‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 187 sur 249 · Joyce, op. cit., I, p · texte numérisé non relu

Joyce, op. cit., I, p

4. Dinnsenchas de Tara, dans Rev. Celtique, XV, p. 281, trad. p. 284; Tirechân, p. 308.

IV. Inversement les morts individualisés jouent le rôle de dieux. Ainsi les dieux irlandais de toute espèce sont représentés comme des morts restés actifs.

Par li\ m^me ils se confondent avec ceux d'entre les morts humains qui gardent leur individualité intacte. En effet, ceux-ci continuent à vivre et fi agir après leur mort.

Leur puissance s'est môme considérablement accrue. Le cadavre du roi Dalhi, frappé parla foudre au pied des Alpes, fait gagner neuf batailles sur mer et dix sur terre à ceux qui le rapportent en Irlande ^

Le corps du roi de Connaught Eoghan Bel, qui a été enterré debout à la frontière, suscite une terreur panique dans les troupes ulates, chaque fois qu'elles s'avisent d'envahir la province. Les gens d'Ulster sont enfin obligés de déterrer le corps, de le transporter chez eux et de l'y enterrer de nouveau, mais la tête en bas'.

Le roi d'Irlande Loegaire et le fils de Dunlang sont enterrés tous deux de la môme manière, l'un à Tara et l'autre à Maistiu en Leinster. Ils étaient leur vie durant deux ennemis mortels. Après leur mort ils se font face « dans la posture d'hommes qui combattent » et ils continuent la lutte plus acharnée encore qu'auparavant ^

Les dieux et les .morts individualisés sont des héros. — Mais que sont donc ces dieux morts et ces morts humains dont l'activité persiste dans leur tombeau sinon des héros .^

Ils le sont d'abord par leur caractère de morts, et par la nature de leur mort. En effet, la mort violente et la mort

Page 1