‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 171 sur 249 · OCiirry, Sianners and Customs, II, p · texte numérisé non relu

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184 SAINT PATniCK ET LE CULTE DES HÉROS

Condla\ D'autre part cette contrée est située sous un lac, ou bien dans un monde souterrain qui communique avec celui des hommes par les sources des rivières. Le pays des génies et des morts est souvent situé de la môme façon.

Les initiés portent comme insigne un rameau de métal précieux chargé de clochettes^, et qui est un rameau de l'Arbre de Vie, En effet, les rameaux que les dieux psychopompes présentent aux hommes qu'ils appellent dans l'Autre-Moude, sont des rameaux mélodieux. Ils font entendre une musique délicieuse lorsqu'on les agite ^ D'autre part le Sorbier de Science^ auquel les rameaux des initiés sont évidemment censés être cueillis, n'est qu'une forme particulière de l'Arbre de Vie. 11 produit aussi ses feuilles, ses fleurs et ses fruits en même temps.

Ainsi l'initié est un homme qui est parvenu jusqu'aux sources de la Vie et qui en a rapporté un gage. Il est pareil à un dieu et à un mort. Et pourtant il reste bien en vie.

La conception irlandaise de la mort oscille donc entre deux points extrêmes. A l'un des pôles est le passage rituel dans l'Autre-Monde qui assure la continuité de la vie individuelle. Au pôle opposé est la mort purement physique, celle qui n'a rien de rituel ni même de remarquable, celle dont meurt tout le monde. Elle entraîne le naufrage de ce qui faisait la personnalité du vivant. Par sa fréquence et son uniformité même elle confond les âmes en une foule anonyme qui n'existe que par sa masse.

Les morts nommés occupent une situation intermédiaire entre ces deux cas extrêmes. D'un côté ils ne sont plus

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