‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 166 sur 249 · Voyage of Bran, II, p · texte numérisé non relu

Voyage of Bran, II, p

tumulus sur lesquels on s'assemblait pour pleurer les morts, et le texte des Dinnsenchas dit expressément que ces morts sont une foule, une troupe *.

Mais à ctMé de celte foule anonyme il y a des morts qui gardent leur personnalité.

Ils se distinguent des autres morts par un monument funéraire apparent, par exemple, un carn (cairn), ou monceau de pierres, ou une duma, ou tumulus en terre.

La seule présence d'un monument pareil suffit à faire un mort d'une classe distincte, un héros, de celui qu'il commémore. En effet, bien que la plupart du temps on ne sache rien sur celui-ci, pas môme son nom, son monument funéraire est toujours attribué à quelque mort qui se distingue du commun. C'est le Tombeau du Seigneur [Carn ligerna)^ ou bien du Champion [Carn na Laech) ^. Une tradition des environs de Killarney voit dans un grand carn du Mont Mangerton le monument d'un berger qu'on trouva mort sans que personne pût expliquer son décès ^. Quant aux tombeaux attribués aux héros épiques, ils se chiffrent par douzaines*.

D'autre part les morts en question conservent dans bien des cas la partie la plus précieuse de leur individuaUté, celle qui en constitue le signe distinctif : leur nom.

En effet, le nom des morts de distinction est inscrit en caractères oghamiques sur la pierre levée qui surmonte la tombe. Il s'agit ici non de faits isolés, mais d'un rite qui est une partie intégrante du rituel funéraire héroïque, ainsi qu'on peut s'en convaincre à chaque pas en parcourant les

i. Aenach Carmain, strophe 3, p. 530.

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