Dinnsenchas de Rennes, dans Rev. Celt., XVI, p
CzAR.NOWâKI. 11
162 SAINT PATniCK ET LE CULTE DES HÉROS
d'Emain ' et, par conséquent, Mâcha Mongn'iad et la fée Mâcha ne font qu'un.
La fée Mâcha est elle-même une morte qui revient à la vie. La Neiivaine des Ulates raconte qu'un veuf qui ne s'était pas remarié vit un jour ^Licha entrer dans sa maison et s'asseoir sans mot dire à la place de la morte, auprès du foyer. Puis elle alla et vint dans la maison comme si elle la connaissait depuis longtemps, elle appela chaque serviteur par son nom et, la nuit venue, elle se coucha auprès du veuf. Celte fée qui se comporte en tout comme la morte est évidemment l'esprit de celle-ci.
Inversement, les héros deviennent après leur mort les acteurs mythiques des fêtes. Nous savons déjà que généralement la fête donne à ces personnages l'occasion de mourir en beauté.
On en a vu plusieurs exemples dans le chapitre précédent.
Le roi Diarmaid mac Cerbhaill, qui est d'ailleurs un personnage historique, est le héros de tout un cycle de récits, dont le théâtre est Uisnech Midi et la date Beltaine. La mort du roi est le thème principal d'un de ces récits et celte mort apparaît comme la sanction du crime commis sur Flann, crime dans lequel nous avons reconnu un trait du mythe de Beltaine \
Le roi épique Conchobar est, en quelque sorte, un patron de Samhain et de Tannée entière, dont ses guerriers personnifient les jours. Le morceau épique intitulé Naissance
\. Hymne de Fiacc, verset 21 : « la royauté appartient maintenant il Armagh; Emain est depuis longtemps déserte ».