Loc. cit., p
entière des envahisseurs mythiques, toute la masse des génies réveillées par la fùtc, qui leur est identique.
III. //*• sont des héros. — Parmi ces génies, quelquesuns prennent une personnalité et un nom propres, sans toutefois cesser d'ôtre attachés à leur tribu divine. Mais à côté de ces personnages, on en a vu d'autres à titre individuel paraître dans les mythes des fêtes. On verra que ceux-ci également ne sont pas purement et simplement des dieux. Ils sont des morts, des ancêtres et des héros.
La fée Mongfind, en l'honneur de laquelle, suivant le rédacteur d'un récit épique, la mort de Crimthann, la fête de Samhain était appelée Fête de Mong/iiid, et à laquelle on adressait des prières à celte date, est une reine morte. Femme du roi suprême Eochaidh Muigmcdon, elle fut régente du royaume après la mort de son mari et elle meurt empoisonnée pendant un banquet de Samhain*.
Il en est de même de la fée Mâcha, dont on a parlé plus haut comme déesse de la fête d'Emain Mâcha en Ulster. Cette Mâcha qui, suivant la Neuvaine des Liâtes, un morceau épique du cycle d' Ulster, est une petite-fille du grand dieu de la mer Manannan mac Lir' est identique à une reine légendaire, Mâcha Mongrûad, ou aux- Cheveux-Roux, dont on commémore la mort à la fête d'Armagh '. En effet, les deux Mâcha n'ont pas seulement le même nom, mais leur fête à toutes deux est célébrée à la même date, à Samhain, dans deux localités voisines, dont Tune, Armagh, n'a pris de l'importance que lorsque Emain Mâcha et sa fête avaient été abandonnées. La fête d'Armagh apparaît ainsi comme la continuation des solennités