‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 165 sur 249 · Imram cuirrech Mael-Duin, chap. xxx · texte numérisé non relu

Imram cuirrech Mael-Duin, chap. xxx

3. Huit arbres pareils sont nommés dans une liste qui a été publiée par O'Curry dans Cath Muighe Léana, p. 96 note. — « L'arbre de lOenach Maighe Adhair » est mentionné dans les Annales, ad annum 981, publiés dans Silva Gadelica, vol. des trad., p. 542. — L'arbre dOenach Reil (bile i n-Oenach Reil) est mentionné dans The Death of Muircertachmac Erca, p. 426, § 46. Le fait que la vie humaine est liée à ces arbres ressort encore d'une légende qui raconte la naissance du roi Conn Getcathach. Cette naissance fut marquée par la germination de quatre d'entre eux. Cath Muighe I.éana, p. 94. Ce sont : Bile Tortan, Eo Rosa, Craobh Mughna, et Craobh Daithe. Le commentaire au Félire Oengusso du Lebar Brecc. éd. de 1880, p. CLXXXI au 10 décembre, dit au contraire que l'if Mugna est sec depuis la naissance de Conn Getcathach. (Cet if poussait en Belach Mugna sur la rive de la Barrow, en Leinster). Mais 1 if de Mugna est ici aussi un Arbre de Vie. La Vie en est sortie pour entrer dans Conn.

vie. Il contient la provision des ftmes incarnables et, en g^én^>ral, les sources de toute fécondité. Les puissances qui animent les liommes ainsi que tous les autres ôlres y sont pour ainsi dire emmagasinées à l'état latent, et la vie est la conséquence d'un dégagement des forces qui y résident.

Inversement, la mort est un retour aux sources de la vie.

En effet, on ne connaît pas un pays des morts qui difTére de celui des génies. Ainsi, l'enlèvement par un Dieu est expressément indiqué comme équivalent t\ la mort dans une légende des Dinnsenchas, celle de Tuag Inbir. Une jeune fille endormie sur le rivage est noyée par une vague. Mais en réalité c'était Manannan mac Lir qui avait pris la forme de vague pour l'enlever et l'emmener au pays des dieux '.

D'autre part, les esprits incarnés n'entrent pas tout entiers dans la vie humaine. Leur vie plonge ses racines dans la vie divine. Ils gardent un gage de retour.

C'est un rameau ou bien un fruit de l'Arbre de Vie. Les dieux le présentent aux hommes qu'ils invitent à les suivre dans Mag Mell et, le rameau une fois reçu, on est forcé de partir sans retour. C'est ainsi qu'une déesse oblige Bran mac Febail à quitter l'Irlande pour Tir innambeo. Pareillement le roi Cormac mac Airt voit Manannan mac Lir enlever sa femme et ses deux enfants en échange de trois pommes de Mag Mell'.

1 . Dinnsenchas de Rennes, Rev. Cellique, XV ( Tuag Inbir). — Cf. Dinnsenchas Bodléiennes (du Ms. Raulinson B. 500 d'Oxford), éd. Whitley Stokes, n» 4fj dans Folk-Lore, IV. — Légendes analogues de Tonn Clidna dans Dinnsenchas Rodléiennes n» 10 et de Rûad, (ille de Maine Milscoth, Dinnsenchas de Rennes, dans Rev. Celtique, XVI, p. ol s. — Cf. Dinnsenchas dEdimbourg. dans Silva Gadelica, vol. des Irad., p. 528.

i. Echira Cormaici Tir Tairngiri, éd. Whitley Stokes dans Irische Texte, III, p. 194 s., §5 31 s., trad. p. 21i s. Le récit est assez récent. l! ne remonte pas au delà du .\iv« siècle, mais les éléments qui entrent dans sa composition appartiennent en grande partie au.x mythes et aux légendes de l'époque païenne. — Cf. l'analyse de M. Alfred Nutt, dans Voyage of Bran. I, p. 189 s.

Il y a ainsi une relation intime entre l'idée de mort, celle de la vie et celle de la vie divine. La vie corporelle n'est qu'un intermède entre deux périodes de vie divine et la mort est le retour d'un esprit divin dans le dépôt de forces vitales, dont il est sorti pour créer de la vie ici-bas. Par là même est expliqué le fait que les dieux et les génies irlauidais se confondent si naturellement avec les morts.

III. Confusion des morts avec les génies. — On verra que de leur côté les morts tendent à se confondre avec les dieux et les génies.

On a nié que les Irlandais eussent connu la notion d'âmes de morts, distinctes des autres esprits. M. Alfred Nutt, après avoir étudié parallèlement les mythes irlandais de l'Autre Monde et le rituel des fêtes, établit que la mort et le sacrifice agraire sont deux moyens analogues d'échanger une certaine quantité de vie contre une quantité correspondante de vie nouvelle. Chaque mort vient seulement enrichir la réserve de Puissances de Vie disponibles. Quant à l'individu, suivant M. Nuit, rien n'en survit'.

On verra que celte division absolue entre les âmes des morts et celle des vivants est inexacte. Il reste une âme désincarnée, apte à se réincarner dans un individu.

Catégories des morts, morts anonymes et morts nommés. — Il y a en Irlande deux classes de morts.

C'est d'une part la foule anonyme, les morts ou les ancêtres en général. On n'en parle que comme d'une masse innombrable. Ils n'ont qu'une existence collective.

Le rituel des fêles comporte des lamentations sur les morts en général. A Carman, par exemple, il y avait sept

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