‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 220 sur 249 · Immacallam in dà Thuarad, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Immacallam in dà Thuarad, loc. cit., p

4. Imtheacht na Tromdhaimhe, éd. citée; cf. d'Arbois de Jubainville, Senchan Torpeist, dans Bibliothèque de l'École des Charles, XL.

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élèves'. Il faut faire sans doute une large part j\ l'exagération dans ces chifïres que nous fournissent les légendes et les poèmes. On conviendra néanmoins que les cours des grands filid étaient des foyers où le contact de nombreux disciples, joint à l'influence du maître, amenait la fusion des traditions les plus diverses et contradictoires.

La création d'une tradition générale irlandaise n'était plus qu'une question de temps. Les tournées des filid qui favorisaient la diffusion des traditions diverses dans les mêmes lieux, et les concours publics où les chefs d'écoles se trouvaient en présence firent le reste '. Ils amenèrent la constitution des grands cycles épiques et mythologiques, où les éléments locaux sont fondus jusqu'à les rendre presque méconnaissables, et qui sont de vrais mythes et légendes nationaux.

Les filid ont jeté le germe du sentiment national IRLANDAIS. — Mais les filid ont fait plus que de faire participer rirlande entière à la même vie imaginative. Ce sont eux qui ont le plus contribué à y répandre la notion d'unité organique.

Eux-mêmes forment une confrérie nationale. Dans chaque tûath les flid oni un chef qui est en principe un ollamh^. Celui-ci obéit à Xollamh de la province*. Enfin un chef

1. Poème attribué à Scnchan Torpeist, chez O'Curry, loc. cit.

2. C'est un concours pareil entre Néde et Fercertne qui est le sujet de la légende Immacallam in dd Thuarad. loc. cit. — Fercertne avait été élu chef de tous les filid d'Irlande, et >"éde voulait le forcer à lui céder la place. Le concours a lieu en public, en présence du roi suprême et des filid réunis, qui se prononcent après pour Nède.

3. Le Senchus Môr, Ancient Latcs, I, p. 54, dit : « il y a quatre dignitaires dans la tùath qui peuvent être déposés : un roi qui prononce des sentences injustes, un évoque qui commet un adultère, un filé escroc », etc. — Cf. U. d'Arbois de Jubainville, Introduction.

4. Par exemple, Fercertne et Athirne sont l'un après l'autre des ard- .

ROLE DES FILIb DANS LA FORMATION DE LA LÉGENDE 291

suprômc, Vard-filé hErvnn, ou ard-ollamh commande à toute la corporation'.

Et ce ne sont pas seulement les fdid professionnels qui y sont afTiIics : c'est toute la noblesse irlandaise. En efïet, les fiiid ont rivalisé avec les druides dans le domaine de l'enseignement et ils ont fini par le monopoliser entièrement. La loi les reconnaît comme éducateurs professionnels et fixe les salaires auxquels ils ont droit'. En 574 rassemblée de Druimm Ceta chargea les fdid d'entretenir et de diriger des écoles publiques dans chaque tûath et dans chaque province\

Dans ces écoles les jeunes nobles suivaient l'enseignement préparatoire aux grades inférieurs de la confrérie. On leur faisait apprendre le droit, les généalogies, l'histoire et beaucoup de vers*. Un certain nombre de ces élèves ont môme atteint les degrés supérieurs d'intiation, comme Cormac roi de Cork, qui fut un grand filé du x° siècle*, sans compter les rois et les guerriers filid de la légende.

Les classes dirigeantes du paj's entier sont donc organiquement rattachées à la confrérie des filid. Ces liens sont d'autant plus intimes, que la parenté spirituelle entre les élèves et leur père nourricier est considérée comme parti-

filid de IL'lsler : Tdin Dô Cùalnge, Index ; Cf. Talland Elair, éd. Whitley Slokos. Rev. Celtique, VIII, p. 48.

1. Cf. H. d'Arboisde Jubainville. Introduction, p. 322 ss. ; cf. Ancient Laws, IV, p. 358. — Adnac. N6de, et Fercerine ont élu ardollamhain d'Irlande dans les temps légendaires ; Immacallam in dà Thuarad. loc. cit., p. 8. — Dallan Forgaill et Scnchan Torpcisl, pour ne citer que les plus fameux, l'ont été au vu» siècle de notre ère : cf. d'Arbois de Jubainville, Senchan Torpeisl, loc. cit., p. 145 ss.

2. Senchus Mnr, Ancient Laws, II, p. 146 ss. ; cf. Ancient Laws, V p. 96.

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