‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 224 sur 249 · Windisch, Einleitung à la Tàin Bô Cûalnge, p. LVII s · texte numérisé non relu

Windisch, Einleitung à la Tàin Bô Cûalnge, p. LVII s

3. C'est un moine de Clonmacnois, Maelmuire, mort en 1106, qui a compilé le plus ancien des Mss. irlandais connus qui contienne des récils épiques, le Leabhar na hUidhre : Windisch, loc. cit., p. LVIII. — Le Livre de Leinster a été de même compilé vers lloO par un clerc, Aed mac Crimthaind, abbé de Terryglas en Tipperary, que l'évèque Finn de Kildare célèbre dans une annotation du môme Ms. comme premier sencha du Leinster et fer leigind, ou lecteur, du roi du sud

Les clercs ont aussi cultivé avec amour la poésie et l'art de la narration en langue vulgaire. Nous ne citerons comme exemples que le recueil do poèmes intitulé Saltair na Rann et qui est un monument d'une langue encore archaïque \ les hymnes du Liber H i/mnorum et les martyrologes rimes d'Oengus le Guidé et de Hiia Gormain. La construction et le ton général de ces œuvres les feraient prendre pour des poésies de fïlid laïques, n'était leur caractère religieux.

Un grand nombre d'œuvres profanes sont aussi attribuées à tort ou à raison à des clercs. Saint Moling entre autres passe pour être l'auteur de poèmes généalogiques". Saint Golumcille a composé des quatrains épigrammatiques\ Ces attributions sont sans doute fort douteuses. Elles n'en témoignent pas moins que l'art de la filidecht était considéré comme digne des clercs les plus éminents.

Les /?/^/ laïques travaillent de leur côte à enrichir les traditions hagiographiques. Ils ont môle les saints aux personnages de leurs récits, aux légendes généalogiques et

de rirlande : Windisch, note 2, à la page 910 de son éd. de la Tàin B'J Cùalnge. — D'autres Mss.. comme le Le bar Brecc, le Livre Jaune de Lecan sont l'œuvre de senchaid laïques. Le premier a été compilé par les Mac Egan, une famille de filid qui dirigeait une école ài Dunir>-, près Portumna. en Galway, et l'autre est l'œuvre des Mac Firbis de Lecan. les filid des Hùi Fiachrach : cf. les fac-similé de ces deux Mss. publiés par l'Académie Royale d'Irlande, Contents de chacun. — En ce qui concerne leur contenu ils ne se distinguent guère de ceux qui sont l'œuvre de moines. Les uns comme les autres contiennent dos matières sacrées et des matières profanes dans des proportions égales.

1. Éd. Whitley Stokes, dans Anecdota Oxoniensia [Mediaeval and moderu Séries).

2. Poems adscrihed lo Saint Molinq, publiés par M. Whitley Stokes, d'après un Ms. de la Bibliothèque Royale de Bruxelles dans Anecdota from Irish Mss., vol. II, Halle a. S., 1908, p. 20 ss. — On attribue à l'évêque Finn de Kildare trois versets ajoutés au poème de Cinaed hiia Artacain sur la mort des anciens héros : On Ihe Death of some Irish Ileroes, éd. Whitley Stokes, Reu. Celtique, XXIII, p. 312, versels 37 à 39.

3. Par exemple un quatrain sur le savant ecclésiastique Gucuimne publié par Todd dans The Book of Hymns, p. 143 s.

topographiques et ajouté ainsi des chapitres entiers aux Actes des saints V Les filid entreprennent même parfois de rédiger des Vies, Ainsi une Vie de saint Columcille est attribuée b. un filé'-.

La littérature des filés et celle des clercs ont le MÊME caractère. — Le résultat de cette collaboration fut de créer ce type général de saints héros dont nous avons déjà vu quelques caractères, qui personnifient les aspirations communes des clercs et de leurs confrères laïques, les filid.

Les saints unissent la magie des filid aux pratiques pieuses. Saint Cairnech pour se venger de Muircertach mac Erca creuse un tombeau et profère au-dessus des conjurations en agitant sa sonnette dans la direction du château ro^'al^ Les malédictions qui accompagnent le jeûne magique des clercs sont modelées sur les incantations maléficiaires anciennes*. Les bâtons des saints sont autant de flescfiled^.

Pareils à deux ollaynhain rivaux, saint Cummian et saint Comgan se provoquent à un tournoi de questions insi-

1. Ainsi dans VAcallamh na Senorach, (Silva Gadelica, I, p. 04 ss., trad. II, p. 101 ss.), saint Patrick parcourt l'Irlande en compagnie de Caoilte, un héros de Finn, qui lui raconte l'histoire des lieux où ils passent et des hommes dont ils viennent à parler.

2. h'Amra Choluimb-Cille, publiée par Whitley Stokes, dans Revue Celtique, XX, qui passe pour avoir été composée par Vard-filé Dallan Forgaill.

3. Tfie Dealk of Muircertach mac Erca, §§ 10 et 11, loc. cit., p. 402 B.

4. Voir par exemple Cath CairnConaill. éd. Whitley Stokes, dans Zft. fur Cellische Philologie, lll, p. 209. — Comp. la malédiction que saint Cairnech prononce contre Muircertach, loc. ct/.,§ 10, strophe 2, avec les menaces que le filé Forgoll profère contre le roi Mongan, dans Voyage of Bran, I, p. 46, 1. 'J s. — Cf. invocation de Columcille pendant la bataille de Guldremne : Armais of Jigernach, éd. Whitley Stokes dans Rev. Celtique, XVII, p. 143 et 143 ; cf. William Reeves, The life of saint Columba, p. 247 ss.

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