‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 19 sur 249 · Czarnowski, p. 265, sqq · texte numérisé non relu

Czarnowski, p. 265, sqq

Czarnowski. b

XYIII PREFACE

des organismes politiques, qui comptaient avant tout par leurs chefs. Les groupes de ce type s'idéalisent normalement dans leurs ancôtres-chefs et ceux-ci sont normalement des héros. La vanité les pare à l'envi de tous les mérites que Ton prise ; elle se complaît à les figurer plus grands, plus valeureux, plus beaux que les meilleurs et les plus honorables de leurs descendants ; ils ont en tout cas le mérite d'avoir été les premiers et de n'avoir derrière eux que l'inconnu ou les dieux. Les unités fondamentales de la société irlandaise, fine et tuatha^ rendaient donc un culte à des héros, qui étaient leurs ancêtres légitimes. Audessus de ces parentés étroites s'étendaient des parentés plus larges. Des héros y correspondaient encore, qui s'élevaient au-dessus des autres ; il est précisément remarquable que ceux-ci aient eu presque toujours, dans le mythe de leur origine, quelque soupçon de bâtardise ou de pérégrinité; c'est le cas de Cuchulainn*, le plus populaire des héros d'Ulster.

Dans ce monde héroïque et divin, dont la mythologie irlandaise raconte les aventures, il est des personnages qui font plus spécialement figure de dieux ; ils sont désignés collectivement sous le nom de Tuatha dé Danann, les clans de la déesse Danu. Ils avaient des ennemis mythiques, les Fomore^ dont quelques-uns peuvent également être qualifiés de dieux. Mais ils sont censés, les uns et les autres, avoir noué avec les hommes des relations multiples et diverses. Il n'en est pas un qui n'ait passé sur

1. Gzarnowski, p. 262 : Cuchulainn est fils de Conchobar et de sa sœur Dechtire (d'Arbois de Jubainville, l'Épopée celtique, p. 38). D'après deu.x autres traditions, il est fils de Lug ou produit de parthénogenèse : d'Arbois, o. l., p. 26 sqq ; E. Hall, The Cuchullin saga, p. i5 sqq.

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