Éd. Whitley Stokes dans Rev. Celt. XXII, p
3. Tochmarc Etàine, éd. Windiseh. dans Irische Texte, I p. H7 ss.. 130 ss. Résumés : d'Arbois de Jubainville, Le Cycle Mythol., p.3Hss. ; OCurry, Mannersand Cusloms. t. Il, p. 19:2 ss. et Alfred Nutt Voyage of Bran, II. Des fragments de la légende ont été en outre publiés par le Dr. Stern dans Z/l. fur Celt. Philol. V, 3. pp. 522 ss. Cf. étude sur Tochmarc Etdine par Alfred Nutt dans Hev. Celt. XXVII, p. 325 ss. Cf. Zimmer dans Kuhns Zfl., XXVIII, p. 585 ss.
Mais Mider, qui n'a pas oublié son ancienne compagne, essaye de décider la jeune femme à le suivre. Comme elle refuse, il l'enlève et la cache dans son sidh.
La science d'un druide permet pourtant à Eochaidh de découvrir sa retraite. Il attaque le sîdh, défait les génies et reconquiert sa femme.
Ainsi Etâin est en même temps une fée et une femme morte. En effet, elle n'a jamais cessé d'être une bansidhaig, puisque Mider la reconnaît pour son ancienne compagne et qu'en l'enlevant il ne fait que la ramener parmi les dieux. Et cependant Etâin est une femme née d'une femme, et la longue liste de ses ancêtres humains lui permet de mépriser le séducteur Mider, qui n'est qu'un simple dieu et par conséquent dépourvu de généalogie. Elle ne se souvient pas de son existence antérieure dans le sidh. L'enlèvement d'Etàin par un dieu est donc une représentation de la mort humaine, représentation qui est d'ailleurs universellement répandue. Lorsque Eochaidh reconquiert sa femme ce n'est pas seulement une fée qu'il ramène. C'est une morte qu'il ressuscite.
Or Etâin appartient au groupe de nos génies de fêtes. En effet, elle habite comme eux un sidh^ qui est un lieu de fête [oenach), et son mari, Mider, est connu par d'autres textes comme un des Tûatha Dé Danann. Tous les épisodes de l'histoire ont d'ailleurs pour théâtre des assemblées et des banquets. Ce ne peut être que pendant une fête que le sîdh est attaqué et pris par les hommes, car les demeures des dieux sont inaccessibles en temps ordinaire.
Cette histoire nous donne un exemple de la double nature, humaine et spirituelle, de nos génies. En tant qu'hommes mêlés aux incidents de la vie humaine, ce sont d'anciens dieux. En tant que dieux, ce sont d'anciens hommes, c'est-à-dire des morts.