Ibid., p. 91 ss
4. Publié par M. Windisch dans sa Kurzgefasste irische Grammatik. Traduction française par H. d'Arbois de Jubainville dans L'Épopée Celtique en Irlande, p. 388.
sions des mythes d'invasion comme un retour dans ce pays'.
Aucun vivant ne peut y débarquer. La mer engloutit les vaisseaux des fils de Nemed au moment où ils allaient toucher Tor-Inis.
Inversement, les héros qui ont pénétré dans le pays divin ne peuvent plus toucher du pied la terre des hommes. Ainsi lorsque Bran, fils de Febal, l'un de ces héros, aborda en Irlande à son retour, un de ses compagnons qui avait touché la terre du pied fut immédiatement réduit en cendres ■. 11 est pareillement interdit au héros Loegaire, fils de Crimthann, qui revient d'une expédition chez les génies, de descendre de chevaP. C'est que ces héros ne sont plus des hommes, mais des revenants.
Il s'agit donc bien d'un pays des morts.
D'autre part, les génies, ou une partie d'entre eux, habitent ordinairement des palais souterrains, les sîdh. Or les sîdh sont généralement des sépultures. Celui de Brugh na Boinne par exemple, un des plus fameux, est un tumulus à chambre funéraire '.
1. Par exemple la version de Nennius sur la mort des fils de Nemed H. d'Arbois de Jubainville, Cycle Mythologique, p. 117.
2. Imram Brain maie Febail, éd. Kiino Meyer, dans Alfred Nutt et Kuno Meyer, The Voyage of Bran, Londres, 1895, I, p. 32-33. — Le pays que Bran a visite a bien tous les traits du pays divin. Comme Tor-Inis, comme l'Espagne il est situé à l'Ouest. Personne ne peut le découvrir, s'il n'est conduit par un dieu (Manannan mac Lir dans Imram Brain). C'est un pays de vie, de jeunesse et de santé éternelles. Cf. la description du royaume de Bregon en Espagne dans V Histoire de Tadg, fils de Cian, Silva Gadelica, II, p. 385 ss.