‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 169 sur 249 · Joyce, Social Hislory, \, p. i · texte numérisé non relu

Joyce, Social Hislory, \, p. i

2. Éd. Kuno Meyer, dans Rev. Celtique, XIll, p. 2i2 (Irad. p. 225). On inscrit le nom de ces morts sur leurs pierres funéraires.

3. Dealh of Crimlhann, éd. Whitlev Stokes, Rev. Celt., XXIV, p. 47'J.

4. Sur la mort de Dathi, voir chapitre suivant. Ce roi a l'un des plus beaux tombeaux de Cruachan. tombeau qu'on montre encore.

ceux dont la mort est rituelle, ou bien survient dans des circonstances qui la rendent passible d'ôlrc interprétée comme mort rituelle. On verra que c'est là la raison de ce qu'ils survivent 5 leur mort physique en tant qu'individus.

Mort rituelle et mort physique. Diverses formes de MORT rituelle. — I. Niivigaùoji errante. En efîet, la mort rituelle est compatible en Irlande avec la continuité de la vie individuelle. A la mort physique équivalent des rites qui ouvrent l'entrée de l'Autre-Monde aux vivants.

Il en est un qui consiste à embarquer un homme dans un bateau sans rame ni gouvernail et à l'abandonner au gré des flots'. L'existence réelle de ce rite en Irlande est démontrée par les faits historiques : au xii® siècle encore Hughes de Lacy venge la mort de Jean de Courcy en abandonnant ses meurtriers présumés dans des barques sans avirons".

Cette peine équivaut à la mort. Dans la légende de Becuma, les dieux expulsent ainsi la déesse condamnée au bûcher. Quand un homme parti dans un bateau errant est rejeté vivant à la cote, il n'a plus aucun droit dans son ancienne tribu. On le traite en étranger naufragé, on en fait un esclave ^ C'est que le rite l'a retranché de la société humaine. Il est voué h la mort et on n'envisage même pas l'éventualité de son retour.

1. Commentaire au Senchus Môr, dans Aiicient Lavjs ofireland, I,p. 14, 1. 10. Dans le cas d'homicide involontaire, le meurtrier qui ne peut payer la composition est placé dans une barque et abandonné au gré des flots.

2. Cf. encore : Rev. Celtique, IX. p. 17 s. ; O'Curry, Manners and Customs. M, p. 29: Mss. Materials, p. 333; Sullivan, introduction à O'Curry, Manners and Customs, 1, p. CXX et p. CGCXXXIV.

3. Senchus Môr, commentaire, Ane. Laws, l, p. 204, en haut de la page.

^ Naviguant au gré des Ilots, il est comme les morts passant en Mag Mell. Eux aussi sont obligés de traverser la mer avant d'arriver aux lointaines Iles de TOucst où est le Pays des Vivants.

Plusieurs héros ont entrepris la traversée et nous en avons des relations. Elle s'effectue sous la conduite d'une divinité psychopompe montée dans une barque de verre ou de bronze, dans laquelle saute le héros ^ Bran mac Febail rencontre en mer le dieu Manannan qui lui souhaite la bienvenue et le guide. Dans d'autres histoires, comme dans celle de Tuag Inbir ou celle de Cormac mac Airt, le héros du récit est enlevé par Manannan et transporté dans le pays divin.

Manannan mac Lir est le dieu psychopompe par excellence, le seul des grands dieux qui soit nommé dans les mythes de voyage en Autre-Monde. Or, se laisser aller au gré des flots c'est s'abandonner au bon vouloir de ce dieu, car Manannan personnifie la mer. 11 en est le fils, mac Lir, et le dieu qui passe sa vie à parcourir les « plaines fleuries » de l'Océan et à commander aux vagues, qui sont le troupeau innombrable de ses chevaux'.

En effet, les navigateurs qui se sont abandonnés aux vents et aux courants ont fini par aborder dans les pays des morts et des dieux. C'est ainsi que Mael-Duin découvre une série d'îles fantastiques, dont les traits ont été empruntés aux descriptions de Mag-Mell. Un autre héros, Tagd, fils de Cian, ayant perdu la route de son vaisseau à la suite d'une tempête, se laisse voguer à l'aventure et débarque

1. Par exemple Condla. D'Arbois de Jubainville, loc. cit., p. 389 (§ 7). — Gùchulainn part également pour le pays des fées, guidé par une déesse qui est venue le chercher. Serglige Conchulainn, ibid., p. 203.

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