Imram cuirech Mael-Duin, éd. citée, préface
3. Navisance de Conchobar, version du Ms. Slowe 992 de la Royal Irish Academy, trad. de M. Dottin dans Epopée celtique, p. 16 ; légende de la naissance de Fiacha Muillelhan, Rev. Celtique, XI, p. 43, et Silva Gadelica, vol. des trad., p. 354.
4. Tâin B6 Cùalnge, version du Ms. Stowe, 984, 1. 5482 ss. et 5489 ss. de l'édition Windisch. — La divination d'après les éléments était aussi connue des Celtes continentaux : Slrabon, IV, c. iv § 4. Seulement ce ne sont pas les druides, mais les oùâTôtç qui la pratiquent.
3. Côir Anmann, éd. Whitley Stokes, loc. cit., % 287 : ar is a rothaib donilk a taisceladh druidechta. Mog Ruith avait une fille qui partit pour l'Orient afin d'y apprendre à pratiquer le « druidisme » d'après une « roue d'annonciation » (roth ramliach). — Ce sont, d'ailleurs, les seuls e.xemples de la roue divinatoire en Irlande, et ils se trouvent tous deux dans un texte qui n'est pas antérieur au xii« siècle et qui est un traité à prétentions savantes, donc suspect.
6. Dealh of Muircertach, § 37 : le roi a un songe prophétique que le druide Dub-dâ-rind lui explique; Dinnsenchas de Loch Garman dans Dinns. de Rennes, Rev. Celtique. XV, p. 431 : songe du roi Cathair Môr interprété par un druide.
7. P. ex. dans Longes mac n-Usnig, loc. cit., § 3 ss. ; dans la Naissance de Conchobar, version et lieu cités, p. 18 s. ; dans Scél Baili Binnberlaig, éd. Kuno Meyer, Rev. Celtique, XIII, p. 222 l. 23 ss. ; chez
CzARNOWSKI. 18
Les druides définissent les geasa personnels de chacun, lis peuvent en imposer de nouvelles à leur gré*. On demande leur conseil sur les prescriptions à observer en toute occasion, par exemple sur le nombre des compagnons qu'on peut emmener en voyage".
Ils sont enfin conjurateurs et thaumaturges. Des maux divers accablent par leur œuvre les armées ennemies % tandis qu'une barrière magique infranchissable défend celle que protègent les druides'. Ils commandent aux éléments, au froid et à la chaleur, à la clarté et aux ténèbres ^ Leurs
Muirchu, p. 274 ; dans la Vie Triparlite, éd. Whitley Stokes, p. 34. — Cf. d'Arbois de Jubainville, Introduction à Vétude de la littérature celtique, p. 131 ss. : on attribuait généralement aux druides irlandais le don de prédire l'avenir.
1. Les geasa peuvent être des interdictions aussi bien que des obligations positives. — Cf. Bruiden Dà Chocs, loc. cit. : cette légende a pour sujet la violation de geasa qui avaient été imposées au héros du récit par les druides. La geis est une incantation qui a une interdiction magique pour objet. — Lemotg'eiss = gessis:=^ec?-<i-s vient dune racine *ged, 'god, dont la seconde forme se retrouve dans le substantif guide z= godia. « prière » et dans le verbe dénominatif guidim — « je prie » : d'Arbois de Jubainville, Épopée Celtique, préface, p. xxxi, note 1. — Il y avait une limite aux geasa. Quiconque s'en était vu imposer une qui était impossible à observer, avait droit à une réparation égale à un septième de la composition qui aurait du être payée en cas de meurtre d'une personne de son rang.
2. Imram cuirech Mael-Duin, loc. cit. : c'est le druide Nuca qui fixe le nombre des compagnons de Mael-Duin. Un frère du voyageur le rejoint à la nage et l'implore tant qu'on finit par le prendre. Alors une tempête fait perdre son chemin à Mael-Duin, et plus tard son frère périt.
3. Cath Maighe Tured, loc. cit., § 80 : Lug demande au druide Figol fils de Mamos. des Tùatha Dé Danann, ce qu'il fera contre les Fomoré. n Je ferai tomber trois pluies de feu sur le visage des guerriers Fomoré » — dit Figol — « je leur ôterai les deux tiers de leur courage et de leur valeur , j'enverrai une rétention d'urine à leurs hommes et à leurs chevaux. » Cf. § 113 : les druides répèlent en corps les mêmes menaces.
