Joyce, op. cit., II. p. 543 s. ; Muirchu, p
logue aux bains médicaux*. Or ceux-ci ont pour eiïel d'introduire dans le corps du patient une force de vie nouvelle. Ainsi Gethern, un héros blessé dans les combats de la TàinBô Cûalnge, acquiert une vie et une vigueur nouvelle après avoir été plongé dans une bouillie de chair animale qu'il a bu et qui a pénétré ses tissus ^ Dans la Bataille de Mag Tured le dieu médecin Diancecht ressuscite les morts des Tùatha Dé Danann en les plongeant dans Teau d'une fontaine^.
Le bain dans une rivière dont l'eau roule des germes de vie opère de même une véritable renaissance''.
l.Cf. Sanas Cormaic, éd. Kuno Meyer, p. 49: Fothrucad = a baigner o, est employé dans deux sens, celui de bain curatif et de lustration d'un cadavre.
2. Tain Bô Cûalnge, p. 630 s. — Cf. Giraidus Cambrcnsîs, Topographia Hibernica, dist. III, cap. 23 : lorsqu'il s'agit d'introniser un roi de Cénel Connell [Tribu de Conall. qui occupait le comté actuel de Tirconnell), on lui amène une jument blanche devant laquelle il se met à quatre pattes en déclarant qu'il est bien une bète. Alors la jument est tuée et sa viande cuite à l'eau. Le nouveau roi se baigne dans le bouillon ainsi obtenu et il en boit en se baignant. La viande de la jument est partagée entre les assistants. Une fois cette cérémonie terminée, personne ne peut plus contester le pouvoir du nouveau roi. — Il est, certes, fort douteux que cette cérémonie ait été jamais célébrée au moment d'une intronisation. Giraidus n'a pas été en Tirconnell, il relate ce qui lui a été raconté, et le cérémonial d'avènement de la tribu en question, tel que le rapporte Harris, dans son édition des œuvres de James 'SVare (note à Antiquitates Iliberniœ, p. 65) ne contient rien de pareil. C'est le cérémonial normal, celui que nous décrivons au chap. vi. Cf. Keating, éd. Comyn, p. 22. De plus le sacrifice du cheval n'est pas un fait grMdélique: il est gallois ou germanique. Mais les circonstances mêmes de ce sacrifice sont assurément authentiques. Jamais Giraidus ni aucun anglo-normand le plus hostile aux Irlandais n'aurait imaginé quelque chose de semblable. La cérémonie en question est trop cohérente et d'autre part sa description concorde trop bien avec celle du bain de Cethern. Aussi faut-il voir un fait dans ce que rapporte Giraidus, un fait qu'il a tout au plus mal interprété en en faisant un rite d'intronisation. Or, ce qui ressort de ce fait, est que les bains pareils à celui de Cethern étaient des bains sacrificiels et qu'ils avaient I)Our effet de faire participer le baigneur à la nature de la victime du sacrifice. — Cf. encore Keating, Histoire d'Irlande, éd. Dinneen, Irish Texts Soc, IX, p. 110 : des hommes blessés par des armes empoisonnées guérissent après s'être baignés dans du lait de vaches.