Muirchu, p. 281 s
2. Dinnsenchas métriques de Mag Slecht, éd. Kuno Meyer, strophe 10 : Uair itgén, achl celhramthi slùaig Gâidel n-(jér fer i m-belhaid — bùan in sàs — ni dechaid cen bds Jias bel. « car j'ai appris, que sauf quatre de la troupe des hardis Gôidels, pas un homme n'est (demeuré) en vie — c'est une durable embuscade ! — (aucun) n'échappa sans la mort ». Cf. Muirchu, p. 281 : De tous les païens, seuls le roi, la reine et deux autres Irlandais demeurent auprès de saint Patrick.
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Notons encore que pour déjouer un complot contre sa vie Patrick change ses compa|]^nons et lui-môme en cerfs et se rond ainsi pendant la nuit de PAqucs de Forla-fer- Féicc :\ Tara'. Le miracle de celte transformation fut opéré par la vertu d'un hymne composé par le saint. Or le titre de cet hymne est Faeth fiada\ le nom même du ciiarme qui protège les « hommes des sidli », qui circulent en forme de cerfs les nuits de fêle.
Ainsi la légende de saint Patrick résume l'épisode essentiel des mythes irlandais qui ont Irait aux fôles. Quant au saint lui-même, il réunit les traits des divers acteurs du drame festival, ceux du dieu sacrifié en môme temps que ceux du dieu nouveau, ceux du dieu qui triomphe dans un carnage comme ceux des génies qui circulent aux fôles. EIntre tous les héros des mythes et des légendes, saint Patrick est peut-ôlre la personnification la plus complètement adéquate à Tensemblè des représentations qui régissent la célébration des fôtes irlandaises.
La légende de saint Patrick est une légende de printemps. — Mais la légende de saint Patrick est plus particulièrement une légende du printemps.
Elle se passe à PAques. Or de môme que les envahisseurs mythiques arrivent le jour de Beltaine, qui est une fête du printemps, Patrick débarque à Pâques.
Le caractère pi'inlanier de Pâques ressort encore de l'épisode de la légende qui a pour théâtre le Mont Aigle.
1. Muirchu, p. 282 : Saint Patrick bénit ses huit compagnons, dont un jeune garçon (Benignus), et il les amène au roi. Celui-ci les compte et tout à coup les chrétiens disparaissent aux yeux des païens. A leur place ceux-ci voient « octo tantum ceruos cum hynulo euntes quasi ad dissertum ».
2. Publié sous ce litre par Whitley Stokes dans Triparlite Life, I, p. 48 ss. — Cf. la légende qui raconte la composition de cet hymne, ibid.. Introduction. — Cf. Keating, éd. Dinneen, vol. cité, p. 148.
Pendant les quarante jours du Carême Patrick endure les persécutions des démons. Des oiseaux noirs Tassaillcnt en bandes innombrables. Il est à bout de forces. Mais, lorsque vient Pfîques, les oiseaux noirs disparaissent et un ange vient consoler le saint. Enfin se lève le soleil, et au même moment les âmes des saints Irlandais passés, présents et à venir entourent le saint sous la forme d'oiseaux blancs'.
Ainsi le triomphe pascal de saint Patrick a lieu après une période de souffrance et d'affaiblissement. Il est d'autre part le signal de la venue d'esprits bienfaisants qui se substituent à des génies malins et qui seront les semeurs de biens spirituels, de même que les génies des fêtes printanières amènent le renouveau de la nature.
Saint Patrick est même directement associé à celui-ci. Sa propre fête, le 17 mars, marque le milieu du printemps irlandaise De plus, c'est la fête du shamrock, plante qui reverdit précisément vers le milieu du mois de mars. On décore les chapeaux de shamrock le jour de la Saint- Patrice en Irlande', et dans certaines localités de l'île on en mange même *.
Caractère solaire de saint Patrick. — Enfin saint Patrick présente certains caractères d'un génie solaire.
Sa fête coïncide avec l'équinoxe du printemps.
Elle tombe, on l'a vu, le 17 mars. Or, c'est la date même de l'équinoxe réel vers l'année 700, suivant le calen-