Cf. p. 218. note
lieux se confondent pour une bonne part avec les dieux des clans et des tribus.
Les mômes raisons décident de ce que nombre de ces dieux morts deviennent des dieux territoriaux. L'extension de leur puissance suit celle du pouvoir royal. Mais lors môme que les limites des royaumes changent, les dieux continuent à régner sur les territoires qu'ils ont une fois acquis.
Ainsi la fée Aibell, qui protège le clan royal des O'Brien, commande en même temps à tous les génies du Thomond^ Elle continue à régner sur ce territoire.
Ici encore les dieux sont représentés comme des morts. Aibell, ainsi que les autres génies des sîdh, appartient à la classe des esprits des fêtes confondus avec les moris. Et d'autres dieux de clans et de territoires gardent bien leur caractère d'hommes morts.
On en verra des exemples dans le chapitre suivant. Bornons-nous ici à citer le cas d'un fils de Mile, Eber Donn, noyé pendant la tempête magique que les Tùatha Dé Danann avaient suscité pour empêcher le débarquement de Mile ". Donn est devenu roi du sidh de Knokfierna et il étend son pouvoir sur tous les génies de la plaine de Limerick^. Un autre mort, fils du roi de Leinster Dunlang, étend sa protection sur le clan de Bresal Brecc, et le roi d'Irlande Loegaire fait de même pour son propre clan, celui des Mac Néill ou Hûi Néill de Meath ^
1. Elle habitait le roc Craglea sur le flanc dune montagne près de Kiilaloe. Une fontaine voisine se nomme toujours Tobereevil, source d'Aibell. Mais depuis qu'on a coupé le bois. Aibell erre sans pouvoir retrouver son sidh. Joyce, op. cit., I, p. 263 s.