II. lis so7it des ancêtres. Ce sont aussi des ancêtres
Les Dinnsenchas de Carman nous apprennent que les esprits, qui se réunissent en assemblées en môme temps que les vivants, sont des ancêtres de ceux-ci '.
Les héros qui partent pour le pays des génies reviennent parmi leurs ancêtres. Dans le récit déjà cité de Togail Bniidne Dd Derga, le roi Conaire Môr se voit interdire la chasse à des oiseaux qui se sont échappés d'un sîdh, car il deviendrait le meurtrier de ses ancêtres. Leur roi est son père -.
L'identité des génies avec les ancêtres des hommes ressort encore des mythes d'invasions.
En effet, les Irlandais descendent tous du même dieu de la mort qui a donné naissance aux génies envahisseurs. Bile, père de Mile, est identique audieuBeP. Cette généalogie est d'ailleurs confirmée par l'existence d'une croyance analogue chez les Gaulois qui, suivant César, prétendaient descendre de Dispater\
Les ancêtres des hommes, qui se confondent avec la race de Bel, se confondent encore avec les Fomoraig. Le pays d'origine des uns et des autres est celui où s'élève la tour des dieux, et d'autre part YEchtra Condla fait présider les assemblées des ancêtres humains par le roi des Fomoraig, Tethra^ Or les Fomoraig sont, on l'a vu, les plus anciens des dieux et, par conséquent, leurs ancêtres communs.
Ce n'est donc pas une tribu particulière de génies qui se confond avec les ancêtres des hommes. C'est la série
1. Aenach Carmain, strophe B, chez O'Curry, op. cit., III, p. 530.
2. Éd. Whitley Stokes, § 13, daus Rev. Celtique, XXII, p. 24.