort de Donn-bô est une mort divine et que l'histoire procède d'un sacrifice.

Le fait est que des sacrifices de taureaux ont été réellement célébrés en Irlande. On les nommait TarbfeSy Fête du Taureau ^ Bien que les textes leur assignent un but particulier, qu'ils les décrivent notamment comme une forme plus solennelle du sacrifice divinatoire dans laquelle la victime ordinaire, un porc ou un chien*, était rem-

1. Le bas relief représente un taureau, paré dune draperie qui tombe de son dos, comme une écharpe. Sur son dos sont trois grues. Au-dessus du bas-relief se lit : Tarvos Trigaranus.

2. Revue Celtique, XVIII, p. 253-266. Cf. du même., Les Druides et les dieux celtiques à formes d'animaux, Paris, 1906, p. 153-155.

3. Sergliqe Conculaind, éd. Windisch, p. 213, § 23 : (nous citons d'après la trad. de H. d'Arbois de Jubainville, Épopée Celtique, p. 187 s.) » : « Dans cette assemblée (à Tara) ils célébrèrent la Fête du Taureau, pour savoir par elle à qui donner la royauté. Voici comment se célébrait la Fête du Taureau. On tuait un taureau blanc ; un homme mangeait de la chair et prenait du bouillon de ce taureau en quantité suf- Osanle pour se rassasier. Bien repu, il s'endormait. Quatre druides chantaient sur lui une parole de vérité et il voyait en songe la manière d'être de celui qui devait être élevé à la royauté. »

4. Cf. la description du procédé de divination dit imbas forosnai dans Sanas Cormaic, édition Kuno Meyer, p. 64, N» 756, au mot Imbnss : « le devin mâche un morceau de la chair soit d'un cochon rouge, soit d'un chien, soit d'un chat ; il met ce morceau sur une dalle derrière la porte, chante dessus des paroles magiques et l'offre aux idoles. Ses idoles lui sont apportées (c'est-à-dire que ses dieux viennent le visiter) mais le lendemain il ne les trouve pas. Il chante sur ses deux mains des incantations et ses idoles lui sont rapportées à moins qu'on ne trouble son sommeil. H met ses deux mains sur ses deux joues. Il s'endort. Les gens attendent et observent et aucun d'eux ne

placée par un taureau blanc, il ne peut y avoir aucun doute, après ce qu'on a vu de Donn-bô, que la victime du Tarifes ne soit identique au dieu-taureau du mythe festival. C'est d'ailleurs h. une fôte, à Samhain, que le Tarbfcs est célébré».

La mort du dieu de la fête est suivie d'une renaissance. — Xous pouvons dire en règle générale que toute fête en Irlande a pour thème la mort d'un dieu et nous avons quelques raisons de dire : le sacrifice d'un dieu.

Mais renchaînement des représentations issues du sacrifice ne s'arrête pas là. On vient de voir, en effet, que Donn-bo ressuscite-.

doit le troubler ni le réveiller jusqu'à ce qu'il ait eut une révélation complète des choses dont il s'agit. C'est le imbas forosnai ». Ce rituel rappelle d'une façon frappante celui du Tarb-fes. — Sur Vimbas forosnai, cf. O'Curry, Mariners mid Customs, II, p. 135 ; II. d'Arbois de Jubainville. Introduction à l'élude de la Lillérature Celtique [Cours de Littérature Celtique, 1), Paris, 1883, p. 151 ss., pp. 247 ss. et 252 ss.

1. Ceci ressort : 1° de ce que l'assemblée, pendant laquelle on célèbre le Tarbfes, a lieu à Tara et que c'est une assemblée pan-gôidélique ; 2» de ce que l'histoire Serglige Conculaind, où il en est question, est entièrement une légende de Samhain.

2. Le thème du décapité qui ressuscite, lorsqu'on remet sa tète sur son tronc est. on le sait, un des plus répandu dans les contes de tous pays. Rabelais entre autres la utilisé dans son Pantagruel, livre II, chap. XXX. En Irlande un géant emporte sa tète coupée et revient le lendemain avec sa tête sur ses épaules. (The Edinburgh Version of the Cennach inc Rtianado, éd. Kuno Meyer dans lievue Celtique, XIV, p. 4a4 ss.. trad. p. 4o'J ss. et éd. Windisch, dans Irische Texte, I, p. 301 ss.). — Dans une version plus ancienne de cette légende, qui forme le dernier épisode du morceau épique Fled Bricrend. Festin de Bricriu. et dont seul le commencement a été conservé, il s'agit non d'un géant, mais d'un esprit qui habite un lac. « Ils (les guerriers) virent venir à eux un rustaud grand et laid. Il leur sembla que parmi les Ulates, il n'y avait pas un guerrier qui atteignit moitié de sa taille. Le rustaud avait l'air effrayant et hideux. Ses vêtements étaient une vieille peau et un manteau gris foncé. Il portait des branches d'arbres énormes... Deux yeux avides et jauni s, aussi grands que des chaudrons, semblaient lui sortir de la tête. » (Fled Bricrend, éd. Windisch, dans Irische Texte, I, §,§ 91-94. Cf. Ibid., § 87, où le même rustaud est une ombre qui sort de la mer de l'Ouest. Nous avons cité dans la traduction de II. d'Arbois de Jubainville, Épopée celtique, p. 143 s ). — Ce portrait le fait si bien ressembler à Dagda, l'un des

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Maclia meurt en mettant an monde deux jumeaux. La mort de Tailtiu est suivie par l'avènement et rapolhéose d'un jeune dieu qui est uni h la déesse morte par les liens d'une parenté, aussi proche tout au moins, selon les idées irlandaises, que la parenté de mère à enfant'. En effet, Tailltiu est la mère adoptive de Lug\ Or Lugnasad est la fôte de Lug. Le nom même de la solennité l'indique- et le dieu passe pour avoir été le premier à célébrer les jeux de Taillten\

Une naissance qui suit une mort équivaut universellement à une réincarnation ou à une résurrection. lien est

principaux dieux des Tiïatha Dé Danann el leur roi, que nous n'hésitons pas à voir un seul et même personnage dans l'ombre géante et le dieu. Cf. (Cath Maighe Tured, édit. Whitley Stokes, § 93. La taille de Dadga est partout décrite comme gigantesque et son allure est celle d'un rustaud (cf. ibid., § 26 et § 90). — Mais aucun des récits où l'on voit le géant, respectivement un avatar de Dagda, décapité ne contient d'indications qui permettent de, le considérer comme acteur d'une fête. — Il en est de même de Concrithir. un héros qui avait reçu des fées le don de revivre le lendemain du jour où on l'avait tué : Cath Finittraga, édit. Kuno Meyer, dans Anecdota Oxoniensia, vol. cité, p. 13 ss.

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