Senchus Mûr, p
4. Gel — « main » : d'Arbois de Jubainville, op. cil., p. 3. — Une autre expression pour ce groupe de parents est muntar, montar. dérivé de 'manu-lera. Les deux mots désignent la famille qui est in manu, sous la puissance du pire, tout comme à Rome, où les termes qui désignent la chose sont identiques : in manu, mancipium, emancipatio.
La ligne collatérale la plus proche est la derbfinc, ou « famille certaine ». Elle compte le père du chef et trois générations de ses descendants, soit quatre catégories de parents.
Vient ensuite la ear/î;ie, ou « famille lointaine ». C'est la lignée qui descend du grand-père du chef. Comme la précédente elle s'arrête à la quatrième génération.
Enfin, Yind/ine, ou « famille de la fin », représente la postérité de l'aïeul du chef. Elle aussi compte quatre générations.
Il y a ainsi dix-sept catégories de parents répartis en quatre subdivisions de la fme. Les textes irlandais disent « dix-sept hommes » K
On devrait plutôt dire « seize ». En effet, si la gel fine est dite comprendre cinq générations, au lieu de quatre comme les autres groupes de parenté, ce n'est là qu'une fiction juridique, dont l'origine est dans une interprétation erronée du mot gel/ine. On a voulu pouvoir comparer les cinq hommes de la gel fine aux cinq doigts de la main -, et ce faisant, les jurisconsultes irlandais n'ont pas remarqué qu'ils détruisaient l'harmonie du système entier de la fine. Car une gelfine de cinq générations une fois admise, au moment où un fils naîtrait à l'un des membres de la plus jeune génération, tous les autres représentants de celle-ci ne pourraient plus être classés dans aucune des divisions de la famille, comme trop éloignées de l'ancien ancêtre de Xagelfine^ devenu chef de la derbfine par rapport à l'enfant. Or ce serait contraire à la doctrine môme des jurisconsultes irlandais, suivant laquelle on doit passer delà gel fine dans la derbfine^ et ainsi de suite.
1. De fodlaib cineoil lùailhi, dans Ane. Laws, IV, p. 282 ss.