Sanas Cormaic, sub Caire Breccàin, éd. Kuno Meyer, p
6. C'est-à-dire en pratiquant le dichelal di chennaib. Un filé qui pouvait le faire portait le titre de sui, sage, et marchait sur un pied d'égalité avec les rois et les évèques : d'Arbois de Jubainville, Introduction, p. 251 ; Cf. ci-dessous, hiérarchie et privilèges des filid.
la combler, au contraire, de bienfaits'. Ils conjurent les esprits-. Us sont adjoints en qualité d'exorcistes aux druides qui luttent contre la déesse Carman \
he filé est un savant, vces'. Il est tenu de fournir une
1. Une incantation se nommait glam dicend, ou bien, d'une manière plus générale, câ?n (chant). Ainsi le filé Néde, auquel sa maîtresse, la femme du roi Caier avait demandé de la débarrasser de son mari, improvise un glmn dicend contre Caier : Mali bare gare Caier, cotmbeo [da) tur cealthru cathœ Caier. Caier diba, Caier dira, Caier furo, fumara fochara Caér. — « Malheur, mort, vie courte pour Caier, que les lances blessent dans la bataille Caier, Caier diba (?) ...dirai?), sous terre Caier, sous les remparts, sous les pierres Caier ! » A la suite de quoi Caier « trouva sur son visage trois ulcères... notamment Souillure, Blâme et Laideur, un ulcère rouge, un vert et un blanc ». Publié par Whitley Stokes dans Three Irish Glossaries, Inlroduciion, p. x.xxvii ss.
— De même trois càinte, ou faiseurs d'incantations, font jaillir trois ulcères infamants sur le visage d'une jeune fille, Luain, qui s'était refusée à leurs désirs. Luain meurt de honte : Tochmarc Luainejoc. cit.
— Dans un morceau qui appartient au cycle du roi Mongan, publié par M. Kuno Meyer, dans Voyage of Bran, I, p. 45 ss., le filé ForgoU menace de ses incantations Mongan et tous ses parents, et il annonce qu'il « chantera contre leurs eau.x, de sorte que plus jamais on ne prenne de poissons dans leurs estuaires;- qu'il chantera contre leurs forêts, afin que celles-ci ne produisent jamais plus de fruits et contre leurs plaines, afin qu'elles soient toujours stériles ». — Cf. Sanas Cormaic, éd. Kuno Meyer, p. 20, sub càinte; d'Arboisde Jubainville,/n<?'od«c<jon, p. 239 à p. 270; Robinson, article résumé dans Rev. Celtique, XXXIV, p. 94 ss.
2. Par exemple ils évoquent les morts. Cf. légende de la découverte de la Tain Bo Cûalnge, chez Windisch, Tâin, préface, p. lui.
3. Dinnsenchûs de Rennes, dans Rev. Celtique, XV, p. 311 s. : « Ai fils d'Ollam, un de leurs filid, etCridenbél, un de leurs faiseurs d'incantations, et Lugh Laebach, un de leurs druides, et Bacuille, une de leurs femmes allèrent jeter des charmes » contre Carman. Le càinte Cridenbél est lui aussi un filé. S'il n'est pas nommé comme tel avec Ai, c'est qu'on a voulu faire ressortir que celui-ci était avant tout un poète. Au XII» siècle, lorsque les Dinnsenchas ont été recueillis, le titre de filé appartenait plus particulièrement aux poètes, savants et historiens. Mais chacun d'eux pouvait à l'occasion devenir un càinte.
4. Sanas Cormaic, éd. O'Donovan et Whitley Stokes, p. 49 sub Felmac : Fêle. i. écess undc dicitur filidecht. i. écsi. — « Fêle, c'est-à-dire, science ou bien savant, inde dicitur. art du filé, c'est-à-dire, science ».
— Glossaire d'O'Davoren, éd. Whitley Stokes, dans Archiv fiiir Cellische Lexikographie II, p. 344, n» 877 : Fêle. i. ecas ». — Cf. ibid., p. 378, n" 1042 : Glen. i. tuir né foghlainn. ut est, co runaibk atglentis. i. tuirdis ?iô foglaindis gu sians. — « glen (rccte : glend), c'est-à-dire chercher ou s'instruire, ut est, « c'est aux mystères qu'ils s'initient (littéralement : c'est avec les mystères qu'ils s'instruisent) » », c'est-à-dire, ils cherchent ou s'instruisent avec compréhension ». Il s'agit de l'acqui-
réponse immédiate à toute question qu'on lui pose. Ainsi Néde et Ferchertne, deux filid rivaux, se provoquent à un tournoi de questions difliciles, formulées en un langage mystérieux'. Le même Néde était revenu étudier sept ans auprès de son ancien maître, lorsqu'il se fut reconnu incapable d'expliquer le nom d'une plante".
Tous les professionnels dont l'art exige des études spéciales ou qui exploitent une invention mystérieuse sont assimilés aux /î//t/. Çla sont d'abord les artisans, aes dana, forgerons, fondeurs, architectes ^ A plus forte raison le médecin, qui pratique la divination comme moyen d'auscultation et la magie comme moyen curatif ', est un filé spé-
silion de la science par les filé : cf. ibid., p. 376, n» 1029 et p. 382,
noioei.
1 . Immacallam in dd Thuarad. ou Conversation entre les deux savants, éd. Whitley Stokes, Rev. Celtique, XXVI, p. 10 ss.