‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 207 sur 249 · Calh Maige Tured · texte numérisé non relu

Calh Maige Tured

des Conalli Muirlhemni, est le dalla de leur roi Amairpcn et le frère de lait de leur héros éponyme Conall Cernach '.

Les dieux irlandais sont des héros. — Nous pouvons donc conclure que les aspects du culte de la tùath, et par suite, de l'Irlande entière, ont leur base dans les représentations de la parenté. Les dieux de la tûath sont des ancêtres, des rois, des mères et des parents d'élection des tùatha.

De plus, ces dieux sont des héros. Ils le sont par le fait de leur présence réelle au sein du groupe qui leur rend un culte. Us sont en communion constante avec lui, ils le représentent et l'incarnent.

Ce qui est vrai pour les dieux de la tûath l'est aussi pour ceux des groupes plus étendus. Amalgaidh est l'ancêtre de toute une tribu, qui se compose d'un grand nombre de tùatha. La déesse d'une des plus grandes fêtes du Leinster, Carman, est une déesse mère, de même que Mâcha, la déesse d'Emain, à la fête de laquelle prend part toute la province d'Ulster. Dans les mythes des fêtes pangûidéliques on ne voit apparaître que des rois, comme Diarmaid mac Cerbhaill, des reines qui sont en même temps des mères, comme MongQnd, des muime et des dalla, comme Tailtiu et Lug.

On verra que les mêmes représentations de parenté sont à la base du culte des saints chrétiens.

\. Compert Conculainn. version LU, dans Irische Texte, I, p. 145. La muime de Giichulainn est Finnchoem, sœur de Conchobar, et par conséquent de Dcchtire, môre du héros. Elle est femme d'Amairgen de Breth en Mag Muirlhemne. — Cûchulainn est le roi « particulier » des Conalli Muirlhemni : Tàin Bù Ci'ialnge. p. 823, 1. 5693 : can a rig n-aurraindi... can Choinculaind : p. 82.J, note 1, version du Ms. Stowe : « ... a righ n-urdalla ». — La plus grande partie de la Tàin, la Serglige Conculaind, le Meurtre de Cûchulainn sont localisés en Mag Muirthemne, le pays des Conalli.

264 saint patrick et le culte des héros

L'Eglise irlandaise est organisée sur le modèle de la TUATH. — L'organisation de l'Eglise irlandaise a pris la tûath pour cadre et pour modèle'.

Les territoires des diocèses se confondent avec ceux des tùatha. Dans chacune il y a un évoque indépendant'"'.

Le clergé est monastique. Dans chaque diocèse il y a une abbaye principale dont dépendent des abbayes locales. Le chef administratif est l'abbé. Quant à l'évêque son rôle est purement liturgique 3, à moins qu'il soit en môme temps évêque et abbé *.

La communauté monastique a un caractère familial.

La dignité d'abbé est héréditaire dans la famille du chef qui a légué sa terre au monastère ^ ou bien dans la famille du saint fondateur ^ A défaut d'un candidat qualifié dans l'un de ces deux groupes, l'abbé est nommé par la communauté où le saint patron fut élevé et instruit^,

1. Sur l'organisation de l'Église irlandaise, cf. Todd, Saint-Patrick, p. 1 ss., Loofs, op. cit. ; Schoel. op. cit.. Héron, The Celtic Churck in Ireland; Reeves, Eccl. Atitiquities, append. A.

2. Senchus Môr, I. p. 54 : il y a dans chaque tùath un roi, un évêque et un homme de science (ou poète). Extrait du Lebar Brecc, publ. dans Tripart. Life. I, Intr., p. clxxxii : Le testament de Patrick (décrète) qu'il doit y avoir un évêque dans chaque tûath d'Irlande. — Cf. Bury, Saint Patrick, p. 375 ss. — Cf. organisation galloise, dans Haddan and Stubbs, Councils, I, p. 142 ss.

3. Héron, op. cit., p. d67. — Cf. Colgan, Triadis Thaumaturge... Acta^S. Brigitae Vita Quarla, cap. xix ; Sainte Brigit nomme l'évêque attaché à son abbaye de Kildare. Cf. Bède, Ilistoria ecclesiastica, 1. IH, c. 3, 4, 5 : l'abbé de lona est un prêtre. U a des évêques sous sa juridiction.

4. L'Eglise fait son possible pour que le chef administratif du diocèse soit toujours un évêque. La loi n'accorde qu'une indemnité réduite à l'abbaye dont le chef n'est pas un évêque, ou un docteur en droit canon. Ane. Lavjs V, p. o4.

5. Cf. Thésaurus Palaeohibernicus, IL p. 238 s. : Coibse Fétho Fia. — Senchus Môr, III, p. 7G s.

6. Eclats fine erluma : Senchus Môr, III, p. 74, p. 72. — La famille du donateur et celle du fondateur peuvent avoir des droits égaux à la succession de l'abbaye. Alors l'abbé est élu à tour de rôle dans l'une et dans l'autre. Ane. Laivs, IV, p. 372 s.

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