Éd. citée
4. C'est un bain pris dans les eaux de la Boyne qui fait oublier à la
II. Funérailles dé finit ic es. — Les funérailles proprement dites commencent quand la veillée est terminée.
Le cadavre placé sur une bière est transporté jusqu'au cimetière.
C'est un rite qui représente le départ du mort pour l'Autre-Monde. En effet, on pénètre dans tous les cimetières irlandais en allant de l'est à l'ouest, c'est-à-dire dans la direction que suivent les âmes des morts, et il en est de môme des allées couvertes sous tumulus, dont certaines ont servi de sépultures encore à l'époque gôidélique ^ De plus, nombre de cimetières sont situés au bord de rivières ou de lacs, et on y transporte le cadavre en bateau ■. On brise le char ou le bateau qui a servi à transporter le mort de crainte que celui-ci ne revienne^.
Sur la tombe les lamentations recommencent et un nouvel éloge du mort est prononcé *.
fée Eithne le secret du charme, féth fiada. Elle devient une femme mortelle : H. d'Arbois de Jubainville, Cycle Mythologique, p. 278 ss. — Pareillement les âmes qui boivent les eaux du fleuve infernal oublient leur vie humaine avant d'entrer dans IHadès. Elles dépouillent ce qui leur reste de leur ancienne nature pour vivre une vie nouvelle et différente.
1. Cf. Wood-Martin. Pa^on Ireland,passim; Borlase, op. cit., passim.
2. Les dolmens et les tumulus sont très nombreux dans les lies lacustres. Cf. Borlase, op. cit., pas.mn. — C'est aussi dans des lies qu'on trouve le plus de clochan, c'est-a-dire, de petites constructions coniques en pierres sèches ayant servi d'habitations à des ermites et peut-être même ayant été habitées antérieurement au christianisme. Ces clochan passent souvent pour être des tombeaux, et on en trouve qui sont associés à des monuments funéraires. Cf. Pétrie, op. cit., passim. — Un très ancien cimetière chrétien qui a été précédé par une nécropole païenne est situé dans un tlot du Lough Corrib, Inchagoill. Cf. Peirie, op. cit., appendice sur les Round Towers, p. i65. — Dans l'Ile Inishmurray se trouve un uladh, qui est actuellement consacré à la Vierge et qui est un but de pèlerinage. Les uladh sont des tombeaux païens. Kilhenny Arcliœol. Journal, 1885-1886, p. 302.
3. Un poète dit qu'd ne peut se consoler depuis que le bateau, sur lequel le corps de saint Cuimmin Fota a été porté au cimetière, est brisé : J.-H. Todd, Book of Hymns, p. 86 ; cf. ibid., note 2. — Dans les Hébrides on brise encore aujourd'hui le char qui a porté un mort à sa tombe : Carmichael, Cannina Gadelica, l'JUO, II, p. 320.
4. Dans Catk Muiyhe Léana, p. 20, Mogh JNéit, père du roi de Munster,
Enfin on célèbre une fôtc funéraire qui consiste en jeux athlétiques*, festin et sacrifice. Des bestiaux sont mis à mort sur la tombe et mangés, sinon à toutes les fêtes funéraires, du moins à celles des personnages de marque^.
Eoghan Môr, est d'abord pleuré par son fils qui raconte les circonstances de la mort. Puis on creuse la tombe et on érige au-dessus un tumulus. Alors un druide improvise un éloge funèbre. — Cf. Tke Death of Muircertach. § 47, p. 426 : le roi est enterré, après quoi seulement saint Cairnech chante un poème sur le mort. — Cf. Bruiden Dd Chocae, l. c. ; le poète Amairgen érige le tumulus du roi d'Ulster Cornaac et chante son éloge après.
1. Cluichi câinlech, litt. jeux funèbres. — Pour parler de funérailles l'épopée a une phrase consacrée dans laquelle ces jeux sont presque toujours mentionnés : ro claidead a leaght , ro laigeadh a fearth , rohadhadh a cluichi caintech , ro scribed a ainm oghaim « ils creusèrent son tombeau, et ils élevèrent son tumulus, et ils accomplirent ses jeux funéraires, et ils inscrivirent son nom en ogham ». Death of Crimthann, p. 184; — cf. Cath Finntraga, The Baille of Yentry, éd. Kuno Meyer, Anecdola Oxoniensia (Mediaeval and Modem Séries) I. part. IV, p. 28 ; Tain Bô Cùalnge, p. 601, note 1. — C'étaient des jeux analogues aux agones funèbres des Grecs. Les lettrés irlandais traduisent aywv par cluichi cdinlech : Doringned a cluichi câinlech, dans Togail Troi,éd. Whitley Stokes, 1. 1805, cité chez Windisch, Tàin,p. 601, note. — Des coursos de chevaux faisaient partie des cluichi câinlech : « Ils célébrèrent des courses brillantes et pures pour Achall. en face de Tara » : Gwynn, Metrical Dinnsenchas, Achall. — Un passage de Coladh Gaedhel re Gallaib, histoire des guerres entre les Irlandais et les Danois, éd. J.-H. Todd (Rois Séries), p. 82, parle de courses de femmes : « C'est alors (après la prise de Limerick par les Irlandais en 982) qu'ils célébrèrent les courses (graffaing) du fils de Feradach (Cathal mac Feradaich, un des chefs irlandais) : les femmes des étrangers (les prisonnières danoises) furent disposées en une longue ligne sur les collines de Saingel à l'intérieur d'un cercle, et leurs mains furent appuyées sur le sol. et elles furent fouettées par derrière par les valets de l'armée pour le bion des âmes des étrangers qui avaient été tués dans la bataille.» Cf. /«<ro(iuc<Jo?i de Todd, c.\xn s. et les noies, ibid. — S'agit-il ici d'un rite funéraire régulier? II y avait bien des courses de femmes à la fête de Carman (cf. plus haut). Pourtant rien ne permet de supposer qu'elles aient couru à quatre pattes. Il est probable qu'on est ici en présence d'une contrefaçon ironique d'un rite, qu'il s'agit d'une parodie. C'est pour cela sans doute que le chroniqueur l'a décrite avec tant de détails. Quoiqu'il en soit, l'idée de la course des femmes prisonnières a dû être suggérée aux organisateurs par un rite qui existait réellement, et ce rite ne peut être qu'une course de chevaux, ou bien une course de femmes.