4. A la bataille de Culdremne le druide Fraechan mac Tenusan élève autour de l'armée du roi Diarmaid une barrière magique qu'aucun des ennemis ne peut franchir sous peine de mort. D'Arbois de Jubainville, Introduction, p. 1% s., Silva Gadelica. II, 85 et p. 516.
5. Les meilleurs exemples du pouvoir des druides sur la nature sont ceux qu'on a cités, et qui sont fournis par la légende du tournoi magique entre saint Patrick et les druides. Cf. aussi O'Curry, Manners and
exorcismes cnrayont les calamités publiques*. Les dieux sont forcés de plier devant la volonté des druides^.
Le druidisme, driiidechl, constitue en Irlande l'essence môme de toute puissance divine '\ Le druide est ainsi le maître du monde spirituel et l'inlermédiaire attitré entre celui-ci et les hommes.
Situation sociale et influence politique des druides. — Les druides sont des fonctionnaires publics attachés aux cours royales.
Le rang qu'ils y occupent correspond à leur grande autorité spirituelle. Suivant la Tàin Bô Cûalnge le roi d'Ulsier ne pouvait prendre la parole en public avant son druide ♦.
Cusloms, II, p. 10 s. : Le roi Conn, qui était aussi un druide très puissant, a fait une fois tomber la neige sur sa province entière.
4. Dinnsenchas cités de Carman, premier récit : les Tùatha Dé Danann envoient contre la déesse malfaisante des enchanteurs, et à leur tète, un druide.
2. TocfimarcEtâine, éd. Windisch, dans Irische Texte, I, p. 129, § 18 : le druide Dalân découvre la cachette dans laquelle le dieu Mider a mis Etâin, malgré le secret dont s'était entouré Mider. Dalân s'est servi de baguettes (flesca), sur lesquelles il avait inscrit des signes en ogham.
3. C'est par druidecht = « druidisme» qu'on désigne la nature même des dieux Tùatha Dé Dânann. Cf. d'Arbois de Jubainville, Cycle Mylholof/ique, p. 141 ; Tùaîi mac Cairill. loc. cit., § 12 : les Tùatha Dé Danann sont des savants {ar pebas a n-éolais). Or les druides sont des savants, des voyants. Le mo\. druides = c/?'u-j/i</es signifie « fortement voyant ». Dru est une racine indo-européenne à trois formes : *doru qui se retrouve dans le grec oopv = « lance » ; *deru qui a donné le gaulois (/erwo «chêne », en gallois de/'u', en breton derv, dero; troisième forme 'dru dans l'irlandais dron =: *dru-no = « fort » et dans le grec opôff := « chêne », uid-es vient de la racine '^eid, *^oid, '^id = « voir », « savoir » — d"où le grec cToov = « j'ai vu », oToa= « je sais » ; latin uideo, allemand weiss : Thurncyscn cité chez d'Arbois de Jubainville, Les Druides et les dieux celtiques à formes d'animaux, p. 85, cf. p. 1, et p. 11. Les druides gaulois étaient de même des savants. Diodore de Sicile, V, 38 dit qu'on nomme druides les philosophes : <pt).(5(Toooî "À Ttvèç eiff'. xa; Oeo/ôyoi Trep'.xTÔ); Tt{jia»[jievoi, o'jç opoii(oaç ovojjiiÇoudt.
4. Tàin Bo Cùalnfje, 1. 4723 ss. : Is amlaid ra batar Ulaid : geiss d'Ultaib labrad rena rirj, geis don rig labrad rena druidib. — « chez les Ulales il était ainsi : interdiction aux Ulatcs de parler avant leur roi ; interdiction au roi de parler avant ses druides ». — Cf. Windisch, note 3 à la p. 672 de la Tàin Bô Cûalnge.
La place des druides aux banquets est à côté du roi*. Ils sont tous issus de la plus haute noblesse.
L'influence des druides est considérable. Ils sont les conseillers des rois". On leur confie des ambassades'. Il en est de même en Gaule, où les druides avaient une influence prépondérante dans toutes les affaires publiques *, et où ils jouissaient d'une immunité, pareille à celle qui constituait un des privilèges les plus importants du clergé au Moyen Age^
Les chefs irlandais confient fréquemment leurs enfants aux druides comme à des pères adoptifs. C'est le cas des deux filles du roi Loegaire et de Mogh Nuadat, fils et successeur d'un roi de Munster^ Les druides sont les éducateurs attitrés de la noblesse gauloise ' .
