Ferann bùird, « terre de table
2. Sur leur parenté avec le roi, cf. les traités généalogiques publiés par O'Donovan : Hy Fiachrach ; Hy Many et Geinealach Corcu Laidlie, dans Miscellanea of llie Cellic Society, I.
3. Senchus Môr II, p. 280, commentaire : ... o ri tuailhe cia flailhius deside ala ac flaith qelfine. i. tus naidbsena. a lus nurlabra, ocus toga do rannaib,ocus sechtmad tire dibaidh na laimh... « du roi, car c'est de lui que vient la seigneurie du chef de famille, c'est-à-dire (le droit) de marcher le premier, et de parler le premier, et de choisir son lot et (la possession de) la septième partie de l'apanage de la main (du roi ?) ».
4. Ibid. : Cumad rath do çjabur do cach duine isin tuaith o flaith gel fine, ocus flaith gelfne do gabail ratha o ri tuaithe — « appropriée largesse est reçue par chaque homme dans la tàath du seigneur de la gelfine. Et le seigneur de la gelfine reçoit largesses du roi de la tùath ». — On nommait aussi ces subsides tuaraslal ou taurcrec. Cf. 0' Donovan, Book of Rights, passim.
5. Tenanciers libres : saer-céile ; tenanciers qui donnent un cautionnement : daer céile ; serfs glebae adscripti : fudir. — Cf. ces mots dans Ane. Laws. VI, Glossaire. Cf. Book of Rights, p. 222 : daer clanda et saer clanda. Les premiers vivent sur la terre du roi et lui payent des redevances.
tenurc héréditaire des membres de la famille, oîi celle-ci est représentée par son chef.
Tout ce monde, aussi bien les tenanciers parents que les tenanciers libres et les serfs, constitue la « famille » juridique du flàith, sa fine^. C'est une organisation analogue à la familia domestique romaine. Tous ses membres payent au chef des redevances et en reçoivent des subsides en bétail. Il leur doit aide et protection.
Les tenanciers directs du flàilk ont à leur tour des familiœ de clients, dont la composition est la même en ce qui concerne la parenté. Ils leur sous-louent leurs terres et leur bétail. Les degrés de clientèle continuent ainsi à descendre jusqu'aux simples midboth^ roturiers, qui n'ont plus de bétail à louer".
Ainsi la lûath présente l'aspect d'une vaste famille de nobles avec des clients, qui comprend plusieurs degrés hiérarchiques et plusieurs branches.
Caractère familial de la tûath. — Mais le lien, qui unit les membres de la tûath à leur roi et, par conséquent, les uns aux autres, est encore plus intime. Ce n'est pas seulement leur patron qu'ils voient dans le roi, c'est bien un père.
En Irlande le roi est en principe le mari de toutes les femmes. Il exerce le droit de jambage, jus primœ noctis, sur les nouvelles mariées. Le roi Conchobar était même obligé de l'exercer sous peine de sanctions magiques^. En
\. Ane. Laws, IV, p. 284 : la fine du flâilh se compose des serfs {fudir),de sa parenté (a ciniud), de ses subordonnés [ugabail fodagniat) : n On les nomme tous gens du flailhe fine ».
2. Cf. Sumner Maine, op. cit., et Nisbelh, op. cit. : O'Curry, Mann, and Customs, I p. 3o s. — Ceux des tenanciers qui ont assez de bétîjil pour le louer ont rang de chefs subordonnés. Ils commandent à leur famille et ii leurs clients. Il y a deux catégories de ces chefs (peut-être trois?) Ane. Laws, IV, pp. 3i0 ss., p. 344 s.
3. Sur le jus primœ noclis en Irlande, cf. d'Arbois de Jubainville, Le
tout temps d'ailleurs, le roi, s'il est dans la maison d'un de ses sujets, a le droit de partager la couche de la femme ou de la fille de celui-ci, et en le faisant il comble d'honneur son hôte.
Le vrai mari n'est ainsi juridiquement qu'un substitut du roi et tous les enfants qui naissent sont les enfants du roi. Il en est ainsi avant tout des premiers-nés, de ceux-là même qui deviennent en rèj^le générale des chefs de familles.
On voit des tûatha et des tribus entières porter des noms patronymiques qui ne dérivent point de noms d'ancêtres mais de ceux de rois. Les Hûi Maine, par exemple, étaient toute une armée au temps du roi Maine Môr dont ils portent le nom^ Il est difficilement croyable que tous aient été ses hûi ou « petits-fils ». Le roi Amalgaidh commandait à la population d'un vaste territoire, qui toute s'appelle depuis Hûi Amaigada"-. Et les Gonalli de Muirthemne, qui portent le nom de Conall Gernach, savent parfaitement qu'il n'était point leur ancêtre^
Ce qui ressort de tous ces faits est que la tûath est représentée comme une immense famille dont le roi est juridiquement le père.
Les subdivisions de la tuath. La famille. — Il y a en Irlande d'autres groupes sociaux que la tûath. En effet,
droit du roi dans l'épopée irlandaise, Paris, et La famille celtique, Paris, lyOo, p. dâi) ss., où les textes sont réunis.
1. Ils descendent d'un héros Colla de Crïach. Maine Môr était leur roi. U les guida d'tJlster en Connaught, où ils s'établirent et où ils devinrent les liùi Maine. Toutes leurs généalogies remontent à Maine, malgré qu'ils prétendent être venus à sa suite.