Macalister, op. cit
4. J. Rhys. Cellic Folk-Lore, 11. p, 6i'4 s. Cf. ibid.. pp. 45. 54. 61, 88, 97, 229.
5. Légende publiée par M. Windisch dans Tain Bô Cùalnge, introduction, p. LUI, (trad. p. LUI s.). Cf. II. dArbois de Jubainville, Senchan Torpeist, dans Bibl. de l'École de Chartres XL, p. 132. — Cf. aussi Zimmer, KuhnsZft., XXVIII, p. 426 ss.
forte raison, avec les Puissance de Vie amorphes du pays divin.
Les MORTS nommés sont ceux dont la mort a une PORTÉE SOCIALE. — S'il Qu cst ainsi c'est que, par les circonstances mêmes de leur mort, ils sont devenus des êtres à part. Ils sont ceux, dont la mort ressemble à celle des dieux et des génies.
Ce sont d'abord ceux qui sont morts d'épidémie. En effet, ces morts ont des monuments funéraires apparents. Le nom particulier de ceux-ci, tamlachta, indique que le souvenir de l'épidémie y demeure attaché '.
\'iennent ensuite les guerriers tués en combattant". C'est surtout que leur mort est assimilable à une mort rituelle. En effet, les héros épiques sont en règle générale tués en combat singulier, ce qui est toujours une forme d'ordalie.
Ceu.x dont la mort est la sanction d'une infraction rituelle comptent pour cette raison môme parmi les morts individualisés. C'est le cas de très nombreux héros épiques qui meurent pour avoir enfreint les interdictions magiques, les geis, qui pèsent sur eux. La mort du roi d'L'lsler Cormac mac Conchobair, préparée par une série d'infractions involontaires de fjeis personnelles à ce héros', en est un exemple. Celle du roi suprême Loegaire mac Néill, qui meurt pour avoir violé son serment*, en est un autre.
1. Joyce, p. 608. \Vindisch, Tàin Bô Cùalnge, p. 172, note i. — Tamlachta est un mot composé de tam, épidémie, et lachta, monument funéraire.
2. Leurs monuments sont toujours des monuments apparents, carn ou fert, c'est-à-dire tumulus. Presque toujours les textes épiques mentionnent l'inscription de l'épitaphe de morts pareils.
3. Toqail Bi-uiden Ud Chocae, éd. Whillev Stokes, dans Rev. Celtique, XXI, §i 6 ss. : p. 152 ss.
4. Comlhoth Loegairi cocretvn, éd. Piummer, dans Rev. Celtique, \l. p. 165 s. (trad. p. 168 s.).
En général, toutes les morts violentes ou inexplicables, toutes celles qui tranchent nettement sur la banalité des morts normales, ont pour conséquence l'individualisation des esprits. C'est que tout ce que ces morts ont précisément de rare et de mystérieux, on pourrait dire de surnaturel, les rapproche de la mort rituelle.
Ainsi ceux qui meurent noyés deviennent des esprits indépendants des autres morts, comme le montre l'exemple du roi légendaire Rûad, qui périt dans la cataracte d'Assaroe, et dont l'àme habite depuis lors un tumulus voisin'. Il en est de même de ceux dont le cœur éclate de chagrin, comme ces deux amants, héros du conte Scél Baile Binnberlaig , à chacun desquels on avait faussement annoncé la mort de l'autre^. C'est encore le fait de toutes les morts qui bouleversent l'ordre établi, comme celles qui sont amenées par trahison.
A plus forte raison, on individualise les morts qui, de leur vivant, étaient investis d'un caractère représentatif et sacré, comme les rois et les druides, et ceux, dans la mort desquels l'intervention d'une puissance spirituelle paraît manifeste. Tels sont, par exemple, ceux qui meurent empoisonnés, comme le roi Crimlhann Nia Nair', l'empoisonnement étant toujours et partout entaché de magie, et ceux qui, comme le roi suprême Dathi, ont été frappés par la foudre*.
Ainsi les morts qu'on distingue des autres sont ceux dont la mort a une valeur religieuse particulière, c'est-à-dire