Lesfilid. Leurs fonctions. — Quant aux /^/<c?, ce sont les ixày-t'.;, les devins gaulois de Diodore de Sicile *, qui, selon
i. O'Curry, Manners and Customs. II, p. 49; d'Arbois de Jubainville. Introduction, p. 196 ss.
2. P. ex. Cathba qui est le conseiller de Conchobar dans tous les récits du cycle épiqa| dUlster. — Cf. Hennessy, The cause of the batlle of Cnucha, dans Rev. Celtique, II, p. 88.
3. Cath Muig/ie Le'ana. p, 18 s. : c'est le druide Deargdanohsa qui va solliciter une trêve après une bataille, auprès du chef de l'armée victorieuse.
4. Chez les Héduens les magistrats sont autorisés « per sacerdotes », c'est-à-dire, par les druides : César, De belle qallico. Vil, 33, § 3. — Diviciacus, chef du parti romain en Gaule au temps de César, un homme très influent et qui appartenait à la plus haute noblesse, était un druide. De bello gallico, textes réunis dans Holder, Altceltischei' Sprachschatz, I, col. 1260-1262 ; Cf- Gicéron, De Divinatione, 1. 1, cap. 41, §90.
5. César, De bello gallico, VI, 14, § 1 : « Druides a bello abesse consuerunt neque tributa una cum reliquis pendunt ; militiae vacationem omniumque rerum habent immunitatem ».
6. Tirechân p. 312 ss. ; Vie Tripartite, éd. Whitley Stokes, p. 92. — Cath Muighe Léana, lac. cit.
7. César. De bello gallico. VI, 14, §§ 2 ss. — Cf. d'Arbois de Jubainville, Les Druides et les dieux, p. 57 ss. ; Introduction, p. 33.
8. Diodore de Sicile, 1. V. c. 31 : ypîh-^'zii'. oï xaî (lavTetJ'.v, aTroScxT);
Slrabon, s'occupaient de sacrifices et étudiaient la nature. Sfrabon les nomme oùaTî'-^', ce qui est probablement la transcription d'un uâtïs p^aulois, identique au latin uates. A uât'is répond le mol irlandais faith, au pluriel fàthiy « prophète »". Or, les filid sont nommes aussi fàthi lorsqu'on a en vue leur pouvoir divinatoire^.
La divination est une fonction essentielle des filid. A la suite de rites particuliers, ou de conjurations faites en un lieu et à une date convenables, ils obtiennent la révélation*. Ils se servent aussi de baguettes divinatoires, /7e.sc ftled^. Le filé accompli est un inspiré auquel il suffit d'improviser un poème pour dévoiler les choses occultes*.
Les/z/jrf pratiquent l'incantation magique. En improvisant un quatrain approprié ils peuvent provoquer des ulcères hideux sur la face de la personne visée. Ils peuvent aussi
jjleY'^Xtj; àç'.oùvjÊç aùroôç' ojtoi ci 5ii t£ xr^c, oIojvoaxoTrtaç, xal O'.a Tf,ç Ttuv teosîoiv ^••ji'.xc. Ta [ji£X).ovTa rpoXÉYO^'-) >'-3;î ^àv tÔ T^^ï^^o<, £)^ou(Jiv ij7:t(xoov.
1 . Strabon, I. IV, c. 4, § 4 : oùaTeiç oe kpoTroiot xal ^yaiôXoyot.
2. D'Arbois de Jubainville, Les Druides et les dieux, p. 103.
3. Sur l'équivalence des termes fàilh et filé, fili, cf. ibid., p. 106, note 1.
4. Il y avait trois procédés de divination que chaque filé était tenu de connaître, Vimbas forosnai, le leinm laegda et le dichelal di chennaib : Livre de l'Ollamh, cité chez O'Curry, Manners and Customs, II, p. 172. — Sur Yimbas forosnai cf. ci-dessus, chap. m. — Le teinm laegda consistait à toucher avec une baguette l'objet sur lequel on voulait être renseigné et à improviser un quatrain. Dans le Dichelal di chennaib on mettait le bout de son doigt dans sa bouche, on le mordait très fort et on improvisait un quatrain sur la question posée. Dans les textes les deu.x procédés en question ne se distinguent pas bien l'un de l'autre : Sanas Cormaic, sub Mogheime, éd. Kuno Meyer, Connac and Finn, dans Silva Gadelica, p. 'J8 ; cf. Ludwig Christian Stern dans Rev. Celtique, XIII. p. 16 note, et O'Curry, op. cit.. Il, p. 209 s. ; H. d'Arbois de Jubainville, Introduction, p. 249 ss., et p. 256.