‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 223 sur 249 · O'Donovan, Hy Fiachrach, p. 79 et p · texte numérisé non relu

O'Donovan, Hy Fiachrach, p. 79 et p

4. O'Curry, Lectures on the Mss. Materials, p. 5. On continua après la conquête, et la noblesse anglo-normande elle-même imita souvent les vaincus à cet égard : idib., p. 6.

dans SCS propres écoles. Ainsi à Monasterboice et à Tomregan l'enseignement des disciplines profanes est confié à des lecteurs laïques*.

Ces écoles sont d'ailleurs du môme type que celles des fîlid. La littérature gôidélique, l'art de faire des vers, l'histoire du pays, le droit coutumier occupent toujours une place d'honneur dans leur enseignement'. On s'est borné à éliminer de leur programme quelques objets d'études qui sentaient par trop le paganisme * et on y fit entrer la science des canons sacrés. Le but de ces écoles est aussi bien de former des clercs que des chefs, des brethemain ou des poètes. A Tomregan par exemple on pouvait se consacrer à une des quatre spécialités suivantes : l'étude des Ecritures et des canons sacrés, la littérature classique, la jurisprudence des brethemain et la littérature et l'histoire de l'Irlande*.

L'ordre des études ecclésiastiques est le même que dans dans l'enseignement des filid, et les grades correspondent exactement aux degrés d'initiation.

Il y a sept grades ou « ordres de science » dans les écoles destinées aux clercs. Le premier est celui de felmac^ « pupille », ou de caogdach, qui sait chanter trois fois cin-

1. O'Curry, Manners and Customs, IF, p. 92; Lectures on the Mss. Materials, p. oO ; Joyce, op. cit., 1, p. 416, s., § Fer-leginn. Cf. O'Curry, hlanners and Customs, II, p. 78.

2. Healy, Ireland's ancient Schools and Scholars, 1890, passim; Lanigan. Ecclesiaslical hislory of Ireland, Dublin, 1822, 1, p. 402 s., 464 s. ; m, p. 223. On trouvera dans ces deux ouvrages des renseignements sur les diverses écoles ecclésiastiques.

3. Notamment Vimbas forosnai et le teinm laegda qui furent, dit le Sanas Cormaic, éd. Kuno Meyer, p. 64. sub imbass, interdits par saint Patrick. L'apôtre toléra le dicetal di chennaib, parce qu'en le pratiquant il n'était pas nécessaire de faire une offrande aux « démons ». — Mais il est certain que tous les procédés de divination étaient encore officiellement reconnus en Irlande au temps du roi Domnall Hua Néill, qui est mort en 978 : O'Curry, Manners and Customs, II, p. 135.

4. O'Curry, Manners and Customs, II, p. 92 : cf. ibid., p, 72, sa.

quante psaumes. Vient ensuite le freisneided, « interrogateur », ou foglainlide, qui a étudié certains des livres qui contiennent la Iradilion nationale et qu'on nomme Fochair Le fw'sainte, a illuminaleur », ou desgiôal, « disciple » connaît fi fond les douze livres Fochair. Le staruide « historien », est expert dans les disputes et c'est pourquoi on le nomme aussi sruth do aill, « torrent contre pierre » tant son argumentation est entraînante. Le sai, « savant » est capable d'expliquer les canons aux disciples. Le forcet laid ou anruth connaît le calcul, l'astronomie, la grammaire et la littérature irlandaise, et, comme l anruth laïc, il sait appliquer les lois de la prosodie. Enfm celui qui atteint le suprême degré de science porte le titre de sai litre, « savant en Ecriture Sainte », sui canoine, « canoniste », ou ro-sai, a grand savant »*.

Les dignités ecclésiastiques forment une hiérarchie parallèle aux m sept ordres de science». Ce sont : le lecteur, liachtreoir, le portier et sonneur, aistreoic^ l'exorciste, exarcisiid, le sous-diacre, suib-deochain, le diacre, deochain, le prêtre, sacarf^ et l'évêque, escop. En principe ses dignités ne sont conférées qu'aux possesseurs des litres scientifiques correspondants". L'évoque, par exemple, est traité par la loi en égal au sui canoine '.

1. Cf. tableau des études dans les écoles ecclésiastiques chez Joyce, I, p. 430 ss. et OGurry, Manners and Customs, II, p. 84 ; Mss. Materials. p. 31 et p. 494.

i. Uraicechl Becc, dans Ancient 1011:$,^^, p. 22. — Cf. lleptads, ibid., p. 236.

3. Ancient Laws, V, p. 54, § 4 : « une église qui a droit au pnx d'honneur (dommages-intérêts en sus de la composition due à tout homme libre) entier, c'est (l'église) dont Verenacli (héritier) est un évèque ou un docteur en droit (canon) ». — Introduction au Senchus Môr, Ancient Laus, l, p. 48, glose : le roi, révoque, et le sui ont des privilèges égaux dans les hôtelleries publiques. Sui désigne ici aussi bien un savant versé dans les Écritures, qu'un ollamh laïque. Cf. Senchus M6r, ibid., p. 40. — Cf. encore Comthoth Loegairi co crelim, éd. Plummcr loc. cit., p. 165 ; « le poète, le juge ni le fwseur de satires ne peuvent

Ainsi les clercs ne sont que des filid devenus moines. Les uns et les autres ne forment qu'un seul ordre à double hiérarchie, l'une sacerdotale et qui comprend les habitants du monastère, l'autre laïque, composée de ceux qui vivent hors de l'abbaye*.

Les filid devenus clercs continuent leur oeuvre mytho- POÉTIQUE ancienne. — Aussi trouvons nous les filid et le clergé unis dans une seule œuvre mythopoétique.

Les communautés monastiques témoignent d'un profond attachement à la langue et à la littérature irlandaise. Elles ont fait leur possible pour en conserver les monuments. C'est à Clonmacnois, la grande abbaye fondée par saint Ciaran de Saighir, qu'une des versions de la Tciin B6 Cûalnge fut consignée par écrit ^ Si l'on connaît encore environ six cents narrations épiques et poèmes des filid, on le doit pour une très grande part aux moines irlandais'.

prendre la parole avant 1' « homme des canons sacrés », fer inna canoni nàvni. Celui-ci a donc une position analogue à celle du druide dans la hiérarchie païenne (Cf. ci-dessus). Or c'est l'évèque qui dans la tùalh chrétienne est logiquement le successeur du druide. Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Introduction, p. 34.

1. Nous n'admettons donc pas la théorie du Rév. Healy, The ancient Irish Church, Londres, 1892, p. 42, que les communautés monastiques irlandaises sont d'anciennes communautés de druides convertis, théorie qui a été émise aussi en France par Alexandre Bertrand, Nos origines. La religion des Gaulois, p. 279 ss. — On ne trouve en Irlande aucune trace de communautés de druides pareilles à des monastères. Les druides irlandais sont attachés à la cour des rois en qualité de chapelains. On ne sait presque rien sur les liens qui les unissaient entre eux. Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Les Druides, p. 109 ss. — De plus, dans toutes les légendes chrétiennes le druide est toujours l'ennemi, le suppôt du démon. Cf. Prière de Ninine, Thés. Palaeohib, II, p. 322.

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